Eglise de France



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La Conférence des évêques de France – ou Conférence épiscopale – est constituée de l’ensemble des cardinaux et évêques en activité exerçant leur charge pastorale en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer (D. O. M.), ainsi que des cardinaux français en retraite résidant en France.

Font également partie de la Conférence épiscopale les évêques placés à la tête des éparchies (diocèses) des Arméniens, des Ukrainiens et des Maronites en France, les vicaires apostoliques et préfets apostoliques des départements d’outre-mer (D. O. M.) et les administrateurs apostoliques et administrateurs diocésains (dans les diocèses momentanément dépourvus d’évêques) exerçant leur charge en France.

La Conférence des évêques de France compte environ 120 membres.

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Épidémie Covid-19 :
recommandations de la CEF adressées aux évêques
et aux responsables de mouvements et associations

Veuillez trouver ci-dessous la lettre de recommandations envoyée par Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et Président de la CEF aux évêques de France et aux responsables de mouvements et associations catholiques.

 
Chers Frères,

À la suite des annonces du Président de la République concernant l’épidémie de Covid-19 hier soir et des précisions apportées par le Premier Ministre aujourd’hui à 13h, la Conférence des évêques de France adresse les recommandations suivantes, valables jusqu’à nouvel ordre, de manière que toute l’Eglise contribue à la solidarité nationale.

Concernant les activités menées dans le cadre ecclésial, la CEF invite les responsables à reporter ou annuler celles qui induisent des rassemblements de plus de 100 personnes. Elle recommande par ailleurs que les personnes à risques et les personnes âgées de plus de 70 ans ne soient présentes dans aucun rassemblement.

Ces critères concernent donc diverses activités en Eglise comme les pèlerinages, les réunions paroissiales, les veillées de prières, etc. La CEF recommande aussi aux mouvements (scoutismes, mouvement de spiritualités, mouvements familiaux, mouvements caritatifs et sociaux, etc.) de s’interroger en ce sens sur la tenue des activités prévues.

Concernant les messes et autres célébrations de sacrements qui rassemblent des fidèles, la CEF préconise d’appliquer les mesures de prudence déjà indiquées antérieurement (« gestes-barrière »), de respecter le seuil de 100 personnes et de s’organiser pour que les fidèles s’installent une chaise sur deux, un rang sur deux. Si cela est possible, et pour permettre à tous d’assister à la messe, la CEF préconise d’ajouter des messes durant le week-end. Nous suggérons que les personnes de plus de 70 ans soient dispensées des célébrations dominicales.

D’une manière générale, la CEF rappelle la prudence que doivent observer les personnes les plus fragiles et celle que tous doivent avoir à leur égard. Elle remercie les fidèles de la compréhension dont ils feront preuve et de toute l’aide qui pourra être apportée à la réorganisation de la vie en Eglise durant cette période d’épidémie. Elle les invite tout particulièrement à manifester une attention particulière aux personnes fragiles et âgées qui sont plus impactées par ce dispositif.

La CEF est bien consciente des perturbations que va connaître la vie ecclésiale ordinaire et du trouble que vont connaître les catholiques. Les difficultés d’accès aux sacrements, notamment, que nous allons connaître, vont constituer une souffrance pour les fidèles.

Elle indique que, sans remplacer la vie ecclésiale ordinaire, les médias catholiques proposent aux fidèles des rendez-vous et invite à se tourner vers eux pour nourrir notre vie de prière : messe dominicale du Jour du Seigneur (France 2) ; messes (samedi et dimanche), messe quotidienne du pape François (7h), offices et chapelet quotidiens (Lourdes) retransmis par KTO ; messe dominicale sur France Culture ; nombreux offices et prières retransmis par les radios chrétiennes, etc.

Chaque diocèse et chaque mouvement saura trouver les moyens adaptés pour soutenir les personnes vulnérables et imaginer les soutiens nécessaires.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort
Archevêque de Reims
Président de la Conférence des évêques de France

Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la conférence des évêques de France. Bruno Levy/Ciric

Mgr Éric de Moulins-Beaufort :« Le 25 mars, les églises sonneront, déposez des bougies à vos fenêtres »

Entretien

Alors que la France traverse une période douloureuse en raison de l’épidémie de coronavirus, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr de Moulins-Beaufort exhorte les catholiques à maintenir les liens de solidarité en temps de confinement et annonce que toutes les cloches des églises vont retentir mercredi 25 mars, en signe de soutien.

La Croix : Le président de la République a répété plusieurs fois que nous étions en guerre contre le Covid-19 et des mesures inédites ont été prises. Quel message l’Église peut-elle adresser à la nation dans ce contexte de grande inquiétude ?

Mgr Éric de Moulins-Beaufort : Il faut d’abord prendre très au sérieux les consignes d’hygiène et de confinement maximum parce que nous sommes responsables les uns des autres. Vivre la charité, c’est comprendre que des gestes, même simples de ma part, contribuent au bien de tous.

Ensuite, gardons-nous de céder à la peur ou à la panique. Dans nos pays, nous pensions en avoir fini avec les épidémies. Mais, nous prenons mieux conscience que nous appartenons à une même humanité, à la fois extrêmement forte et en même temps très fragile.

Il convient aussi de garder le sens des proportions. Évidemment, nous devons endiguer l’épidémie mais en gardant à l’esprit que des pays souffrent plus que nous, sont en guerre, connaissent la famine… Il est important que dans ce temps de confinement, nous ne nous repliions pas sur nous-même en cultivant nos angoisses mais que nous regardions toujours le vaste monde et que nous pensions à ceux qui sont dans une détresse plus grande.

Dans ce temps de peur, de repli sur soi imposé, quelles peuvent être la contribution et le témoignage des catholiques ?

Mgr E. M-B. : Je voudrais inviter les chrétiens à prier fortement pour ceux qui vont être frappés par le deuil et qui vont le vivre de manière tronquée. Puisqu’on ne peut pas se serrer dans les bras, se prendre par les mains dans la douleur, faisons-le au moins spirituellement. Nous devons prier tout spécialement pour ceux qui vont mourir seuls ou presque, aux familles qui vont perdre certains des leurs sans pouvoir les accompagner à l’hôpital. Les obsèques connaissent aussi des mesures de restriction. Tout cela est très douloureux.

Est-ce pour cela que la Conférence des évêques de France a décidé de prendre une initiative symbolique ?

Mgr E. M-B. : Le mercredi 25 mars, en effet, les évêques proposent que les cloches des églises sonnent à 19 h 30 et que chacun dépose des bougies à ses fenêtres. Pour les catholiques, nous proposons également une méditation du chapelet en portant particulièrement les défunts, les malades, les personnels soignants mobilisés avec courage et générosité, et tous ceux qui traversent cette période avec difficulté. Durant le Carême, il est primordial de garder notre cœur largement ouvert.

Je pense aussi à ceux qui sont inquiets pour leurs revenus. Nous allons devoir faire preuve de solidarité sociale et familiale. Il y a aura beaucoup de manières de se montrer disciples du Christ et de mettre en œuvre l’amour du prochain.

Comment maintenir les liens de solidarités malgré le confinement ?

Mgr E. M-B. : Il est toujours possible d’appeler, d’écrire, d’envoyer des colis aux personnes âgées ou isolées. J’espère qu’on saura trouver des moyens pour aider. Des initiatives déjà se mettent en place. Le confinement ne doit pas devenir un égoïsme plus ou moins confortable. Les chrétiens qui ont pu se réfugier à la campagne ne doivent pas oublier les malades et  les familles en deuil. Notre vocation, c’est de pleurer avec ceux qui pleurent. Dans les hôpitaux et les prisons, en revanche, la mission des aumôniers est un souci. Nous allons suivre comment cela évolue.

Alors que les messes publiques sont suspendues, comment les catholiques peuvent-ils vivre ce Carême particulier ?

Mgr E. M-B. : Dans les diocèses et paroisses, beaucoup d’imagination se déploie, grâce notamment aux moyens modernes. Des rendez-vous quotidiens ou hebdomadaires s’organisent aussi pour soutenir la vie spirituelle des fidèles. Nous, nous voyons obligés de vivre un Carême très sérieux comme jadis. Certes, nous pouvons rester chez nous à regarder des séries mais il serait plus profitable de se lancer dans des lectures spirituelles, prendre le temps de prier seul ou en famille. Il faut prendre ce temps, qui peut être long et déroutant, comme un appel à nous recentrer sur l’essentiel et puiser dans nos ressources intérieures.

Comment comprendre cette épreuve ? Où est Dieu, à qui le pape a demandé « d’arrêter l’épidémie » ?

Mgr E. M-B. : Cette interrogation se pose à chaque grande épidémie qui jalonne notre histoire. Lorsqu’on raconte à Jésus le massacre de Galiléens et la chute de la tour de Siloé (Luc, 13) il explique qu’ils n’étaient pas plus pêcheurs que les autres. Jésus ne fait pas échapper ses disciples au sort commun de l’humanité mais nous assure que tout vivre, les joies et les épreuves, dans l’amour de Dieu et du prochain, nous fait entrer déjà dans la vie éternelle. La grâce de Dieu est donnée pour cela. Il ne s’agit pas de s’imaginer que Dieu nous punit mais de se demander ce que moi, je peux changer dans ma vie pour vivre de son amour.

Comment habiter ce temps de confinement qui bouscule tous nos repères, nos habitudes ?

Mgr E. M-B. : Ce temps de privations peut nous permettre de redécouvrir la vie de famille : la joie de jouer ensemble, de prier ensemble, de prendre le temps du repas. Nous sommes contraints d’habiter notre vie, par la prière, le silence, l’écoute mutuelle, alors qu’il n’est plus possible de seulement courir en surface pour rendre sa vie absolument excitante. Cette période nous oblige à ralentir, tous autant que nous sommes.

Cette crise peut-elle nous permettre de mieux accepter notre fragilité et notre finitude ?

Mgr E. M-B. : À chaque épidémie, l’humanité se promet de ne plus faire comme avant. Dans la Bible, c’est la question de la sincérité de la conversion. J’espère que cette crise sera pour nous l’occasion de nous interroger sur nos choix individuels collectifs depuis la Libération. Nous savons que nous devons accepter des changements drastiques de mode de vie, notamment sous la contrainte écologique : notre planète s’épuise, la pollution n’est plus supportable, les inégalités se creusent. Serons-nous capables d’en tirer les conséquences au niveau collectif.

                                   Propos recueilli par Arnaud Bevilacqua, pour La Croix

 

Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes-Dol & Saint-Malo. Bruno Levy/Ciric

Coronavirus  : pour Mgr d’Ornellas,
« la force d’une société, c’est sa responsabilité »

Entretien publié dans le Pelerin Magazine

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo, appelle à notre sens de la responsabilité, de la fraternité et de la charité pour surmonter, ensemble, cette épidémie de coronavirus.

Le Pèlerin : Vous avez effectué, la semaine dernière, votre visite ad limina, à Rome (visite quinquennale obligatoire pour tout évêque). Comment se déroule la vie dans l’Italie confinée à cause du Conoravirus ?

Mgr Pierre d’Ornellas : Il fallait se tenir à une distance d’un mètre l’un de l’autre, même avec le pape qui nous a reçus durant 2 h 30. Cela n’a pas empêché la joie fraternelle et la prière sur le tombeau de saint Pierre. Mais les visites ad limina des autres évêques français et brésiliens ont été reportées.

Êtes-vous inquiet ?

Mgr P. d’O.
: Quand je vois se multiplier les lieux d’infection, je m’interroge : quand cela s’arrêtera-t-il ? En même temps, je constate le déploiement de compétences, d’énergie et de dévouement pour soigner les personnes atteintes et endiguer la propagation du virus. Je perçois un sens grandissant de la responsabilité dans la population. Sans cela, je serais inquiet.

Nos sociétés fondées sur la technique et la performance vont être à l’arrêt plusieurs semaines. Qu’est-ce que cela dit d’elles ?

Mgr P. d’O.
: La technique n’aura jamais le dernier mot, contrairement à l’humain. Certes, la parole des scientifiques s’avère précieuse mais la force d’une société réside en sa responsabilité. Croire en l’humain, en la fraternité. Cette fraternité est le signe de la grandeur d’une société. La technique doit demeurer à sa place, comme servante de cette fraternité.

Que révèle cette crise de nos liens humains, de notre conception des autres, vous qui êtes chargé des questions bioéthiques pour les évêques de France ?

Mgr P. d’O. : La « fraternité » est l’aspect le plus fondamental de notre devise républicaine. On parle beaucoup de liberté et d’égalité, mais cela peut dériver dans l’individualisme et dans la domination du plus fort. Liberté et égalité n’ont de sens que si elles font grandir la fraternité, c’est-à-dire nos liens. Cela va plus loin que les liens de famille.

Ce sont aussi des liens de voisinage, de bénévolat. Ils montrent la conception que chacun se fait des autres. La fraternité suppose que nous ayons tous le même regard sur la dignité humaine de chacun, même et surtout quand quelqu’un est fragilisé par son âge ou sa santé. La fraternité n’est pas froide, ni simplement organisationnelle, elle fait appel à l’empathie, à l’affection, au souci que l’on porte les uns aux autres.

Comment peut-on vivre au mieux l’isolement exigé ? Particulièrement les personnes âgées qui souffrent déjà de solitude ?

Mgr P. d’O. : Des techniques peuvent compenser un temps la souffrance de l’isolement. Mais rien ne remplacera la relation humaine. Appeler au téléphone ses proches âgés est évidemment possible et nécessaire pour exprimer de l’affection, pour rassurer. Le confinement est une épreuve. Mais il faut que les personnes âgées dépendantes, comme tout citoyen, comprennent qu’il s’agit d’une lutte collective contre l'épidémie.

Qu’elles gardent confiance en la créativité et l’empathie de leur personnel soignant. Celui-ci est déjà surchargé et la crise l’éprouve particulièrement, mais je connais sa passion pour son métier. Qu’il soit encouragé en travaillant dans des équipes soudées par le sens de ce qu’elles font. Dans le fond, cette crise nous fait prendre conscience que nous sommes liés tous ensemble, chacun à sa place. Elle nous alerte aussi sur le budget de la santé : il devra être revisité afin de mieux tenir compte de nos chers « anciens », comme on dit en Afrique.

Quels enjeux démocratiques posent les mesures d’urgence ? Doit-on sacrifier nos libertés individuelles pour l’intérêt général ?

Mgr P. d’O. : La politique de santé publique est mise en œuvre par l’État pour le bien des citoyens, en particulier les personnes vulnérables. Cela ne supprime pas la responsabilité personnelle et familiale. Chacun doit agir de façon à conserver autant que faire se peut sa santé et celle de ses proches. En cas de crise sanitaire, ce sens de la responsabilité se manifeste quand chacun est prêt à sacrifier librement ses libertés personnelles en vue de l’intérêt de tous.

Suivre les recommandations des autorités compétentes, c’est faire preuve d’un sens démocratique et d’une belle charité dans le respect de l’autre. Et ce n’est pas contraire à la démocratie de demander aux citoyens de respecter des mesures prises pour lutter contre l’épidémie. Dans ce contexte, la démocratie appelle la confiance réciproque entre l’État qui assume ses devoirs et les citoyens qui agissent avec responsabilité. Alors cette lutte finira par être gagnée.

Comment la France peut-elle faire preuve de résilience collective ?

Mgr P. d’O. : En s’entraidant à suivre les recommandations. Dans le métro, un monsieur m’a gentiment rappelé que je devais éternuer dans mon coude car, par inadvertance, je ne l’avais pas fait. Bien sûr, les conséquences économiques seront graves.

J’espère que les autorités compétentes sauront trouver les mécanismes financiers qui apporteront l’aide adaptée, en particulier aux petites entreprises dans le besoin, aux voyagistes, aux restaurateurs…

Quelle attitude peut adopter le chrétien face à cette épidémie ? Le repli sur soi ? Se réunir pour prier ? Aller au plus près des malades malgré les risques ?

Mgr P. d’O. : Le repli sur soi est contraire à l’Évangile et ronge notre humanité. Mais les chrétiens doivent être exemplaires dans leur manière de suivre les recommandations, tout simplement par charité. Celle-ci doit primer. La charité, dans ce cas précis, consiste à tout faire pour éviter la propagation du virus.

Mais aussi de rompre l’isolement des personnes âgées, et d’autres, lorsque ces actions ne diffusent pas le virus, par exemple en leur téléphonant. Que chacun discerne ce que la charité et la prudence lui inspirent de faire !

Les chrétiens peuvent aussi prier pour les morts et leurs familles, pour que l’espérance ne fasse pas défaut, pour que les chercheurs trouvent le traitement adapté, pour que la solidarité soit à la hauteur de la crise, pour les soignants qui vivent une surcharge. Voilà des intentions de prière qui peuvent être jointes aux gestes concrets d’aide, d’accompagnement, de courage, de confiance apportée à des personnes malades ou confinées, tout en n’augmentant pas la transmission du virus.

Quelle réponse peut apporter la foi face à cette épidémie ?

Mgr P. d’O. : Celle que vivent des malades ! Je suis touché quand j’entends leur prière. Quelle confiance en Dieu et quel amour pour lui ! Dieu est assez puissant pour nous donner sa sagesse. Il n’abandonne pas celles et ceux qui mettent leur confiance en lui.

Il sait tirer un bien du mal : cette crise est une occasion de faire grandir la solidarité effective, de réfléchir à la juste fraternité et à la juste sobriété de vie. Quelles que soient les interdictions, les chrétiens peuvent toujours continuer à prier en lisant la Parole de Dieu.

En ce temps de jeûne de l’Eucharistie, notamment dominical, j’ai confiance dans l’engagement des catholiques qui sauront participer à la solidarité nationale et inventer les moyens pour mieux vivre l’Évangile, pour aimer Dieu et le prochain. Il y a tant d’occasions où ils peuvent témoigner de Dieu et de sa tendresse, dans la vie de chaque jour ! Voilà un rude Carême à vivre dans la confiance !

Beaucoup minimisent le danger en disant que cette maladie ne tue « que » des personnes âgées. Est-ce révélateur de la manière dont nous considérons nos aînés ?

Mgr P. d’O. : Les « anciens » méritent notre considération, d’autant plus qu’ils sont fragiles. Lisez le début de Matthieu, chapitre 15. Le commandement biblique « tu honoreras ton père et ta mère » est profond, d’une sagesse étonnante. Tous, nous avons reçu la vie d’eux. Dans le verset 5, Jésus fustige ceux qui mettent leur argent au profit du Temple plutôt qu’au profit de leurs aînés. La valeur d’un homme et d’une société résident d’abord dans leur capacité à prendre soin des anciens qui nous ont tant apporté.

Source : pierre Wolf-Mandroux La Croix 21 mars 2020

COVID-19 :
Message des évêques de France
aux catholiques et à tous nos concitoyens

Le 18 mars 2020

L’ensemble des évêques de France invitent les Français à un geste commun le mercredi 25 mars prochain. Les catholiques lui donneront une signification particulière en raison de la fête de l’Annonciation, mais tout le monde peut s’y joindre : déposer une bougie sur sa fenêtre au moment où les cloches sonneront sera une marque de communion de pensée et de prière avec les défunts, les malades et leurs proches, avec tous les soignants et tous ceux qui rendent possible la vie de notre pays. Ce sera aussi l’expression de notre désir que la sortie de l’épidémie nous trouve plus déterminés aux changements de mode de vie que nous savons nécessaires depuis des années. Nous, catholiques, demanderons en même temps à la Vierge Marie de remplir nos cœurs de foi, d’espérance et de charité en ces temps et de nous obtenir la grâce de l’Esprit-Saint pour que nous sachions trouver les gestes nécessaires.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort Archevêque de Reims
Président de la Conférence des évêques de France

Notre pays, avec de nombreux autres, traverse une grande épreuve. Le chef de l’État nous appelle à laisser de côté nos divisions et à vivre ce temps dans la fraternité. C’est pourquoi nous avons voulu que ce message destiné en premier lieu aux catholiques s’adresse aussi à tous nos concitoyens sans distinction.

Nous le faisons dans un esprit d’humilité, mais avec la certitude que la foi chrétienne a une mission spécifique dans ce monde et qu’elle ne doit pas s’y dérober. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui partagent avec nous la foi en Dieu et la conviction qu’Il accompagne notre vie. Nous pensons enfin à tous ceux et celles qui ne croient pas mais souhaitent que la solidarité et l’esprit de service s’accroissent entre les hommes.

À tous, nous disons notre désir que notre communauté nationale sorte grandie de cette épreuve. Depuis bien des années déjà notre humanité a l’intuition qu’elle doit changer radicalement sa manière de vivre. La crise écologique nous le rappelle sans cesse, mais la détermination a fait largement défaut jusqu’ici pour prendre ensemble les décisions qui s’imposent et pour s’y tenir. Osons le dire, l’égoïsme, l’individualisme, la recherche du profit, le consumérisme outrancier mettent à mal notre solidarité. Nous avons le droit d’espérer que ce que nous vivons en ce moment convaincra le plus grand nombre, qu’il ne faut plus différer les changements qui s’imposent : alors, ce drame porteur d’angoisse n’aura pas été traversé en vain.

 

Le mercredi 25 mars à 19h30

 

Un peu partout en France, les cloches de toutes les églises sonneront pendant dix minutes, non pour appeler les fidèles à s’y rendre, mais pour manifester notre fraternité et notre espoir commun.

 

Elles sonneront comme elles ont sonné aux grandes heures de notre histoire,
la Libération par exemple. En réponse à ce signe d’espoir, nous invitons tous ceux qui le voudront à allumer des bougies à leur fenêtre.
Ce geste, qui est de tradition dans la ville de Lyon, est un signe d’espérance qui transcende les convictions particulières : celui de la lumière qui brille dans les ténèbres !

 

CE QUI SUIT S’ADRESSE MAINTENANT AUX CATHOLIQUES.

 

Mercredi 25 mars, nous fêterons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre
la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde :
« Car rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37).

 

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons ! Pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion ?

 

Quand les cloches sonneront, le 25 mars, à 19h30, que chaque disciple de Jésus, dans sa maison, ouvre sa Bible (ou son ordinateur) et lise, seul ou en famille, le récit de l’Annonciation, dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38.

 

Et qu’au même moment chaque maison allume une ou plusieurs bougies, à sa fenêtre, pour dire son espérance et conforter celle de ses voisins.

 

[1re dizaine]. Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour à 15h30. Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos coeurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous : « Que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38) –

 

[2e dizaine] Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et soeurs malades, nos frères et soeurs soignants, notre communauté humaine éprouvée. Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, « le fruit béni de ses entrailles » (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés .

 

[3e dizaine] Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea : « Comment cela va-t-il se faire ? » (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse : « Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort », comme l’Église nous l’a appris .

 

[4e dizaine] Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus : « Guéris-nous !» Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu

 

 [5e dizaine avec intentions particulières].

 

Ouvrir sa fenêtre, allumer une bougie est un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid-19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins.

 

C’est pourquoi nous vous demandons de relayer ce message très largement autour de vous, par tous les moyens autorisés à votre disposition !

 


LES ÉVÊQUES DE FRANCE        

 

 

Coronavirus : pas de messe au-delà de cent personnes

Coronavirus :
Pas de messe au-delà de cent personnes

Les faits

À la suite des annonces du gouvernement concernant le Covid-19, la Conférence des évêques de France (CEF) recommande de respecter le seuil de cent personnes pour les messes. Dans le diocèse de Vannes, toutes les messes et célébrations publiques sont suspendues. Seules les messes « privées » sont autorisées.

La CEF recommande d’ailleurs que les personnes à risques et les personnes âgées de plus de 70 ans ne soient présentes dans « aucun rassemblement ».

Dispense de messe dominicale

Les évêques de France suggèrent que « les personnes de plus de 70 ans soient dispensées des célébrations dominicales », avant de rappeler « la prudence » que doivent observer les personnes fragiles.

À propos des activités dans le cadre ecclésial, la CEF invite les responsables à reporter ou annuler celles qui induisent des rassemblements de plus de cent personnes. Déjà, la prochaine Assemblée plénière des évêques, qui devait se tenir à Lourdes du 31 mars au 3 avril, a été reportée.

La CEF recommande d’ailleurs que les personnes à risques et les personnes âgées de plus de 70 ans ne soient présentes dans « aucun rassemblement », qu’il s’agisse de pèlerinages, de réunions paroissiales ou de veillées de prières. Et que tous les mouvements d’Église (scoutismes, mouvement de spiritualités, mouvements familiaux, mouvements caritatifs et sociaux…) s’interrogent sur la tenue des activités prévues.

La CEF remercie les fidèles de « leur compréhension et de toute l’aide qu’ils pourront apporter » à la réorganisation de la vie ecclésiale durant cette période d’épidémie, « bien consciente des perturbations » que celle-ci va connaître. « Les difficultés d’accès aux sacrements, notamment, vont constituer une souffrance pour les fidèles. »

La messe à la télé

Enfin, les évêques de France indiquent que, « sans remplacer la vie ecclésiale ordinaire », les médias permettent de nourrir sa vie de prière : messe dominicale du Jour du Seigneur (France 2) ; messes (samedi et dimanche), messe quotidienne du pape François (7 heures), offices et chapelet quotidiens (Lourdes) retransmis par KTO ; messe dominicale sur France Culture ; nombreux offices et prières retransmis par les radios chrétiennes…

Ceci est particulièrement vrai dans les diocèses de Beauvais et de Vannes ainsi que dans une partie du diocèse de Strasbourg, où les évêques ont annoncé la suppression de toutes les messes célébrées en présence de laïcs.

Toutefois, ce n’est pas parce que les fidèles de Mulhouse, de Vannes et de Beauvais ne pourront plus assister à la messe que les prêtres arrêteront de la célébrer. Ils le feront soit en concélébrant à plusieurs, soit seuls. Connue sous l’appellation de « messe privée », par opposition à « messe publique », cette dernière forme n’est permise par l’Église que sous certaines conditions et est plutôt décrite comme une messe sine populo (sans peuple, en latin).

Publiée en 1969 et révisée en 2002, la Présentation générale du Missel romain (PGMR) ne prévoit pas la possibilité d’une messe célébrée par un prêtre sans aucune assistance. Ne sont ainsi prévues que « la messe avec peuple » et « la messe avec participation d’un seul ministre » en plus du célébrant. « Quand un prêtre célèbre la messe et n´a qu´un seul ministre pour l´assister et lui répondre, il observera les rites de la messe avec peuple, le ministre prononçant, quand cela convient, les réponses du peuple », explique le PGMR.

« Une cause juste et raisonnable »

Quelques lignes plus loin, la Présentation générale du Missel romain poursuit : « Le prêtre ne célébrera pas sans ministre ou sans la présence d’au moins un fidèle sauf pour une cause juste et raisonnable ». « En ce cas, explique le texte, les salutations, les monitions et la bénédiction à la fin de la messe sont omises. » Le Code de droit canon interdit également la célébration de la messe par un prêtre seul, sauf, là aussi, « pour une cause juste et raisonnable ». Parmi ces dernières, figure le cas des prêtres ermites.

Comme l’expliquait récemment Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes (Morbihan), l’obligation faite aux fidèles d’assister à la messe dominicale est « un commandement de l’Église et donc l’Église peut, en constatant des cas d’impossibilité ou d’épreuve, en donner temporairement dispense ». Le commandement de « sanctifier le jour du Seigneur » est, quant à lui, biblique, poursuivait Mgr Centène, et le chrétien doit donc trouver « d’autres modalités » pour s’y conformer. Par la communion spirituelle, par exemple.

                                     Source : Claire Lesegretain et Xavier Le Normand, La Croix

Pour Mgr  de Moulins-Beaufort, « il faut poursuivre le travail d’élucidation » sur Jean Vanier

Bouleversé par les révélations sur Jean Vanier, rendues publiques samedi 22 février par la communauté de l’Arche, le président de la conférence des évêques de France souligne l’indispensable travail à mener sur l’héritage du père Thomas Philippe.                                         

« C’est tout d’abord une immense tristesse qui nous saisit à l’annonce de ce qu’a pu faire Jean Vanier. » confie Mgr Éric de Moulins-Beaufort. Le président de la Conférence des évêques de France (CEF) sait combien Jean Vanier suscitait la confiance : « Comment a-t-il pu entrer dans le jeu horrible du père Thomas Philippe, rester complice et entretenir cette prétention folle d’un état mystique supérieur ? »

Interrogation partagée avec le conseil permanent de la CEF qui, dans un communiqué publié ce samedi 22 février matin, partage « la stupeur et la douleur » de l’épiscopat, devant « le comportement mêlant emprise spirituelle et abus sexuel dans la suite spirituelle que Jean Vanier a eue avec le père Thomas Philippe, dominicain, et sous l’influence des doctrines perverses de ce dernier ».

« Comment pouvait-il unifier tout cela dans son existence ? »

Comment des chrétiens ont-ils pu se laisser abuser par une mystique « aussi folle » ? Répondant à La Croix, Mgr de Moulins-Beaufort souligne le travail qu’il reste à faire : « Jean Vanier a beaucoup apporté sur le regard du handicap, ce qui a suscité le respect et parfois l’admiration : Comment pouvait-il unifier tout cela dans son existence ? Sa mort ne permet pas de savoir. Il va falloir mener un travail interdisciplinaire important pour comprendre ce qu’était sa personnalité. »

Un travail que les évêques vont mener avec d’autres pour mieux comprendre l’engrenage pervers des années passées : « La CEF s’associera volontiers à la conférence des religieux et religieuses en France (Corref), à la Province de France de l’Ordre dominicain et à la congrégation des Frères de Saint-Jean pour poursuivre le travail d’élucidation nécessaire à propos du père Thomas Philippe, décédé en 1993, qui avait été sévèrement condamné par Rome en 1956 », précise encore le communiqué de la CEF.

Saluant « la réactivité et le sérieux de l’Arche », Mgr de Moulins-Beaufort rappelle que « l’Arche ne fonctionne pas sur une personne, fut-elle le fondateur, mais sur des communautés de vie concrète ». Ce qu’il a permis de découvrir des personnes handicapées demeure.

Lettre ouverte de Mgr d’Ornellas au Premier ministre sur la loi de bioéthique

  Lettre ouverte de Mgr d’Ornellas
au Premier ministre sur la loi de bioéthique

« Comment ne pas souhaiter un « supplément d’âme » quand les techniques rendent possible l’invraisemblable ! »

 Bioéthique, défense de la vie
 
« Voilà la grandeur de l’éthique qui assure l’authentique progrès: savoir réguler l’usage des techniques biomédicales de telle sorte que la « fraternité » soit mieux assurée », écrit Mgr d’Ornellas. 

Le texte publié sur le site catholique en Ille-et-Vilaine et dans La Croix



À l’occasion des débats sur la révision de la loi bioéthique, Mgr Pierre d’Ornellas, président du Groupe de travail sur la bioéthique à la Conférence des Évêques de France, interpelle M. Édouard Philippe sur l’importance d’un débat démocratique garant du « bien commun ».

Monsieur le Premier Ministre,

Votre responsabilité gouvernementale est grande. Le débat démocratique est vital pour vous aider à l’assumer. Il est un « dialogue » grâce auquel nous cherchons ensemble le bien de tous. Or, vos propos sur la bioéthique dans votre interview du 24 janvier à La Croix laissent dubitatifs.

Suffit-il à un Premier ministre de constater que « le débat a été de grande qualité » et que « l’attitude des Français qui s’opposent » est « pacifique » ? Une personnalité de l’État a affirmé que « la loi bioéthique porte une rupture anthropologique majeure ». Douze hauts fonctionnaires et universitaires ont écrit que ce projet de loi « touche aux structures de notre société ». Sur des sujets aussi sensibles qui ébranlent des repères majeurs pour la vie des êtres humains en société, le discours de la méthode n’est pas suffisant. D’autres personnalités – et non des moindres, croyantes et incroyantes – ont exprimé leur opposition à bien des points de ce projet de loi. Suffit-il de les cataloguer dans le registre des opposants – par bonheur pacifiques – pour conclure le débat ?

Les arguments de la raison éthique

Les arguments de la raison éthique, et pas seulement ceux d’études sociologiques parfois contestables, ne sont-ils pas à considérer en priorité pour que la loi reste indicatrice et gardienne du « bien commun » ? À cet égard, comment la loi gardera-t-elle sa mission de protéger l’être humain, en particulier le plus faible, et favorisera-t-elle la société inclusive que vous appelez de vos vœux, si le projet de loi ne barre pas nettement la route à ce qui vous inquiète légitimement : l’eugénisme libéral, fruit d’un individualisme et d’une peur exacerbés par le pouvoir exercé sans discernement du dépistage génétique.

Dans votre interview, vous affirmez que le projet de loi de réforme des retraites « a pour but de refonder le système pour qu’il soit beaucoup plus juste ». Vous souhaitez ainsi maintenir « la solidité du pacte social ». Pourquoi ne pas l’affirmer à propos de la loi de bioéthique ? Est-il juste que la loi interdise de fait à des enfants d’avoir une ascendance paternelle, et décrète qu’il n’y a plus de distinction entre une femme qui, sans avoir accouché, peut être reconnue comme mère, et la femme qui a accouché de son enfant ? Si le droit supprime la signification spécifique de la gestation, comment interdire fermement la GPA, ce que pourtant vous voulez ? Et puis, est-il juste que la loi supprime la différence réelle établie par le critère thérapeutique pour autoriser aussi bien l’accès à l’AMP que la manipulation du cerveau humain ? Comment dans ces conditions maintenir le pacte social ? Quels critères de justice adopter pour que la médecine soigne en priorité et le mieux possible nos frères et sœurs en humanité qui sont effectivement malades ?

La « fraternité » endommagée ?

La « fraternité » à laquelle sont attachés les Français n’est-elle pas endommagée en voulant établir un égalitarisme qui n’ose pas nommer les différences, celles qui ne sont pas sources de discrimination ? Car la « fraternité » exige que soit reconnue la même dignité avec les mêmes « droits fondamentaux » chez tous les êtres humains, sans distinction générationnelle. Cette « fraternité » est-elle respectée quand le « projet parental » impose, avec la garantie du droit, un nouveau « droit de puissance » sur l’enfant en le privant d’ascendance paternelle ? Est-ce conforme à sa « dignité » ? Le principe de « dignité » qui, vous le savez, caractérise le modèle français de bioéthique, exige la reconnaissance juridique de l’unité de la personne dans ses dimensions biologique, psychique et spirituelle. Le pacte social et la justice trouvent leur force apaisante dans le respect de cette « dignité » d’où découle la mise en œuvre de la « fraternité ».

Voilà la grandeur de l’éthique qui assure l’authentique progrès : savoir réguler et promouvoir l’usage des techniques biomédicales de telle sorte que la « fraternité » soit mieux assurée. C’est là, Monsieur le Premier Ministre, ce qui la garantit sur le long terme. Or, ce long terme sera vite brisé par ce projet de loi. S’il est voté et promulgué, il fragilisera un peu plus notre « fraternité » car il augure de l’ouverture de la GPA que rien n’empêchera : au nom de quoi refuser le mode de conception et de filiation souhaité par ce qui apparaît comme un autre « projet parental » ?

Monsieur le Premier Ministre, vous en conviendrez, comment ne pas souhaiter un « supplément d’âme » quand les techniques rendent possible l’invraisemblable ! Il semble urgent de relier le pacte social et solidaire qui établit de justes liens les uns avec les autres en vue de nos retraites, au pacte social et solidaire qui impose de ne pas manipuler à volonté les liens fondamentaux qui nous permettent de naître et d’être éduqués.

Mgr Pierre d’Ornellas
Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo
Président du Groupe de travail sur la bioéthique à la Conférence des Évêques de France

Aucun être humain ne peut en traiter
un autre comme un objet

Dans l’état actuel du projet de loi, trois points particuliers engageraient encore davantage notre société française dans des contradictions insolubles. S’ils étaient adoptés définitivement, ils témoigneraient d’une grave méprise quant à ce qu’est l’éthique, méprise qui, si elle n’était pas clarifiée, serait de l’ordre de l’insouciance pour l’avenir.

  1. Soumettre, comme le veut la loi, l’engendrement par PMA d’un nouvel être humain à un « projet parental » est discutable. Le pouvoir ainsi reconnu aux parents ne risque-t-il pas de devenir absolu ? Comment le projet de loi va-t-il exprimer la pleine reconnaissance du droit de l’enfant qui est une « personne » ? En effet, établir des critères applicables aux adultes qui veulent devenir parents pour autoriser ou non ceux-ci à bénéficier d’une technique d’AMP ne suffira pas à garantir une prise en compte suffisante de la dignité de l’enfant. Le respect de l’enfant devrait être la considération première.
  2. La légalisation de la filiation sans père ni ascendance paternelle et de la maternité par simple déclaration de volonté, devant le notaire, sans que la femme vive la gestation, met en œuvre « l’invraisemblable », ont pu dire certains. Est-il juste d’entraîner la société dans cet engrenage ? Notre République est basée sur le respect de la conscience. Cela ne commande-t-il pas de prévoir le recours à l’objection de conscience pour ceux et celles, les notaires par exemple, qui se refuseraient, en conscience, à être engagés malgré eux dans la réalisation de cet « invraisemblable » ? Cette clause de conscience s’impose aussi à propos de l’IMG. Sans une telle expression dans la loi du respect de la conscience de chacun, n’irions-nous pas vers la mise en place d’une police de la pensée, contraire à notre liberté démocratique ?
  3. L’extension du diagnostic pré-implantatoire ouvre la voie à une sélection accrue des enfants à naître, sélection que notre pays professe pourtant de refuser en souhaitant une société inclusive. Un « eugénisme libéral », dépendant de la décision des parents potentiels ou du parent potentiel, serait ainsi toléré. Des parents ayant un enfant portant une maladie génétique nous alertent publiquement sur la « déshumanisation » que produirait un tel tri sélectif. Vouloir l’enfant sans aucun variant génétique est non seulement une illusion, mais ce serait aussi « déshumaniser » notre humanité !

Ces trois points sont significatifs de la fuite en avant dans laquelle sont prises nos sociétés occidentales soumises au libéralisme et aux lois du marché : les désirs individuels y sont exacerbés par l’apparente satisfaction que la conjonction des techniques médicales et juridiques semble promettre.

Nous remercions toutes celles et tous ceux qui prennent au sérieux les enjeux de la loi en discussion. Nous saluons les parlementaires qui travaillent à mettre de la lucidité et du bon sens éthique à propos de l’humain dans le texte de la loi. Nous encourageons les citoyens inquiets à faire connaître leurs réserves et à exprimer leurs points de vue. Nous redisons que tout enfant humain est appelé à grandir dans le déploiement de sa liberté et dans le respect de sa dignité, en communion avec tous les autres, et cela tout au long de sa vie, quelle que soit son origine ethnique ou sociale, sa religion ou son absence de religion et son orientation sexuelle. Aucun être humain ne peut en traiter un autre comme un objet.

Le Conseil Permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Président de la CEF,
Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard, vice-président de la CEF,
Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, vice-président de la CEF,
Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris,
Mgr Jean-Pierre Batut, évêque de Blois,
Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers,
Mgr Dominique Lebrun,archevêque de Rouen,
Mgr Philippe Mousset, évêque de Périgueux,
Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre,
Mgr Pascal Wintzer,archevêque de Poitiers.

Le 13 janvier 2020

Qu’est-ce que la semaine pour l'unité des chrétiens
Chaque année, du 18 au 25 janvier, protestants, catholiques et orthodoxes sont appelés à se rapprocher à l'occasion de la Semaine de l'Unité des chrétiens. Au moins une fois par an, les chrétiens sont invités à se remémorer la prière de Jésus à ses disciples : " pour que tous soient un afin que le monde croie" (cf. Jean 17,21).L' événement qui permet cette expérience exceptionnelle est la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens. Traditionnellement, la Semaine de prière est célébrée du 18 au 25 janvier, entre la commémoration de la confession de foi de saint Pierre et celle de la conversion de saint Paul.
Mgr Aupetit évoque les prières de délivrance et de guérison
Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, évoque la journée de prière de délivrance et de guérison qui se déroule une fois par an dans le diocèse de Nanterre ainsi que la sortie du livre "Protection, Délivrance, Guérison".

Nous avons la science, puissions-nous avoir la sagesse !

Mgr Aupetit aux parlementaires:
« Nous avons la science,
puissions-nous avoir la sagesse ! »

Lors de la messe annuelle des parlementaires mardi 15 octobre, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, invitait les élus à l’humilité. Une eucharistie célébrée quelques minutes après le vote de la loi sur la bioéthique à l’Assemblée nationale.

Mardi 15 octobre, en fin de journée et après plusieurs semaines de débats, le texte de la loi sur la bioéthique a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale à une large majorité. À l’issue de ce vote, les députés n’avaient que quelques minutes pour quitter l’hémicycle et rejoindre la basilique Sainte-Clotilde pour assister la traditionnelle messe des parlementaires, présidée chaque année par l’archevêque de Paris.

Coïncidence du calendrier qui réunissait les élus le jour de la fête de Thérèse d’Avila, ce que Mgr Michel Aupetit ne manqua pas de rappeler, évoquant la prière de la réformatrice du Carmel : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie. »

Lever un coin du voile

C’est avec chaleur et même un peu d’humour que l’archevêque de Paris a accueilli les parlementaires, au premier rang desquels se trouvait le président du groupe LREM de l’Assemblée nationale Gilles Le Gendre, ou encore Pierre Charon, sénateur LR de Paris. « Nous ne sommes pas aujourd’hui dans la critique mais dans l’action de grâces pour votre travail », confiait Mgr Aupetit dès le début de la célébration. Ce qui n’empêcha pas, après la lecture de l’Évangile de Luc, une homélie sans concession sur la vérité et la science : « Nos connaissances lèvent un coin du voile, mais le danger est toujours d’enfermer la vérité dans le champ étroit de ce que l’on peut comprendre. »

Insistant sur les limites de la science, l’archevêque de Paris a invité à l’humilité : « Toutes ces découvertes fantastiques risquent de nous rendre orgueilleux. L’orgueil nous rend prétentieux et la prétention nous rend dangereux. »

Le bien commun

Il a ensuite fait un parallèle avec le risque écologique : « Nous pensions dominer la nature et voilà qu’elle meurt entre nos mains et par nos mains, a-t-il poursuivi. Nous pensons maîtriser la vie et par là même déterminer la filiation. Cette folie conduira encore aux mêmes errements et dangers que l’écologie dénonce aujourd’hui ».

Citant le pape François et l’encyclique Laudato Si, Mgr Aupetit s’est interrogé : « Est-ce que notre action est ordonnée au bien commun ? », avant de conclure : « Nous avons la science, puissions-nous avoir la sagesse ! »

Christophe Henning, pour La Croix

Bioéthique, ce qu’ont dit les évêques de France aux Bernardins
Lundi 16 septembre, les évêques de France ont affirmé leur position sur le projet de loi de bioéthique, lors d’une rencontre au Collège des Bernardins, à Paris. Avec les envoyés spéciaux de La Croix et en partenariat avec KTO, retrouvez leurs prises de parole et les réactions de l’assistance à ce débat. • Lors de la soirée des évêques de France, ont pris la parole, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la CEF, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris et Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail sur la bioéthique. • Cette soirée s’est déroulée alors que l’examen en commission des lois de bioéthique s’est achevé samedi 14 septembre, et avant les travaux en séance plénière qui reprendront lundi 23 septembre. En savoir plus : Réforme des lois de bioéthique : ce qu’il faut retenir des auditions à l’Assemblée • Cette soirée intervenait également, trois semaines avant la mobilisation appelée par plusieurs associations dont La Manif pour tous, le dimanche 6 octobre.

Publication: «L’Eglise face à ses défis»,
par Mgr Eric de Moulins-Beaufort

«Points d’appui de l’Église de France» (Editions CLD/NRT)

Dans son nouveau livre « L’Eglise face à ses défis » (Editions CLD / Nouvelle revue théologique), Mgr Eric de Moulins-Beaufort décrit notammentquelques points d’appui dont dispose l’Église de France pour faire face aux défis de notre temps et des temps à venir”.

Voici un passage sur ces ressources tiré du livre, sorti en librairie jeudi dernier, 12 septembre 2019 (186 pages – 18 € – isbn 978-2-85443-601-3), que nous reproduisons avec l’aimable autorisation des éditions CLD.

Ce livre s’adresse aux catholiques français et à ceux qui s’intéressent à l’avenir du christianisme. Ce n’est pas un programme mais un outil pour discerner, réfléchir et espérer”, explique l’éditeur qui précise: “Pour Alban Massie, jésuite, directeur de la Nouvelle revue théologique cet ouvrage « sera l’occasion d’un travail de lecture en groupe, communauté, paroisse, mouvement, etc., car il interpelle et vise à mettre l’Eglise en chemin ».

L’ensemble offre un aperçu significatif de la pensée du nouveau président de la Conférence des évêques de France sur des sujets cruciaux : abus sexuels, situation actuelle de l’Eglise, mariage et famille, sacerdoce, même si tous les défis ne peuvent être ici abordés ou traités de manière exhaustive.

Au fil des pages, le lecteur découvre « l’unité et la richesse d’une pensée qui aide à repérer les signes des temps et qui cherche à ouvrir ce que l’auteur appelle des “voies d’espérance” ».

Il explique notamment que « depuis 1965 environ, l’humanité occidentale vit une mutation anthropologique majeure (société basée sur le devoir / société basée sur l’épanouissement personnel) ; – cette mutation a aussi à voir avec le christianisme ; – le Dieu de la Révélation s’adresse toujours aux hommes de notre époque ; – leur rencontre prend souvent l’allure d’un combat spirituel ; – nous vivons, non la crise terminale du christianisme, mais ses débuts, etc », relève CLD.

Rappelons que Mgr Eric de Moulins-Beaufort, cinquante-sept ans, a été nommé évêque auxiliaire de Paris pr le pape Benoît XVI, en 2008, puis archevêque de Reims par le pape François, en 2018. Le 3 avril 2019, il a été élu président de la Conférence des évêques de France.

Voici un passage sur ces « points d’appui de l’Église de France » (pp.63-64), tiré du chapitre II dont voici le schéma et la conclusion.

                                                                                  Anita Bourdin pou ZENIT

« L’Eglise face à ses défis”

Chapitre II

Face aux défis du temps, quelles ressources pour l’Eglise en France?

I. Des défis culturels et spirituels qui transforment la vie de l’Eglise

  1. Des défis culturels et sociaux (…)
  2. Des défis spirituels (…)
  3. Quelques facteurs propres à la France (…)

II. Une lecture théologique de notre temps

  1. De la mission à la missions défis spirituels (…)
  2. Interpréter les signes des temps (…)
  3. Election et sacerdoce (…)

III. Les points d’appui de l’Église de France 

  1. Des ressources spirituelles

Je voudrais citer trois ressources spirituelles :

a) Le sens de l’adoration et la capacité de la prière silencieuse

De plus en plus, nous le constatons, les jeunes catholiques, ceux qui viennent encore à nous, sont capables de passer de l’excitation du chant et de la danse au silence de la prière et à l’adoration. Je le dis sans forfanterie : cette capacité a impressionné les Espagnols lors des JMJ de Madrid. Elle nous émerveille lorsque nous rassemblons à Lourdes les lycéens d’Île-de-France : à 9 ou 10 000 dans la basilique souterraine, ils entrent aujourd’hui dans la prière dès que le Saint-Sacrement est exposé ou tout simplement dès qu’on le leur demande.

b) Un renouvellement de la place des pauvres

De plusieurs expériences a monté, ces dernières années, la conviction que les pauvres ne sont pas seulement ceux à qui les mieux lotis peuvent faire du bien mais sont des fidèles du Christ qui peuvent partager à tous et avec tous leurs richesses spirituelles. Il y suffit, mais c’est exigeant, que les mieux dotés culturellement et socialement fassent l’effort de les écouter et veillent à créer des conditions d’attention mutuelle qui permettent à tous de s’exprimer. Un grand rassemblement de l’Église de France sur le thème de la solidarité s’est tenu à Lourdes en 2013 sous le titre : Diaconia 2013 ; il a ancré cette manière nouvelle dans les esprits et les pratiques. Bien sûr, du temps et du travail sont nécessaires pour que nos œuvres de bienfaisance se transforment en ce sens. Mais la journée mondiale des pauvres est née de l’initiative française de rassembler autour du pape des personnes en précarité. Depuis une dizaine d’années à Paris, des jeunes professionnels choisissent d’habiter un appartement en colocation avec des personnes sorties de la rue, avec une vie tout à fait commune et notamment une vie de prière commune.

c) La place de la Parole de Dieu

Nous progressons dans notre capacité à donner aux fidèles les clefs nécessaires pour que la Parole de Dieu soit pour eux une nourriture vivifiante et éclairante et non pas un livre scellé. L’expérience parisienne des parcours EVEN est impressionnante, mais il en existe d’autres. Là encore, du travail est nécessaire, mais les pistes existent dans les facultés de théologie et en un certain nombre de paroisses ou de diocèses.

  1. La catholicité (…)
  2. Engendrer la liberté spirituelle (…)

Conclusion

Le psaume 64 nous indique l’acte de foi à renouveler toujours. Nous sommes dans une phase d’émondage, de mise à l’épreuve, de transformations. Nous la traversons si nous osons croire que le Seigneur ne nous abandonne pas et qu’il vaut la peine d’avancer sur ses chemins comme nous le pouvons. Car Dieu, lui, ne renonce pas – toute l’histoire d’Israël le prouve – à procurer à son peuple une riche moisson : « Tu couronnes une année de bienfaits; sur ton passage ruisselle l’abondance. »

Copyright : Editions CLD / Nouvelle revue théologique
Source Zenit publication Anita Bourdin

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Commentaires

18.02 | 11:33

Bonjour serais t-il possible d'avoir les date pour cette année pour batise une petite emma qui est née le 23 décembre 2019 on est de bourseul merci

...
18.01 | 10:24

Bonjour,
Je souhaiterais connaître les dates et lieux de baptême pour un enfant de moins de 2 ans en mai/juin 2020. Merci

...
06.01 | 13:30

Mon mari a changé radicalement vers moi, ne communique plus. Il me manque de respect et m'accuse faussement d'infidélité à cause de potins méchants ... mais je suis simplement stupéfait par les résultats du prêtre manuka qui a fait le charme de la réunion

...
20.11 | 12:27

Bonjour Madame,
Dans quelques jours, elles vont être publiées sur ce site dans la page : « Messes & Prières» lien : http://www.paroisse-plancoet.
Cordialement

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