Le chemin de l'écologie intégrale

Tout est lié...

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premier numéro

Découvrez le nouveau webzine de la CEF « Tout est lié », consacré à l’écologie intégrale. Questionnements, débats, initiatives, actions engagées durablement, expérimentations, le magazine s’enrichira en permanence de ce qui se vit partout dans l’Église et dans la société, à travers quatre rubriques, reprenant les grands axes de Laudato Si’ : constater, enraciner, comprendre et agir.
L’écologie intégrale est un chemin pour « faire Église » : ce magazine en sera le reflet.

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L'Évangile est en jeu dans la conversion à l'écologie
Il y a cinq ans, le pape François dans l’encyclique Laudato Si’ invitait à lier urgence de la transition écologique et urgence de la prise de conscience des inégalités sociales : écologie environnementale et sociale sont liées, « tout est lié ». L’Église catholique y apporte l’Évangile de la Création. Cinq après la sortie du texte, un virus minuscule vient bouleverser le monde et son économie et nous montre à quel point prendre soin de la biodiversité, des moyens économiques, sanitaires et commerciaux est essentiel. La santé publique est devenue un bien commun sur le théâtre de cette crise mondiale qui nous fait découvrir notre fragilité, Nous qui nous croyons à l’abri derrière la science et la technologie, nous redécouvrons que la santé publique est un bien commun, que la solidarité est venue soutenir. Comment passe-t-on du Covid-19 à l’écologie intégrale ? Quelles sont les propositions hors et dans l’Église pour vivre la conversion écologique ? L’Évangile est en jeu dans ce mouvement, s’exclame le père Thierry Magnin !

TOUT EST LIÉ... Constater

Mgr Jean-Pierre Vuillemin, évêque auxiliaire de Metz, est membre du Conseil Famille et société de la Conférence des évêques de France. Il accompagne plus particulièrement le pôle écologie et société depuis 2019.

La réception de l’encyclique Laudato Si' en France

La publication de l’encyclique Laudato Si’ fut saluée en France par un grand nombre de représentants de la société civile. Je me souviens encore du discours de Ségolène Royal, alors ministre de l’environnement, qui s’adressait à un parterre d’hommes et de femmes politiques lorrains à l’occasion de l’inauguration de la Maison des paysages sur la fameuse Colline inspirée de Sion. Elle les encourageait vivement à lire l’encyclique qui venait de sortir. Inspiré, le Pape François le fut, répondant ainsi aux attentes d’un grand nombre. Nous étions dans le contexte d’un bouillonnement d’idées dans les sphères les plus diverses à l’occasion de la COP 21 organisée cette année-là en France.

La publication de Laudato Si’ eut lieu au moment opportun, à cet instant T d’une prise de conscience planétaire toujours plus massive. Certains parlèrent d’un « Kairos » qui inspira d’ailleurs la publication d’une édition spéciale des Cahiers Kairos ; beaucoup de diocèses ont diffusé cette publication en y insérant des articles rédigés par des acteurs locaux.   Les chrétiens, militants écoresponsables de la première heure, voyaient enfin leurs réflexions et leurs actions prises au sérieux par le magistère. Ce dernier n’a certes pas attendu Laudato Si’ pour dire le bien-fondé du respect de la création. Mais jusqu’ici, aucun texte de cette densité n’exprimait avec autant de clarté l’urgence d’un accueil éclairé des appels lancés de toute part pour une conversion écologique intégrale.

D’aucuns estimeront que cette parole officielle de l’Église catholique fut tardive.

C’était par exemple l’opinion de Pierre Rabbi à l’époque. Bien des chrétiens engagés dans la réflexion et l’action depuis plusieurs décennies attendaient eux aussi avec impatience l’éveil des consciences au sein du Peuple de Dieu. Certains se souvenaient du rassemblement œcuménique mondial organisé par Pax Christi en Corée du Sud en 90 ayant pour thème :  la justice, la paix et la sauvegarde de la création. Ils en espéraient une prise de conscience beaucoup plus prononcée dans les communautés. Ils regrettaient par exemple le manque d’investissement des communautés catholiques dans ce qui s’appelait à l’époque le « Temps pour la création » avant de devenir la « saison de la Création » qui tous les ans mobilise désormais les trois églises chrétiennes de septembre à octobre. Tous sont invités à célébrer la saison de la Création en priant et en agissant pour la protection de la maison commune. Le 1er septembre est la journée mondiale de prière pour la Création. Laudato Si’ aura finalement donné un nouvel élan à cette initiative œcuménique.

Peu à peu, nous avons vu se rapprocher des chrétiens dits « de gauche », plus attentifs aux questions d’éthique sociale et des chrétiens dits « de droite », plus attentifs aux questions de bioéthique. C’est que l’horizon éthique de Laudato Si est large … La question du respect de la vie y est centrale.  Individus, groupes, états, institutions et religions peuvent en comprendre la pertinence. Tous peuvent, avec le Pape, s’interroger : « N’est-ce pas finalement le cœur de l’homme qui est malade et qu’il faut soigner ? ». En dégageant l’écologie de ses impasses idéologiques, communautaristes ou politiques, François l’a rendu désirable par un grand nombre de chrétiens jusqu’ici peu concernés.

Ce texte a très rapidement suscité au sein des diocèses de France un besoin de libérer la parole de celles et ceux qui avaient une bonne longueur d’avance sur ce long et difficile chemin de conversion. Beaucoup de médias chrétiens ont su rendre ce texte accessible au plus grand nombre d’autant plus qu’il se lit facilement. Ils ont aussi relayé ce foisonnement d’initiatives qui laissait présager un basculement décisif, car il n’y a pas de Kairos sans basculement.

De nombreuses initiatives sont nées ici ou là.

Arrêtons-nous sur les Assises chrétiennes de l’écologie qui se sont tenues à Saint-Étienne du 28 au 30 août 2015 quelques mois après la publication de Laudato Si’. Après une première édition en 2011, passée presque inaperçue, celle-ci a pris un relief particulier.  Désormais, c’est un festival chrétien de l’écologie qui s’organise chaque année.  L’écologie chrétienne, jusqu’ici réservée à un cercle d’initiés s’est soudain sentie légitimée au plus haut niveau de l’Eglise. Si certains universitaires chrétiens s’intéressaient à l’écologie chrétienne, la richesse des études menées ne profitait guère au plus grand nombre. C’est justement dans le foisonnement d’idées et d’expériences partagées au cours de ce festival qu’est né, en France, le projet œcuménique du label Eglise verte en 2017. Ce label, initialement expérimenté en Angleterre, permet d’entrer de manière concrète dans un processus de conversion écologique. Deux ans plus tard, nous comptons 450 instances « églises vertes labélisées ».

Du côté catholique, Mgr Bruno Feillet et Elena Lasida du Conseil Famille et société se sont fortement investis dans la mise en place de cette démarche portée conjointement par la Conférence des évêques de France, la Fédération protestante de France et l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France.  Nous étudions actuellement une déclinaison spécifique de ce label pour les familles, les institutions scolaires, les monastères, les congrégations apostoliques, les mouvements et les aumôneries de jeunes et les entreprises. Le Pôle écologie et société de la Conférence des évêques de France peut également compter sur des « référents diocésains à l’écologie intégrale » dans une soixantaine de diocèses.. Cela fait plus de la moitié des diocèses pourvus. Chacun reçoit sa mission de l’évêque afin d’accompagner la réception de Laudato Si’ et de stimuler la conversion écologique en accompagnant et reliant les initiatives les plus diverses.

Que retenir de cette évocation de quelques aspects de la réception de Laudato Si’ en France ? Une espérance. Celle qui est soutenue par la foi en l’Homme intégral, le Christ sauveur de l’humanité qui trace toujours devant nous un chemin de vie nouvelle.

Les défis restent nombreux pour que les actes des catholiques français puissent donner raison aux paroles du Magistère. Car le Pape François s’inscrit bien dans la continuité du magistère qui durant ces dernières décennies s’est beaucoup intéressé aux défis de l’écologie intégrale, à ses crises et à ses chances. Il est fort à parier que l’appel du Souverain Pontife, s’il est entendu, transformera nos comportements au cœur même des institutions que nous servons. C’est par exemple le cas lorsque les évêques de France acceptent d’ouvrir leur assemblée plénière à de nombreux fidèles prêtres, diacres et laïcs. Ensemble, nous apprenons à faire fructifier plus intensément les dons reçus dans la découverte, l’accueil, la promotion et le profond respect des « écosystèmes ecclésiaux » qui nous sont confiés.

ENRACINER... Parler de la création après Laudato si’

Parler de la création après Laudato si’

Depuis le début des années 2000, Justice et Paix France a promu un travail sur la question écologique, et a publié plusieurs ouvrages, le problème environnemental étant considéré comme le défi majeur de notre époque. 

Mais l’attention portée à l’avenir de la vie sur notre terre comprend aussi une prise en compte de la justice sociale. Pour traiter correctement l’ensemble de ces problèmes, il importe donc d’intégrer également les approches culturelles et éthiques. 

Mode d’élaboration de l’ouvrage 

Tout naturellement, un travail de réception active de l’encyclique Laudato si’ (2015) a été entrepris et a donné lieu à la publication dès 2017, sous l’égide du Conseil Famille et Société de la Conférence des évêques de France (CEF), d’un ouvrage collectif intitulé « Nouveaux modes de vie ? L’appel de Laudato si’ ».

En même temps, un groupe de travail œcuménique a été mis en place, dans le même cadre, pour une réflexion théologique et pastorale centrée sur la notion de « Création ». C’est le résultat de ce travail qui vient d’être publié. Chacun des cinq auteurs présentait au groupe un projet concernant quelques chapitres. Suite aux remarques et aux échanges, l’auteur reprenait son texte et le signait de son nom ; signe de l’importance accordée à cette réflexion en commun, certains chapitres apparaissent sous une double signature. L’ensemble a également été soumis à plusieurs personnes, en raison de leurs compétences théologiques et pastorales. Il y eut donc, durant l’ensemble de l’élaboration, la volonté de promouvoir un travail collectif, tout en respectant la particularité de chacun des auteurs. 

Les auteurs et les accents portés 

Elena Lasida, qui a piloté l’opération, est professeur d’économie à l’Institut catholique de Paris et chargée de mission « Écologie et société » au Service National Famille et Société de la CEF. Antoine Arjakovsky, orthodoxe, est docteur en histoire et codirige le département recherche « Politique et Religions » au Collège des Bernardins. François Euvé est jésuite, docteur en théologie et agrégé de physique, rédacteur en chef de la revue Études. Alfred Marx, exégète, est professeur honoraire de la Faculté de théologie protestante de Strasbourg. André Talbot, enseignant en éthique sociale, est membre de Justice et Paix France. 

Chaque chapitre est coloré par l’appartenance confessionnelle des auteurs. Antoine Arjakovsy met l’accent tant sur la sagesse que sur la fête liturgique de la création. François Euvé s’intéresse tout particulièrement aux récits bibliques de création, notamment à propos des questions du mal et de l’homme « image de Dieu » (en duo avec Alfred Marx) ; il évoque aussi la théorie de l’évolution et l’espérance chrétienne. Elena Lasida traite de la place de la femme et de la notion d’alliance dans les récits bibliques. Alfred Marx est co-auteur de trois chapitres, avec François Euvé et Elena Lasida, et traite personnellement de la manière dont la Bible raconte la Création. André Talbot s’intéresse à nos représentations de la Création qui ont un impact sur la vie sociale, qu’il s’agisse de la toute puissance et du sabbat, mais aussi de notre rapport à l’ensemble du vivant. 

On le comprend facilement, l’ouvrage ici présenté n’affiche pas une thèse unique, on y trouve des approches différenciées, en écho à Laudato si’, de manière à poursuivre la réflexion et à s’interroger sur ses pratiques tant personnelles que sociales. Aucun résumé ne remplacera donc la lecture ! Les auteurs ont une lecture confessante de la Bible et interprètent le message de l’encyclique selon une perspective à la fois pastorale et théologique. Mais reste une question : comment partager, à partir de la notion biblique de Création, avec des personnes qui ne s’inscrivent pas dans une démarche « religieuse » ? 

Parler de la création après Laudato si’. Sous la direction d’Elena Lasida, préface de Mgr Feillet, Parler de la création après Laudato si’, Bayard, 26 février 2020, 192 p.

TOUT EST LIÉ... Comprendre

Sortir de la légèreté

Le père Pierre de Charentenay sj, ancien rédacteur en chef de la revue Études, apporte son éclairage sur la crise sanitaire actuelle et invite à “reconsidérer la légèreté de nos existences” pour nous préparer sérieusement à faire face à la crise climatique à venir.

Nous avons vécu de manière bien légère, imprudente, inconsciente depuis les grands conflits mondiaux du siècle dernier. On pouvait tout faire, prendre l’avion pour aller trois jours aux Maldives, commander sur Internet n’importe quel plat ou n’importe quel instrument, manger des fraises en janvier, visiter toutes les capitales d’Europe, et fêter le mariage de son cousin d’Amérique à Honolulu, etc. C’était le temps de la liberté totale, faire ce que je veux quand je veux, sans contrainte, y compris celle de mourir quand je l’ai décidé. C’était le temps de la légèreté, où tout est possible sans limite grâce à la puissance de la technique qui avait supprimé les barrières.

Eh bien, non. Ce n’est pas la vie réelle, même si nous en avions rêvé. Il n’y a pas de monde sans limite. Le coronavirus nous le rappelle de manière si violente [1] qu’il faut réagir en prenant des mesures extrêmes et immédiates. Imagine-t-on 4 milliards de personnes confinées ! Imagine-t-on notre espace personnel cloisonné par “des gestes barrières” pendant des semaines !

La crise climatique nous dit la même chose mais autrement [2]. Il faut mettre des limites à nos voyages, à notre consommation, à nos productions !

La différence entre les deux est que nous avons compris, peut-être un peu tard, que le virus nous mettait en danger de mort immédiate, ce que nous ne pouvons pas supporter. Donc, on agit, “quoi qu’il en coûte” ! Alors que la crise climatique se déroule sur un moyen terme qui nous laisse le temps de discuter, de polémiquer, en un sens de ne rien faire qui nous dérange sérieusement. Nous ne voulons pas entendre l’avertissement de la crise écologique parce que les délais sont longs et l’urgence moindre.

Ces deux catastrophes, sous des modes différents, nous font entrer dans le monde des contraintes. On avait oublié qu’elles pouvaient exister, emportés et grisés par tout ce que nous avions inventé, qui nous rend la vie si facile, quand tout va bien. Il a bien fallu obéir et rester confinés, encore que, on a tout essayé et parfois réussi à éviter la contrainte, même au temps du virus et de l’urgence absolu : un million de parisiens ont décidé qu’ils seraient plus forts et plus libres en s’enfuyant dans leur résidence secondaire.

Demain, nous ne changerons pas du tout au tout. Je n’y crois pas et le danger est bien de reprendre notre rythme d’avant dès que possible, dès que la contrainte médicale et étatique sera allégée. Les industriels sont sur les starting blocs. Car la dynamique du développement, des entreprises et du profit est puissante. Elle est visible. Ce qui est moins visible mais tout aussi puissant, c’est le désir du consommateur qui veut garder son style de vie, ses facilités. C’est cette double dynamique qui épuise notre planète ; les ressorts de notre épuisement, ce sont les choix de chacun, la liberté qu’on veut garder et la légèreté de nos existences. Car “l’agent pathogène dont la virulence terrible modifie les conditions d’existence de tous, ce n’est pas du tout le virus, ce sont les humains !” [3].

Ce virus vicieux est un clin d’œil mortifère sur ce qui sera plus grave encore, car la crise climatique touchera la terre entière et fera des millions de morts. Nous pourrions profiter de cette occasion pour reconsidérer la légèreté de nos existences, leur irresponsabilité. Alors lentement, s’il importe d’abord de sécuriser notre vie dans l’immédiat, nous pourrons progressivement nous préparer sérieusement à faire face à la crise climatique en reconstruisant ce que nous ne voulons pas, des barrières. Reprendre conscience des limites et redonner du poids à l’existence.

[1] Bill Gates nous avait prévenu il y a 5 ans. Personne ne l’a entendu.

[2] Pierre de Charentenay, Face à la crise climatique, Éditions Chemins de dialogue, avril 2020. Le livre est imprimé, mais en confinement chez l’imprimeur, puisque les librairies sont fermées !

[3] Bruno Latour, Le Monde, 25 mars 2020

Lire l’article sur le site de la revue Études

TOUT EST LIÉ... Agir Prière commune du dimanche 24 juin
AGIR... Être référent à l’écologie intégrale : donner une dimension évangélique à l’enjeu écologique
Cécile Vacher est référente diocésaine à l’écologie intégrale pour le diocèse de Saint-Flour. Elle nous fait part des facettes de sa mission, celle de faire du lien entre l’enjeu écologique et ce qui existe déjà au plan ecclésial local. Pour Cécile, l’écologie n’est pas une histoire de quelques personnes en frange de la société ou de l’Église, c’est un lieu d’interpellation évangélique : une vraie conversion spirituelle est à vivre, et de lieux restent à inventer, dans le Cantal, en France, dans le monde.

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Commentaires

18.02 | 11:33

Bonjour serais t-il possible d'avoir les date pour cette année pour batise une petite emma qui est née le 23 décembre 2019 on est de bourseul merci

...
18.01 | 10:24

Bonjour,
Je souhaiterais connaître les dates et lieux de baptême pour un enfant de moins de 2 ans en mai/juin 2020. Merci

...
06.01 | 13:30

Mon mari a changé radicalement vers moi, ne communique plus. Il me manque de respect et m'accuse faussement d'infidélité à cause de potins méchants ... mais je suis simplement stupéfait par les résultats du prêtre manuka qui a fait le charme de la réunion

...
20.11 | 12:27

Bonjour Madame,
Dans quelques jours, elles vont être publiées sur ce site dans la page : « Messes & Prières» lien : http://www.paroisse-plancoet.
Cordialement

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