Eglise de France



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La Conférence des évêques de France – ou Conférence épiscopale – est constituée de l’ensemble des cardinaux et évêques en activité exerçant leur charge pastorale en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer (D. O. M.), ainsi que des cardinaux français en retraite résidant en France.

Font également partie de la Conférence épiscopale les évêques placés à la tête des éparchies (diocèses) des Arméniens, des Ukrainiens et des Maronites en France, les vicaires apostoliques et préfets apostoliques des départements d’outre-mer (D. O. M.) et les administrateurs apostoliques et administrateurs diocésains (dans les diocèses momentanément dépourvus d’évêques) exerçant leur charge en France.

La Conférence des évêques de France compte environ 120 membres.

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Mgr Pierre d’Ornellas, durant une conférence sur la bioéthique à Paris, le 16/09/2019. François GUILLOT/AFP

Mgr d’Ornellas, archevêque de Rennes  :
« On ne touche pas impunément au droit de la filiation »

Alors que l’examen du projet de révision des lois de bioéthique doit revenir en séance à l’Assemblée nationale à partir du lundi 27 juillet et que la majorité présidentielle est déterminée pour le faire adopter, l’Église catholique continue de faire entendre sa voix sur les enjeux de ce projet de loi. Tribune de Mgr Pierre d’Ornellas,archevêque de Rennes.

« Nous devons toujours manifester l’insondable dignité de l’être humain, en particulier du plus faible. La foi en Dieu donne une vive lumière à ce sujet. Mais, puisqu’il s’agit d’une loi civile, j’en resterai à la raison qui sait que cette manifestation est indispensable.

Tel qu’il sort de la commission spéciale de l’Assemblée Nationale, le projet de loi prive certains enfants d’avoir un père et une ascendance paternelle. Comment se satisfaire d’une telle discrimination entre les enfants dès leur conception et leur naissance ? La raison y voit une injustice.

Ce projet de loi est donc loin d’être abouti. Il a même été reconnu en commission spéciale qu’il a fallu neuf mois – entre la 1re lecture à l’Assemblée et la 2nde lecture en Commission –, pour qu’il soit enfin reconnu que la femme qui accouche était la mère de l’enfant. Mais alors, pour un couple de femmes, comment établir la filiation pour l’autre femme ? Les discussions lors de la commission montrent que bien des questions demeurent insolubles devant la volonté idéologique d’une soi-disant égalité entre toutes les femmes, quelle que soit la diversité de leur situation vis-à-vis de l’accès à la PMA. Or la raison discerne que cette volonté est erronée : l’égalité s’applique pour des situations identiques, comme l’a dit l’ancienne Garde des Sceaux.

Ce projet de loi nous fait passer de la reconnaissance de la pleine dignité de l’enfant comme un sujet de droits, à la prévalence du « projet parental » sur lui de telle sorte que des adultes peuvent lui imposer une privation de certains de ses droits. La raison y voit une régression. On ne touche pas impunément au droit de la filiation ! Il apparaît urgent d’examiner l’accès de « la PMA pour toutes » dans le cadre d’une réflexion générale et cohérente du droit de la filiation. Celui-ci est majeur : par sa filiation, chacun entre dans l’histoire, respecté ou non.

D’autres interrogations sont là. Par exemple, pourquoi continuer à congeler des embryons humains alors qu’on sait conserver les gamètes ? Pourquoi vouloir développer la PMA et avoir supprimé le développement des recherches sur l’infertilité ? Jusqu’où élargir les tests sur les enfants à naître, en particulier par le DPI-A qui détecte les malformations chromosomiques, alors que l’accueil et l’accompagnement de personnes handicapées, par exemple trisomiques, sont le propre de la société inclusive désirée par l’État ?

Le « dialogue » permet de trouver un équilibre entre respect intégral de l’enfant et usage des techniques biomédicales. Leur pouvoir donne l’impression qu’il est loisible de s’affranchir de limites inhérentes à notre condition humaine. Or ces limites ont une signification qui donne sens à notre vie et à son engendrement. En l’acceptant, nous sommes davantage humains et responsables, moins séduits par ce pouvoir. Nous comprenons mieux qu’il nous revient de le réguler par l’éthique, c’est-à-dire par un respect inconditionnel de l’être humain, par la gratuité avec laquelle chacun est accueilli tel qu’il est, et par une fraternité effective d’où découle une solidarité qui donne les moyens d’accompagner les souffrances. Nous engageons alors ces techniques dans leur finalité propre : soigner. »

                                                La Croix, propos recueilli par Arnaud Bevilacqua

 

Mgr Éric de Moulins-Beaufort - Photo LAURENT DARD/LA DEPECHE DU MIDI/MAXP

Mgr de Moulins-Beaufort favorable
aux votes des femmes lors des synodes romains

Les faits

Dans un entretien accordé aux Amis de Teilhard de Chardin, Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF), dit ne pas comprendre pourquoi, lors des récentes assemblées synodales à Rome, les femmes n’ont pas été autorisées à voter, alors que les religieux laïcs l’ont été.

C’est un très long et très dense entretien que Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF), a accepté de donner le 18 mai dernier, pendant plus de deux heures par visioconférence, à « Noosphère », la revue de l’association des Amis de Teilhard de Chardin (1). Et ce, quelques semaines avant la publication de sa lettre au président Macron.

Interrogé tour à tour sur les crises (financière, climatique, Covid-19), sur la gouvernance mondiale, sur la démocratie et les nationalismes, le président de la CEF ose, sur chacun de ces sujets, des paroles courageuses. « On sait depuis longtemps que la Chine ne respecte pas vraiment les règles de l’OMC, déclare-t-il ainsi. Les structures internationales auraient dû être capables de le dire et ne l’ont pas fait ! Si on veut éviter une montée des nationalismes, il faut absolument que les règles internationales souscrites par les pays eux-mêmes puissent être respectées. »

Interrogé ensuite sur la gouvernance de l’Église, l’archevêque de Reims considère que celle-ci « ne peut faire comme si les êtres humains étaient des mineurs qu’il faut tenir par la main. Or, c’est le modèle selon lequel l’Église a fonctionné dans le passé ». Cela n’est plus possible « dans une société où une part majoritaire de la population a fait des études supérieures, où la foi religieuse a été pour une large part choisie ou accueillie ».

D’autant que, selon la théologie de l’Église, tous les baptisés « se trouvent à égalité devant la Révélation, les évêques et les prêtres n’étant par principe ni plus savants, ni plus proches de Dieu que les laïcs ». Dans ces conditions, « la voix de tous les laïcs baptisés, à partir du moment où ils essaient de vivre chrétiennement, devrait pouvoir compter autant que celle des clercs ».

Au sujet de la place des femmes dans l’Église, il considère que « rien ne s’opposerait à ce qu’elles tiennent beaucoup plus de fonctions importantes dans les rouages de l’institution, tout n’étant qu’affaire de compétence ». Et s’agissant du rétablissement du diaconat féminin, il n’y est pas hostile sous condition d’une organisation de l’Église « plus décentralisée et plus fraternelle ».

Synodalité et fraternité

« L’enjeu de la réforme de l’Église, insiste-t-il, est que nous vivions à tous les niveaux la synodalité, laquelle doit s’enraciner dans une fraternité. Nos instances de gouvernance devraient toujours être portées par une fraternité concrète dans laquelle il y a des hommes et des femmes, des prêtres et des laïcs. Tant qu’on n’a pas avancé sur la fraternité, je crains que traiter la question des ministères ordonnés ne fasse qu’alourdir la structure et empêche de progresser. »

Pour autant, le président de la CEF envisage très bien, à titre personnel, « que le Saint-Siège soit dirigé un jour par le pape entouré d’un collège de cardinaux dans lequel il y aurait des femmes. Mais si l’on n’a pas traité au préalable la manière dont doivent travailler ensemble les hommes et les femmes dans des structures d’Église constituées en fraternités, cela ne servira à rien ». Et selon lui, « dans une forme synodale complète, il faudrait faire entendre plus spécialement la voix des femmes étant donné que la succession apostolique est réservée aux hommes ».

D’où son incompréhension du fait que, lors des récentes assemblées synodales tenues à Rome, des femmes ont été nommées comme participantes mais n’ont pas été autorisées à voter. « Qu’on dise qu’il n’y a que les évêques qui votent, ceci paraîtrait logique. Mais à partir du moment où l’on fait voter les prêtres et les laïcs religieux, je ne comprends pas qu’on ne fasse pas voter les femmes qui sont religieuses. Ça me laisse complètement pantois. »

Sur l’islam aussi, les propos du président de la CEF se révèlent audacieux. Il constate d’abord que l’extension de l’islam « repose beaucoup sur une croissance démographique. Ils ont beaucoup d’enfants, grand bien leur fasse ». Mais l’islam est, selon lui, « depuis longtemps dans une situation de grande crise », dont un des symptômes est « sa politisation à travers les mouvements islamistes ».

Ébranlement des dogmes

Mgr de Moulins-Beaufort s’inquiète surtout de l’impossibilité que semble avoir l’islam à entrer dans untravail d’interprétation de ses textes. « Or, il est inévitable que cela se produise à l’intérieur de l’islam lui-même, alors qu’aujourd’hui il est réalisé par des islamologues d’origine chrétienne ou agnostique. Lorsque des musulmans cultivés se mettront eux-mêmes à l’exégèse du Coran, un certain nombre de dogmes en seront ébranlés, en particulier le caractère incréé du Coran, lequel impacte énormément l’idée de révélation dans l’islam. »

Par ailleurs, les musulmans dans les pays où ils se trouvent « font fatalement l’expérience d'une liberté personnelle dont je doute que l'islam ait la capacité de la prendre totalement en compte ». Ce qui lui fait dire que cette expérience de liberté personnelle faite par les musulmans « ne peut, à terme, qu’éroder les cadres familiaux, sociaux et religieux prônés par l’islam ».

Estimant qu’il sera « très difficile » pour l’islam d’accepter ces expériences de liberté, l’archevêque de Reims redoute « la tentation plus que pathologique de construire un État islamique, lequel est un retour au mieux au califat, au pire à la constitution d’un empire fondé sur la rapine, l’esclavage, la force et la violence ».

           Source La Croix : Claire Lesegretain - photo LAURENT DARD/LA DEPECHE DU MIDI/MAXP

(1) « Noosphère » n° 10, juillet 2020, dans les librairies religieuses ou sur le site http://saintlegerproductions.fr/

Mgr Michel Aupetit - Photo Olivier Corsan//LE PARISIEN/MAXPPP

L’archevêque de Paris
s’indigne du retour accéléré de la PMA à l’Assemblée

Alors que l’étude du projet de loi de bioéthique a repris en seconde lecture lundi 29 juin à l’Assemblée nationale, Mgr Michel Aupetit publie une tribune dans « Le Figaro » pour dénoncer l’empressement des parlementaires.

C’est un réquisitoire auquel s’est livré l’archevêque de Paris dans un texte publié dans Le figaro, ce mardi 30 juin. Mgr Michel Aupetit s’indigne de l’empressement des parlementaires à vouloir reprendre « sans vergogne, alors que notre pays vient de traverser une crise sanitaire qui l’a mis à genoux », les travaux du projet de révision des lois de bioéthique, actuellement en deuxième lecture à l’Assemblée.

Ce projet de loi dont l’étude a été suspendue, coronavirus oblige, contient notamment une disposition d’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. La technique est pour l’instant réservée aux couples pathologiquement infertiles.

« Les députés ne peuvent pas faire comme si rien ne s’était passé »

« Alors que la plupart des réformes importantes sont à reporter ou à revisiter, il n’y aurait pas d’autres urgences aujourd’hui que de faire passer en force et dans la discrétion du mois de juillet cet ensemble de lois qui touche à l’essence même de notre humanité », s’exaspère l’archevêque de Paris.

Pour Mgr Michel Aupetit, c’est le contexte même dans lequel s’inscrit le calendrier parlementaire qui est choquant. Alors que, selon lui, la pandémie « nous a rappelé notre commune vulnérabilité, la nécessité de revenir à une certaine sobriété, la richesse en même temps que la fragilité des relations familiales », l’archevêque observe dans la reprise accélérée des travaux parlementaires, une forme d’aveuglement devant les leçons à tirer de la crise sanitaire. « Ceux qui nous représentent ne peuvent pas faire comme si rien ne s’était passé », se désole-t-il.

Relevant que « la culture de mort qui plane sur notre pays a été amplifiée par la peur de mourir occasionnée par la pandémie », il s’indigne que la première urgence puisse donc être de s’engager « tête baissée dans le bouleversement des relations généalogiques qui structurent la personne ».

« La société de consommation » en cause

D’autant que selon l’archevêque, la dignité humaine a déjà été bien entamée pendant la crise sanitaire. « Nous sommes fiers de nos soignants, mais sans doute moins de la manière dont nous avons traité beaucoup de personnes âgées », note-t-il, rappelant aussi que les conditions d’accès à l’IVG médicamenteuse ont également été assouplies pendant le confinement.

Alors qu’un grand nombre d’observateurs ont lu dans cette pandémie une alerte sur nos modes de vies qui épuisent jusqu’à leurs limites les ressources naturelles, l’archevêque s’étonne qu’on puisse aujourd’hui appliquer ce qu’il considère être le même logiciel, à la procréation. « C’est bien la société de consommation qui pousse encore et toujours le désir des adultes sans aucune considération des conséquences sur les générations futures. Jusqu’à leur faire violence. N’y a-t-il pas violence, en effet, lorsque l’on prive délibérément un enfant d’un père, lorsque l’on organise des avortements sélectifs en cas de grossesse multiples, lorsque l’enfant découvre que l’embryon qu’il a été aurait tout aussi bien pu terminer sous le microscope d’un chercheur ou dans une décharge après un temps plus ou moins long de congélation ? », interpelle l’archevêque de Paris.

En février, les sénateurs avaient adopté le projet de loi à dix voix près, validant l’extension de la PMA mais après avoir profondément modifié le texte adopté en première lecture par l’Assemblée Nationale. Une fois le projet de loi adopté en deuxième lecture par l’Assemblée, il poursuivra son chemin au Sénat. Le calendrier de sa programmation à la chambre haute reste incertain, tant l’automne sera chargé au Palais du Luxembourg, après des élections sénatoriales organisées en septembre, puis un examen des projets de lois budgétaires.
                                                                        Héloïse de Neuville, La Croix

Hugues de Woillemont, nouveau secrétaire général de la Conférence des évêques de France

Hugues de Woillemont,
nouveau secrétaire général
de la Conférence des évêques de France

Portrait

À 50 ans, le père Hugues de Woillemont, actuel vicaire général du diocèse de Nanterre, a été choisi par les évêques pour succéder, comme secrétaire général de la Conférence des évêques de France (CEF) à compter du 1er septembre 2020, au père Thierry Magnin, qui avait annoncé sa démission le 11 mai

En démissionnant de ses fonctions de secrétaire général et de porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF), le père Thierry Magnin, 67 ans, suggérait l’idée d’un coup de jeune. Il a été entendu. Son successeur, le père Hugues de Woillemont, a fêté ses 50 ans au début de l’année.

« Distinguer l’urgent de l’important »

Vicaire général du diocèse de Nanterre depuis près de dix ans, ce prêtre spontanément souriant a été élu, lundi 8 juin, par les évêques, qu’il a notamment côtoyés lorsqu’il fut administrateur diocésain pendant neuf mois, entre le départ de Mgr Michel Aupetit et la nomination de Mgr Matthieu Rougé.

Le père Hugues de Woillemont, natif de Saint-Cloud et pur produit des Hauts-de-Seine comme il le reconnaît lui-même, prendra ses nouvelles fonctions de secrétaire général à compter du 1er septembre, la question de la charge de porte-parole n’étant, pour l'heure, pas encore tranchée. Alors qu’il envisageait encore il y a peu une mission, peut-être dans un diocèse semi-rural, il s’apprête finalement à découvrir le « tourbillon » que décrivait son prédécesseur.

« Comme curé d’abord, puis comme vicaire général, j’ai eu à gérer des sujets très divers, parfois complexes, dans une même journée, assure celui qui espère continuer de célébrer à la maison d’arrêt de Nanterre. J’ai expérimenté cette capacité à prendre du recul et à gérer les priorités. Dans un monde où tout va très vite, il faut pouvoir distinguer l’urgent de l’important. » L’apprentissage de la gestion de crise, qui pourrait lui être utile à la CEF, il le doit aussi à une expérience marquante au cours de son service militaire accompli chez les sapeurs-pompiers de Paris.

Écologie intégrale et lutte contre les abus

Chaleureux et réfléchi, le père Hugues de Woillemont, ordonné en 1999, se pose en homme de devoir, disposé à endosser et mettre en œuvre la feuille de route définie par les évêques. Il perçoit déjà deux grandes priorités durant son mandat : poursuivre la mobilisation autour de la thématique de l’écologie intégrale ; et continuer à lutter contre les abus sexuels au sein de l’Église, alors que la commission Sauvé doit rendre son rapport en septembre ou octobre 2021. Ce dernier sujet lui tient particulièrement à cœur, en tant que référent et membre actif de la cellule d’écoute pour les victimes mise en place par le diocèse de Nanterre.

Comment ce diplômé d’une école de commerce, qui fut notamment curé de Chaville puis de Ville-d’Avray, apparaissant comme un homme de consensus, aborde-t-il sa mission dans ses aspects les plus politiques ? Interrogé sur la grande diversité de l’épiscopat, le père Hugues de Woillemont répond, avec une précaution maîtrisée, qu’il faut « honorer la diversité, y compris dans la contradiction, tout en favorisant la communion ».

Faire entendre la voix de l’Église

Les rapports avec les autorités politiques, qui peuvent parfois se tendre comme l’a illustrée la séquence autour de la reprise des cultes, ne l’effraient pas. « Dans ce domaine, je crois en la connaissance et l’estime mutuelles, affirme-t-il, sans naïveté, citant les contacts entre le diocèse de Nanterre et le préfet et ses services. Le climat de confiance permet de ne pas avoir peur de se dire les choses. L’Église doit participer au débat. C’est le gage de la démocratie de pouvoir exprimer des points de vue. »

Profondément convaincu de la complémentarité entre clercs et laïcs, le prochain secrétaire général de la CEF aborde avec philosophie les débats qui agitent l’Église quant à la place des femmes, refusant de se placer au cœur des clivages et fixant comme priorité l’annonce de la foi « en utilisant les mots de nos contemporains ».

« Un des enjeux, c’est de mieux faire connaître l’Église et son fonctionnement, souligne ce disciple de Christian de Chergé et de ses compagnons moines de Tibhirine. Dans le diocèse de Nanterre, plusieurs femmes sont responsables de service. » Enthousiaste à l’aube de sa nouvelle mission, le père Hugues de Woillemont se dit prêt à apprendre et à se confronter au « tourbillon ».

                                Texte Arnaud Bevilaqua pour La Croix - Photo Antoine Muller

Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes-Dol & Saint-Malo. Bruno Levy/Ciric

Coronavirus  : pour Mgr d’Ornellas,
« la force d’une société, c’est sa responsabilité »

Entretien publié dans le Pelerin Magazine

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo, appelle à notre sens de la responsabilité, de la fraternité et de la charité pour surmonter, ensemble, cette épidémie de coronavirus.

Le Pèlerin : Vous avez effectué, la semaine dernière, votre visite ad limina, à Rome (visite quinquennale obligatoire pour tout évêque). Comment se déroule la vie dans l’Italie confinée à cause du Conoravirus ?

Mgr Pierre d’Ornellas : Il fallait se tenir à une distance d’un mètre l’un de l’autre, même avec le pape qui nous a reçus durant 2 h 30. Cela n’a pas empêché la joie fraternelle et la prière sur le tombeau de saint Pierre. Mais les visites ad limina des autres évêques français et brésiliens ont été reportées.

Êtes-vous inquiet ?

Mgr P. d’O.
: Quand je vois se multiplier les lieux d’infection, je m’interroge : quand cela s’arrêtera-t-il ? En même temps, je constate le déploiement de compétences, d’énergie et de dévouement pour soigner les personnes atteintes et endiguer la propagation du virus. Je perçois un sens grandissant de la responsabilité dans la population. Sans cela, je serais inquiet.

Nos sociétés fondées sur la technique et la performance vont être à l’arrêt plusieurs semaines. Qu’est-ce que cela dit d’elles ?

Mgr P. d’O.
: La technique n’aura jamais le dernier mot, contrairement à l’humain. Certes, la parole des scientifiques s’avère précieuse mais la force d’une société réside en sa responsabilité. Croire en l’humain, en la fraternité. Cette fraternité est le signe de la grandeur d’une société. La technique doit demeurer à sa place, comme servante de cette fraternité.

Que révèle cette crise de nos liens humains, de notre conception des autres, vous qui êtes chargé des questions bioéthiques pour les évêques de France ?

Mgr P. d’O. : La « fraternité » est l’aspect le plus fondamental de notre devise républicaine. On parle beaucoup de liberté et d’égalité, mais cela peut dériver dans l’individualisme et dans la domination du plus fort. Liberté et égalité n’ont de sens que si elles font grandir la fraternité, c’est-à-dire nos liens. Cela va plus loin que les liens de famille.

Ce sont aussi des liens de voisinage, de bénévolat. Ils montrent la conception que chacun se fait des autres. La fraternité suppose que nous ayons tous le même regard sur la dignité humaine de chacun, même et surtout quand quelqu’un est fragilisé par son âge ou sa santé. La fraternité n’est pas froide, ni simplement organisationnelle, elle fait appel à l’empathie, à l’affection, au souci que l’on porte les uns aux autres.

Comment peut-on vivre au mieux l’isolement exigé ? Particulièrement les personnes âgées qui souffrent déjà de solitude ?

Mgr P. d’O. : Des techniques peuvent compenser un temps la souffrance de l’isolement. Mais rien ne remplacera la relation humaine. Appeler au téléphone ses proches âgés est évidemment possible et nécessaire pour exprimer de l’affection, pour rassurer. Le confinement est une épreuve. Mais il faut que les personnes âgées dépendantes, comme tout citoyen, comprennent qu’il s’agit d’une lutte collective contre l'épidémie.

Qu’elles gardent confiance en la créativité et l’empathie de leur personnel soignant. Celui-ci est déjà surchargé et la crise l’éprouve particulièrement, mais je connais sa passion pour son métier. Qu’il soit encouragé en travaillant dans des équipes soudées par le sens de ce qu’elles font. Dans le fond, cette crise nous fait prendre conscience que nous sommes liés tous ensemble, chacun à sa place. Elle nous alerte aussi sur le budget de la santé : il devra être revisité afin de mieux tenir compte de nos chers « anciens », comme on dit en Afrique.

Quels enjeux démocratiques posent les mesures d’urgence ? Doit-on sacrifier nos libertés individuelles pour l’intérêt général ?

Mgr P. d’O. : La politique de santé publique est mise en œuvre par l’État pour le bien des citoyens, en particulier les personnes vulnérables. Cela ne supprime pas la responsabilité personnelle et familiale. Chacun doit agir de façon à conserver autant que faire se peut sa santé et celle de ses proches. En cas de crise sanitaire, ce sens de la responsabilité se manifeste quand chacun est prêt à sacrifier librement ses libertés personnelles en vue de l’intérêt de tous.

Suivre les recommandations des autorités compétentes, c’est faire preuve d’un sens démocratique et d’une belle charité dans le respect de l’autre. Et ce n’est pas contraire à la démocratie de demander aux citoyens de respecter des mesures prises pour lutter contre l’épidémie. Dans ce contexte, la démocratie appelle la confiance réciproque entre l’État qui assume ses devoirs et les citoyens qui agissent avec responsabilité. Alors cette lutte finira par être gagnée.

Comment la France peut-elle faire preuve de résilience collective ?

Mgr P. d’O. : En s’entraidant à suivre les recommandations. Dans le métro, un monsieur m’a gentiment rappelé que je devais éternuer dans mon coude car, par inadvertance, je ne l’avais pas fait. Bien sûr, les conséquences économiques seront graves.

J’espère que les autorités compétentes sauront trouver les mécanismes financiers qui apporteront l’aide adaptée, en particulier aux petites entreprises dans le besoin, aux voyagistes, aux restaurateurs…

Quelle attitude peut adopter le chrétien face à cette épidémie ? Le repli sur soi ? Se réunir pour prier ? Aller au plus près des malades malgré les risques ?

Mgr P. d’O. : Le repli sur soi est contraire à l’Évangile et ronge notre humanité. Mais les chrétiens doivent être exemplaires dans leur manière de suivre les recommandations, tout simplement par charité. Celle-ci doit primer. La charité, dans ce cas précis, consiste à tout faire pour éviter la propagation du virus.

Mais aussi de rompre l’isolement des personnes âgées, et d’autres, lorsque ces actions ne diffusent pas le virus, par exemple en leur téléphonant. Que chacun discerne ce que la charité et la prudence lui inspirent de faire !

Les chrétiens peuvent aussi prier pour les morts et leurs familles, pour que l’espérance ne fasse pas défaut, pour que les chercheurs trouvent le traitement adapté, pour que la solidarité soit à la hauteur de la crise, pour les soignants qui vivent une surcharge. Voilà des intentions de prière qui peuvent être jointes aux gestes concrets d’aide, d’accompagnement, de courage, de confiance apportée à des personnes malades ou confinées, tout en n’augmentant pas la transmission du virus.

Quelle réponse peut apporter la foi face à cette épidémie ?

Mgr P. d’O. : Celle que vivent des malades ! Je suis touché quand j’entends leur prière. Quelle confiance en Dieu et quel amour pour lui ! Dieu est assez puissant pour nous donner sa sagesse. Il n’abandonne pas celles et ceux qui mettent leur confiance en lui.

Il sait tirer un bien du mal : cette crise est une occasion de faire grandir la solidarité effective, de réfléchir à la juste fraternité et à la juste sobriété de vie. Quelles que soient les interdictions, les chrétiens peuvent toujours continuer à prier en lisant la Parole de Dieu.

En ce temps de jeûne de l’Eucharistie, notamment dominical, j’ai confiance dans l’engagement des catholiques qui sauront participer à la solidarité nationale et inventer les moyens pour mieux vivre l’Évangile, pour aimer Dieu et le prochain. Il y a tant d’occasions où ils peuvent témoigner de Dieu et de sa tendresse, dans la vie de chaque jour ! Voilà un rude Carême à vivre dans la confiance !

Beaucoup minimisent le danger en disant que cette maladie ne tue « que » des personnes âgées. Est-ce révélateur de la manière dont nous considérons nos aînés ?

Mgr P. d’O. : Les « anciens » méritent notre considération, d’autant plus qu’ils sont fragiles. Lisez le début de Matthieu, chapitre 15. Le commandement biblique « tu honoreras ton père et ta mère » est profond, d’une sagesse étonnante. Tous, nous avons reçu la vie d’eux. Dans le verset 5, Jésus fustige ceux qui mettent leur argent au profit du Temple plutôt qu’au profit de leurs aînés. La valeur d’un homme et d’une société résident d’abord dans leur capacité à prendre soin des anciens qui nous ont tant apporté.

Source : pierre Wolf-Mandroux La Croix 21 mars 2020

Pour Mgr  de Moulins-Beaufort,
« il faut poursuivre le travail d’élucidation » sur Jean Vanier

Bouleversé par les révélations sur Jean Vanier, rendues publiques samedi 22 février par la communauté de l’Arche, le président de la conférence des évêques de France souligne l’indispensable travail à mener sur l’héritage du père Thomas Philippe.                                         

« C’est tout d’abord une immense tristesse qui nous saisit à l’annonce de ce qu’a pu faire Jean Vanier. » confie Mgr Éric de Moulins-Beaufort. Le président de la Conférence des évêques de France (CEF) sait combien Jean Vanier suscitait la confiance : « Comment a-t-il pu entrer dans le jeu horrible du père Thomas Philippe, rester complice et entretenir cette prétention folle d’un état mystique supérieur ? »

Interrogation partagée avec le conseil permanent de la CEF qui, dans un communiqué publié ce samedi 22 février matin, partage « la stupeur et la douleur » de l’épiscopat, devant « le comportement mêlant emprise spirituelle et abus sexuel dans la suite spirituelle que Jean Vanier a eue avec le père Thomas Philippe, dominicain, et sous l’influence des doctrines perverses de ce dernier ».

« Comment pouvait-il unifier tout cela dans son existence ? »

Comment des chrétiens ont-ils pu se laisser abuser par une mystique « aussi folle » ? Répondant à La Croix, Mgr de Moulins-Beaufort souligne le travail qu’il reste à faire : « Jean Vanier a beaucoup apporté sur le regard du handicap, ce qui a suscité le respect et parfois l’admiration : Comment pouvait-il unifier tout cela dans son existence ? Sa mort ne permet pas de savoir. Il va falloir mener un travail interdisciplinaire important pour comprendre ce qu’était sa personnalité. »

Un travail que les évêques vont mener avec d’autres pour mieux comprendre l’engrenage pervers des années passées : « La CEF s’associera volontiers à la conférence des religieux et religieuses en France (Corref), à la Province de France de l’Ordre dominicain et à la congrégation des Frères de Saint-Jean pour poursuivre le travail d’élucidation nécessaire à propos du père Thomas Philippe, décédé en 1993, qui avait été sévèrement condamné par Rome en 1956 », précise encore le communiqué de la CEF.

Saluant « la réactivité et le sérieux de l’Arche », Mgr de Moulins-Beaufort rappelle que « l’Arche ne fonctionne pas sur une personne, fut-elle le fondateur, mais sur des communautés de vie concrète ». Ce qu’il a permis de découvrir des personnes handicapées demeure.

Lettre ouverte de Mgr d’Ornellas au Premier ministre sur la loi de bioéthique

  Lettre ouverte de Mgr d’Ornellas
au Premier ministre sur la loi de bioéthique

« Comment ne pas souhaiter un « supplément d’âme » quand les techniques rendent possible l’invraisemblable ! »

 Bioéthique, défense de la vie
 
« Voilà la grandeur de l’éthique qui assure l’authentique progrès: savoir réguler l’usage des techniques biomédicales de telle sorte que la « fraternité » soit mieux assurée », écrit Mgr d’Ornellas. 

Le texte publié sur le site catholique en Ille-et-Vilaine et dans La Croix



À l’occasion des débats sur la révision de la loi bioéthique, Mgr Pierre d’Ornellas, président du Groupe de travail sur la bioéthique à la Conférence des Évêques de France, interpelle M. Édouard Philippe sur l’importance d’un débat démocratique garant du « bien commun ».

Monsieur le Premier Ministre,

Votre responsabilité gouvernementale est grande. Le débat démocratique est vital pour vous aider à l’assumer. Il est un « dialogue » grâce auquel nous cherchons ensemble le bien de tous. Or, vos propos sur la bioéthique dans votre interview du 24 janvier à La Croix laissent dubitatifs.

Suffit-il à un Premier ministre de constater que « le débat a été de grande qualité » et que « l’attitude des Français qui s’opposent » est « pacifique » ? Une personnalité de l’État a affirmé que « la loi bioéthique porte une rupture anthropologique majeure ». Douze hauts fonctionnaires et universitaires ont écrit que ce projet de loi « touche aux structures de notre société ». Sur des sujets aussi sensibles qui ébranlent des repères majeurs pour la vie des êtres humains en société, le discours de la méthode n’est pas suffisant. D’autres personnalités – et non des moindres, croyantes et incroyantes – ont exprimé leur opposition à bien des points de ce projet de loi. Suffit-il de les cataloguer dans le registre des opposants – par bonheur pacifiques – pour conclure le débat ?

Les arguments de la raison éthique

Les arguments de la raison éthique, et pas seulement ceux d’études sociologiques parfois contestables, ne sont-ils pas à considérer en priorité pour que la loi reste indicatrice et gardienne du « bien commun » ? À cet égard, comment la loi gardera-t-elle sa mission de protéger l’être humain, en particulier le plus faible, et favorisera-t-elle la société inclusive que vous appelez de vos vœux, si le projet de loi ne barre pas nettement la route à ce qui vous inquiète légitimement : l’eugénisme libéral, fruit d’un individualisme et d’une peur exacerbés par le pouvoir exercé sans discernement du dépistage génétique.

Dans votre interview, vous affirmez que le projet de loi de réforme des retraites « a pour but de refonder le système pour qu’il soit beaucoup plus juste ». Vous souhaitez ainsi maintenir « la solidité du pacte social ». Pourquoi ne pas l’affirmer à propos de la loi de bioéthique ? Est-il juste que la loi interdise de fait à des enfants d’avoir une ascendance paternelle, et décrète qu’il n’y a plus de distinction entre une femme qui, sans avoir accouché, peut être reconnue comme mère, et la femme qui a accouché de son enfant ? Si le droit supprime la signification spécifique de la gestation, comment interdire fermement la GPA, ce que pourtant vous voulez ? Et puis, est-il juste que la loi supprime la différence réelle établie par le critère thérapeutique pour autoriser aussi bien l’accès à l’AMP que la manipulation du cerveau humain ? Comment dans ces conditions maintenir le pacte social ? Quels critères de justice adopter pour que la médecine soigne en priorité et le mieux possible nos frères et sœurs en humanité qui sont effectivement malades ?

La « fraternité » endommagée ?

La « fraternité » à laquelle sont attachés les Français n’est-elle pas endommagée en voulant établir un égalitarisme qui n’ose pas nommer les différences, celles qui ne sont pas sources de discrimination ? Car la « fraternité » exige que soit reconnue la même dignité avec les mêmes « droits fondamentaux » chez tous les êtres humains, sans distinction générationnelle. Cette « fraternité » est-elle respectée quand le « projet parental » impose, avec la garantie du droit, un nouveau « droit de puissance » sur l’enfant en le privant d’ascendance paternelle ? Est-ce conforme à sa « dignité » ? Le principe de « dignité » qui, vous le savez, caractérise le modèle français de bioéthique, exige la reconnaissance juridique de l’unité de la personne dans ses dimensions biologique, psychique et spirituelle. Le pacte social et la justice trouvent leur force apaisante dans le respect de cette « dignité » d’où découle la mise en œuvre de la « fraternité ».

Voilà la grandeur de l’éthique qui assure l’authentique progrès : savoir réguler et promouvoir l’usage des techniques biomédicales de telle sorte que la « fraternité » soit mieux assurée. C’est là, Monsieur le Premier Ministre, ce qui la garantit sur le long terme. Or, ce long terme sera vite brisé par ce projet de loi. S’il est voté et promulgué, il fragilisera un peu plus notre « fraternité » car il augure de l’ouverture de la GPA que rien n’empêchera : au nom de quoi refuser le mode de conception et de filiation souhaité par ce qui apparaît comme un autre « projet parental » ?

Monsieur le Premier Ministre, vous en conviendrez, comment ne pas souhaiter un « supplément d’âme » quand les techniques rendent possible l’invraisemblable ! Il semble urgent de relier le pacte social et solidaire qui établit de justes liens les uns avec les autres en vue de nos retraites, au pacte social et solidaire qui impose de ne pas manipuler à volonté les liens fondamentaux qui nous permettent de naître et d’être éduqués.

Mgr Pierre d’Ornellas
Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo
Président du Groupe de travail sur la bioéthique à la Conférence des Évêques de France

Aucun être humain ne peut en traiter
un autre comme un objet

Dans l’état actuel du projet de loi, trois points particuliers engageraient encore davantage notre société française dans des contradictions insolubles. S’ils étaient adoptés définitivement, ils témoigneraient d’une grave méprise quant à ce qu’est l’éthique, méprise qui, si elle n’était pas clarifiée, serait de l’ordre de l’insouciance pour l’avenir.

  1. Soumettre, comme le veut la loi, l’engendrement par PMA d’un nouvel être humain à un « projet parental » est discutable. Le pouvoir ainsi reconnu aux parents ne risque-t-il pas de devenir absolu ? Comment le projet de loi va-t-il exprimer la pleine reconnaissance du droit de l’enfant qui est une « personne » ? En effet, établir des critères applicables aux adultes qui veulent devenir parents pour autoriser ou non ceux-ci à bénéficier d’une technique d’AMP ne suffira pas à garantir une prise en compte suffisante de la dignité de l’enfant. Le respect de l’enfant devrait être la considération première.
  2. La légalisation de la filiation sans père ni ascendance paternelle et de la maternité par simple déclaration de volonté, devant le notaire, sans que la femme vive la gestation, met en œuvre « l’invraisemblable », ont pu dire certains. Est-il juste d’entraîner la société dans cet engrenage ? Notre République est basée sur le respect de la conscience. Cela ne commande-t-il pas de prévoir le recours à l’objection de conscience pour ceux et celles, les notaires par exemple, qui se refuseraient, en conscience, à être engagés malgré eux dans la réalisation de cet « invraisemblable » ? Cette clause de conscience s’impose aussi à propos de l’IMG. Sans une telle expression dans la loi du respect de la conscience de chacun, n’irions-nous pas vers la mise en place d’une police de la pensée, contraire à notre liberté démocratique ?
  3. L’extension du diagnostic pré-implantatoire ouvre la voie à une sélection accrue des enfants à naître, sélection que notre pays professe pourtant de refuser en souhaitant une société inclusive. Un « eugénisme libéral », dépendant de la décision des parents potentiels ou du parent potentiel, serait ainsi toléré. Des parents ayant un enfant portant une maladie génétique nous alertent publiquement sur la « déshumanisation » que produirait un tel tri sélectif. Vouloir l’enfant sans aucun variant génétique est non seulement une illusion, mais ce serait aussi « déshumaniser » notre humanité !

Ces trois points sont significatifs de la fuite en avant dans laquelle sont prises nos sociétés occidentales soumises au libéralisme et aux lois du marché : les désirs individuels y sont exacerbés par l’apparente satisfaction que la conjonction des techniques médicales et juridiques semble promettre.

Nous remercions toutes celles et tous ceux qui prennent au sérieux les enjeux de la loi en discussion. Nous saluons les parlementaires qui travaillent à mettre de la lucidité et du bon sens éthique à propos de l’humain dans le texte de la loi. Nous encourageons les citoyens inquiets à faire connaître leurs réserves et à exprimer leurs points de vue. Nous redisons que tout enfant humain est appelé à grandir dans le déploiement de sa liberté et dans le respect de sa dignité, en communion avec tous les autres, et cela tout au long de sa vie, quelle que soit son origine ethnique ou sociale, sa religion ou son absence de religion et son orientation sexuelle. Aucun être humain ne peut en traiter un autre comme un objet.

Le Conseil Permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Président de la CEF,
Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard, vice-président de la CEF,
Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, vice-président de la CEF,
Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris,
Mgr Jean-Pierre Batut, évêque de Blois,
Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers,
Mgr Dominique Lebrun,archevêque de Rouen,
Mgr Philippe Mousset, évêque de Périgueux,
Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre,
Mgr Pascal Wintzer,archevêque de Poitiers.

Le 13 janvier 2020

Qu’est-ce que la semaine pour l'unité des chrétiens
Chaque année, du 18 au 25 janvier, protestants, catholiques et orthodoxes sont appelés à se rapprocher à l'occasion de la Semaine de l'Unité des chrétiens. Au moins une fois par an, les chrétiens sont invités à se remémorer la prière de Jésus à ses disciples : " pour que tous soient un afin que le monde croie" (cf. Jean 17,21).L' événement qui permet cette expérience exceptionnelle est la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens. Traditionnellement, la Semaine de prière est célébrée du 18 au 25 janvier, entre la commémoration de la confession de foi de saint Pierre et celle de la conversion de saint Paul.
Mgr Aupetit évoque les prières de délivrance et de guérison
Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, évoque la journée de prière de délivrance et de guérison qui se déroule une fois par an dans le diocèse de Nanterre ainsi que la sortie du livre "Protection, Délivrance, Guérison".

Nous avons la science, puissions-nous avoir la sagesse !

Mgr Aupetit aux parlementaires:
« Nous avons la science,
puissions-nous avoir la sagesse ! »

Lors de la messe annuelle des parlementaires mardi 15 octobre, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, invitait les élus à l’humilité. Une eucharistie célébrée quelques minutes après le vote de la loi sur la bioéthique à l’Assemblée nationale.

Mardi 15 octobre, en fin de journée et après plusieurs semaines de débats, le texte de la loi sur la bioéthique a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale à une large majorité. À l’issue de ce vote, les députés n’avaient que quelques minutes pour quitter l’hémicycle et rejoindre la basilique Sainte-Clotilde pour assister la traditionnelle messe des parlementaires, présidée chaque année par l’archevêque de Paris.

Coïncidence du calendrier qui réunissait les élus le jour de la fête de Thérèse d’Avila, ce que Mgr Michel Aupetit ne manqua pas de rappeler, évoquant la prière de la réformatrice du Carmel : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie. »

Lever un coin du voile

C’est avec chaleur et même un peu d’humour que l’archevêque de Paris a accueilli les parlementaires, au premier rang desquels se trouvait le président du groupe LREM de l’Assemblée nationale Gilles Le Gendre, ou encore Pierre Charon, sénateur LR de Paris. « Nous ne sommes pas aujourd’hui dans la critique mais dans l’action de grâces pour votre travail », confiait Mgr Aupetit dès le début de la célébration. Ce qui n’empêcha pas, après la lecture de l’Évangile de Luc, une homélie sans concession sur la vérité et la science : « Nos connaissances lèvent un coin du voile, mais le danger est toujours d’enfermer la vérité dans le champ étroit de ce que l’on peut comprendre. »

Insistant sur les limites de la science, l’archevêque de Paris a invité à l’humilité : « Toutes ces découvertes fantastiques risquent de nous rendre orgueilleux. L’orgueil nous rend prétentieux et la prétention nous rend dangereux. »

Le bien commun

Il a ensuite fait un parallèle avec le risque écologique : « Nous pensions dominer la nature et voilà qu’elle meurt entre nos mains et par nos mains, a-t-il poursuivi. Nous pensons maîtriser la vie et par là même déterminer la filiation. Cette folie conduira encore aux mêmes errements et dangers que l’écologie dénonce aujourd’hui ».

Citant le pape François et l’encyclique Laudato Si, Mgr Aupetit s’est interrogé : « Est-ce que notre action est ordonnée au bien commun ? », avant de conclure : « Nous avons la science, puissions-nous avoir la sagesse ! »

Christophe Henning, pour La Croix

Bioéthique, ce qu’ont dit les évêques de France aux Bernardins
Lundi 16 septembre, les évêques de France ont affirmé leur position sur le projet de loi de bioéthique, lors d’une rencontre au Collège des Bernardins, à Paris. Avec les envoyés spéciaux de La Croix et en partenariat avec KTO, retrouvez leurs prises de parole et les réactions de l’assistance à ce débat. • Lors de la soirée des évêques de France, ont pris la parole, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la CEF, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris et Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail sur la bioéthique. • Cette soirée s’est déroulée alors que l’examen en commission des lois de bioéthique s’est achevé samedi 14 septembre, et avant les travaux en séance plénière qui reprendront lundi 23 septembre. En savoir plus : Réforme des lois de bioéthique : ce qu’il faut retenir des auditions à l’Assemblée • Cette soirée intervenait également, trois semaines avant la mobilisation appelée par plusieurs associations dont La Manif pour tous, le dimanche 6 octobre.

Publication: «L’Eglise face à ses défis»,
par Mgr Eric de Moulins-Beaufort

«Points d’appui de l’Église de France» (Editions CLD/NRT)

Dans son nouveau livre « L’Eglise face à ses défis » (Editions CLD / Nouvelle revue théologique), Mgr Eric de Moulins-Beaufort décrit notammentquelques points d’appui dont dispose l’Église de France pour faire face aux défis de notre temps et des temps à venir”.

Voici un passage sur ces ressources tiré du livre, sorti en librairie jeudi dernier, 12 septembre 2019 (186 pages – 18 € – isbn 978-2-85443-601-3), que nous reproduisons avec l’aimable autorisation des éditions CLD.

Ce livre s’adresse aux catholiques français et à ceux qui s’intéressent à l’avenir du christianisme. Ce n’est pas un programme mais un outil pour discerner, réfléchir et espérer”, explique l’éditeur qui précise: “Pour Alban Massie, jésuite, directeur de la Nouvelle revue théologique cet ouvrage « sera l’occasion d’un travail de lecture en groupe, communauté, paroisse, mouvement, etc., car il interpelle et vise à mettre l’Eglise en chemin ».

L’ensemble offre un aperçu significatif de la pensée du nouveau président de la Conférence des évêques de France sur des sujets cruciaux : abus sexuels, situation actuelle de l’Eglise, mariage et famille, sacerdoce, même si tous les défis ne peuvent être ici abordés ou traités de manière exhaustive.

Au fil des pages, le lecteur découvre « l’unité et la richesse d’une pensée qui aide à repérer les signes des temps et qui cherche à ouvrir ce que l’auteur appelle des “voies d’espérance” ».

Il explique notamment que « depuis 1965 environ, l’humanité occidentale vit une mutation anthropologique majeure (société basée sur le devoir / société basée sur l’épanouissement personnel) ; – cette mutation a aussi à voir avec le christianisme ; – le Dieu de la Révélation s’adresse toujours aux hommes de notre époque ; – leur rencontre prend souvent l’allure d’un combat spirituel ; – nous vivons, non la crise terminale du christianisme, mais ses débuts, etc », relève CLD.

Rappelons que Mgr Eric de Moulins-Beaufort, cinquante-sept ans, a été nommé évêque auxiliaire de Paris pr le pape Benoît XVI, en 2008, puis archevêque de Reims par le pape François, en 2018. Le 3 avril 2019, il a été élu président de la Conférence des évêques de France.

Voici un passage sur ces « points d’appui de l’Église de France » (pp.63-64), tiré du chapitre II dont voici le schéma et la conclusion.

                                                                                  Anita Bourdin pou ZENIT

« L’Eglise face à ses défis”

Chapitre II

Face aux défis du temps, quelles ressources pour l’Eglise en France?

I. Des défis culturels et spirituels qui transforment la vie de l’Eglise

  1. Des défis culturels et sociaux (…)
  2. Des défis spirituels (…)
  3. Quelques facteurs propres à la France (…)

II. Une lecture théologique de notre temps

  1. De la mission à la missions défis spirituels (…)
  2. Interpréter les signes des temps (…)
  3. Election et sacerdoce (…)

III. Les points d’appui de l’Église de France 

  1. Des ressources spirituelles

Je voudrais citer trois ressources spirituelles :

a) Le sens de l’adoration et la capacité de la prière silencieuse

De plus en plus, nous le constatons, les jeunes catholiques, ceux qui viennent encore à nous, sont capables de passer de l’excitation du chant et de la danse au silence de la prière et à l’adoration. Je le dis sans forfanterie : cette capacité a impressionné les Espagnols lors des JMJ de Madrid. Elle nous émerveille lorsque nous rassemblons à Lourdes les lycéens d’Île-de-France : à 9 ou 10 000 dans la basilique souterraine, ils entrent aujourd’hui dans la prière dès que le Saint-Sacrement est exposé ou tout simplement dès qu’on le leur demande.

b) Un renouvellement de la place des pauvres

De plusieurs expériences a monté, ces dernières années, la conviction que les pauvres ne sont pas seulement ceux à qui les mieux lotis peuvent faire du bien mais sont des fidèles du Christ qui peuvent partager à tous et avec tous leurs richesses spirituelles. Il y suffit, mais c’est exigeant, que les mieux dotés culturellement et socialement fassent l’effort de les écouter et veillent à créer des conditions d’attention mutuelle qui permettent à tous de s’exprimer. Un grand rassemblement de l’Église de France sur le thème de la solidarité s’est tenu à Lourdes en 2013 sous le titre : Diaconia 2013 ; il a ancré cette manière nouvelle dans les esprits et les pratiques. Bien sûr, du temps et du travail sont nécessaires pour que nos œuvres de bienfaisance se transforment en ce sens. Mais la journée mondiale des pauvres est née de l’initiative française de rassembler autour du pape des personnes en précarité. Depuis une dizaine d’années à Paris, des jeunes professionnels choisissent d’habiter un appartement en colocation avec des personnes sorties de la rue, avec une vie tout à fait commune et notamment une vie de prière commune.

c) La place de la Parole de Dieu

Nous progressons dans notre capacité à donner aux fidèles les clefs nécessaires pour que la Parole de Dieu soit pour eux une nourriture vivifiante et éclairante et non pas un livre scellé. L’expérience parisienne des parcours EVEN est impressionnante, mais il en existe d’autres. Là encore, du travail est nécessaire, mais les pistes existent dans les facultés de théologie et en un certain nombre de paroisses ou de diocèses.

  1. La catholicité (…)
  2. Engendrer la liberté spirituelle (…)

Conclusion

Le psaume 64 nous indique l’acte de foi à renouveler toujours. Nous sommes dans une phase d’émondage, de mise à l’épreuve, de transformations. Nous la traversons si nous osons croire que le Seigneur ne nous abandonne pas et qu’il vaut la peine d’avancer sur ses chemins comme nous le pouvons. Car Dieu, lui, ne renonce pas – toute l’histoire d’Israël le prouve – à procurer à son peuple une riche moisson : « Tu couronnes une année de bienfaits; sur ton passage ruisselle l’abondance. »

Copyright : Editions CLD / Nouvelle revue théologique
Source Zenit publication Anita Bourdin

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Commentaires

25.08 | 11:19

paroissienne futur proche

...
29.06 | 11:02

Bonjour Monsieur Jean-Baptiste LUCAS?
Je vous ai adressé un message internet (courriel) sur votre boîte personnel.
SVP l'avez-vous bien reçu ?
Merci d'avance

...
18.02 | 11:33

Bonjour serais t-il possible d'avoir les date pour cette année pour batise une petite emma qui est née le 23 décembre 2019 on est de bourseul merci

...
18.01 | 10:24

Bonjour,
Je souhaiterais connaître les dates et lieux de baptême pour un enfant de moins de 2 ans en mai/juin 2020. Merci

...
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