La synthèse du document final

Synode des jeunes 2018 : Le pape leur adresse un questionnaire
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Synode des Jeunes:
la synthèse du Document final

Trois parties, 12 chapitres, 167 paragraphes, 60 pages : c’est ainsi que se présente le Document final de la XVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, sur le thème “Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel”. Le texte a été voté dans l’après-midi du 27 octobre, en Salle du Synode, et le Document a été remis au Pape, qui en a aussitôt autorisé la publication.

Paolo Ondarza et Isabella Piro – Cité du Vatican

L’épisode des disciples d’Emmaus, raconté dans l’Évangile de Luc, est le fil conducteur du Document final du Synode des jeunes. Il a été lu devant les pères synodaux, par le rapporteur général, le cardinal Sergio Da Rocha, en alternance avec les secrétaires spéciaux, le père Giacomo Costa et don Rossano Sala, et Mgr Bruno Forte, membre de la Commission pour la Rédaction du texte. Ce Document est complémentaire de l’Instrumentum Laboris du Synode, dont il reprend la division en trois parties. Accueilli par un applaudissement, le texte, a expliqué le cardinal Da Rocha, «est le résultat d’un vrai travail d’équipe» des pères synodaux avec les autres participants au Synode et «d’une façon particulière avec les jeunes». Le Document rassemble les 364 amendements présentés. «La plupart ont été précis et constructifs», a salué le rapporteur général.

«Il cheminait avec eux»

En premier lieu, le Document final du Synode regarde le contexte dans lequel vivent les jeunes, en mettant en évidence les points de force et les défis. Tout part d’une écoute empathique qui, avec humilité, patience et disponibilité, doit permettre de vraiment dialoguer avec la jeunesse, en évitant des «réponses préconçues et des recettes toutes prêtes». Les jeunes, en effet, veulent être «écoutés, reconnus, accompagnés» et désirent que leur voix soit considérée comme «intéressante et utile dans le domaine social et ecclésial». L’Église n’a pas toujours eu cette attitude, reconnaît le Synode : souvent, les prêtres et les évêques, pris par de nombreux engagements, ont du mal à trouver du temps pour le service de l’écoute. Il faut donc former d’un façon adéquate aussi des laïcs, hommes et femmes, qui soient en mesure d’accompagner les jeunes générations. Face à des phénomènes comme la mondialisation et la sécularisation, en outre, les jeunes évoluent vers une redécouverte de Dieu et de la spiritualité, et ceci doit être une stimulation, pour l’Église, à investir le dynamisme de la foi.

L’école et la paroisse

Une autre réponse de l’Église aux questions des jeunes vient du secteur éducatif : les écoles, les universités, les collèges, les aumôneries permettent une formation intégrale des jeunes, en offrant en même temps un témoignage évangélique de promotion humaine. Dans un monde dans lequel tout est lié - famille, travail, défense de l’embryon et du migrant -, les évêques rappellent le rôle irremplaçable des écoles et des universités où les jeunes passent beaucoup de temps. Les institutions éducatives catholiques, en particulier, sont appelées à affronter le rapport entre la foi et les questions du monde contemporain, les différentes perspectives anthropologiques, les défis scientifiques et techniques, les changements des habitudes sociales et l’engagement pour la justice. La paroisse a aussi son rôle : «Église dans le territoire», elle doit repenser sa vocation missionnaire, qui souvent semble peu significative et peu dynamique, surtout dans le domaine de la catéchèse.

Les migrants, paradigme de notre temps

Le Document synodal s’arrête ensuite sur le thème des migrants, «paradigme de notre temps» en tant que phénomène structurel, et non pas comme une urgence transitoire. De nombreux migrants sont des jeunes ou des mineurs non accompagnés, qui fuient des guerres, des violences, des persécutions politiques ou religieuses, des catastrophes naturelles, ou la pauvreté, et finissent par devenir victimes de la traite, de la drogue, d’abus psychologiques et physiques. La préoccupation de l’Église se situe surtout pour eux dans l’optique d’une authentique promotion humaine qui passe à travers l’accueil de réfugiés, et soit un point de référence pour de nombreux jeunes séparés de leurs familles d’origine.

Les migrants sont aussi une opportunité d’enrichissement pour les communautés et les sociétés dans lesquelles ils arrivent et qui peuvent être revitalisées par eux, est-il rappelé dans le Document, où résonnent les verbes synodaux «accueillir, protéger, promouvoir, intégrer», indiqués par le Pape François pour une culture qui puisse surmonter les défiances et les peurs. Les évêques demandent aussi plus d’engagement pour garantir à celui qui ne voudrait pas migrer le droit effectif à rester dans son propre pays. L’attention du Synode s’est aussi portée sur ces Églises qui sont menacées, dans leur existence, par l’émigration forcée et par les persécutions subies par les fidèles.

Abus : faire la vérité et demander pardon

Le Document développe une large réflexion sur les «différents types d’abus» (de pouvoir, économiques, de conscience, sexuels) commis par certains évêques, prêtres, religieux et laïcs. Pour les victimes, cela provoque des souffrances qui «peuvent durer toute la vie et pour lesquelles aucun repentir n’apporte de remède». Le Synode appelle dont à «un ferme engagement pour l’adoption de mesures rigoureuses de prévention qui puissent empêcher la répétition de ces actes, à partir de la sélection et de la formation de ceux à qui seront confiés des devoirs de responsabilité et d’éducation». Il faudra donc éradiquer ces formes comme la corruption ou le cléricalisme, sur lesquelles se greffent de tels types d’abus, et contrer le manque de responsabilité et de transparence avec lesquels de nombreux cas ont été gérés. Dans le même temps, le Synode remercie tous ceux qui «ont le courage de dénoncer le mal subi», parce qu’ils aident l’Église «à prendre conscience de ce qui est arrivé et de la nécessité de réagir avec décision». «La miséricorde, en effet, exige la justice». Toutefois, le Document n’oublie pas les si nombreux laïcs, prêtres, consacrés et évêques qui se dédient chaque jours avec honnêteté au service du prochain, et qui peuvent offrir «une aide précieuse» pour une «réforme d’une portée historique» dans ce domaine.

La famille «Église domestique»

Des thèmes ultérieurs présents dans le document concernent la famille, le principal point de référence pour les jeunes, la première communauté de foi, une «Église domestique». Le Synode rappelle en particulier le rôle des grands-parents dans l’éducation religieuse et dans la transmission de la foi, et met en garde contre l’affaiblissement de la figure paternelle et de ces adultes qui adopte un style de vie marqué par une forme de “jeunisme”. Outre la famille, l’amitié compte beaucoup pour les jeunes, parce qu’elle permet le partage de la foi, et l’aide réciproque dans le témoignage.

Promotion de la justice contre «la culture du déchet»

Le Synode s’est arrêté ensuite sur certaines formes de vulnérabilité vécues par les jeunes dans différents secteurs : dans le travail, où le chômage appauvrit les jeunes générations, en minant leur capacité de rêver ; les persécutions jusqu’à la mort ; l’exclusion sociale pour des raisons religieuses, ethniques ou économiques ; le handicap. Face à cette «culture du déchet», l’Église doit lancer un appel à la conversion et à la solidarité, en devenant une alternative concrète face aux situations de malaise. Mais les domaines dans lesquels l’engagement des jeunes réussit à s’exprimer avec originalité ne manquent pas : par exemple, le volontariat, l’attention aux thèmes écologiques, l’engagement en politique pour la construction du bien commun, la promotion de la justice, pour laquelle les jeunes demandent à l’Église «un engagement décidé et cohérent».

La culture, la musique et le sport sont des «ressources pastorales»

Le monde du sport et de la musique offre aussi aux jeunes la possibilité de s’exprimer le mieux possible. Dans le premier cas, l’Église invite à ne pas sous-évaluer les potentialités éducatives, de formation et d’inclusion, dans l’activité sportive. La musique peut être une «ressource pastorale» qui interpelle aussi en vue d’un renouvellement liturgique, parce que les jeunes ont le désir d’une «liturgie vivante», authentique et joyeuse, un moment de rencontre avec Dieu et avec la communauté.

Les jeunes apprécient «les célébrations authentiques dans lesquelles la beauté des signes, le soin de la prédication et l’implication communautaire parlent réellement de Dieu». Ils doivent donc être aidés à découvrir la valeur de l’adoration eucharistique et à comprendre que «la liturgie n’est pas une expression de soi-même, mais une action du Christ et de l’Église». Les jeunes générations, en outre, veulent être protagonistes de la vie ecclésiale, en faisant fructifier leurs propres talents, et en assumant des responsabilités. En tant que sujets actifs de l’action pastorale, ils sont le présent de l’Église, et ils doivent être encouragés à participer à la vie ecclésiale, et non pas bloqués avec autoritarisme. Dans une Église capable de dialoguer d’une façon moins paternaliste et plus directe, en effet, les jeunes peuvent être très actifs dans l’évangélisation de leurs camarades, en exerçant un véritable apostolat qui doit être soutenu et intégré dans la vie des communautés.

Dieu parle à l’Église et au monde à travers les jeunes, qui sont l’un des «lieux théologiques» dans lesquels le Seigneur se fait présent. Porteuse d’une saine inquiétude qui la rend dynamique, peut-on lire dans la 2e partie du Document, la jeunesse peut être «plus avancée que les pasteurs» et doit donc être écoutée, respectée, accompagnée. Grâce à elle, l’Église peut se renouveler, en abandonnant «pesanteurs et lenteurs». Le Synode rappelle donc le modèle de «Jésus jeune parmi les jeunes» et invite au témoignage des saints, parmi lesquels de nombreux jeunes, prophètes du changement.

Mission et vocation

Une autre «boussole sûre» pour la jeunesse est la mission, un don de soi qui mène à un bonheur authentique et durable : Jésus, en effet, ne retire pas la liberté, mais la libère, parce que la vraie liberté est possible seulement en relation à la vérité et à la charité. Le concept de vocation est aussi lié à celui de mission : chaque vie est vocation en rapport à Dieu, elle n’est pas le fruit du hasard ni une bien privé à gérer en propre, et chaque vocation baptismale est un appel à la sainteté. Chacun doit donc vivre sa propre vocation spécifique dans chaque domaine : la profession, la famille, la vie consacrée, le ministère ordonné et le diaconat permanent, qui représente une «ressource» à développer encore pleinement.

L’accompagnement

Accompagner est une mission pour l’Église à développer au niveau personnel et en groupe : dans un monde «caractérisé par un pluralisme toujours plus évident et par une disponibilité d’options toujours plus grande», rechercher avec les jeunes un parcours destiné à accomplir des choix définitifs est un service nécessaire. Les destinataires sont tous les jeunes : séminaristes, prêtres ou religieux en formation, fiancés et jeunes époux. La communauté ecclésiale est un lieu de relations, où dans la célébration eucharistique on est touché, instruit et guéri par Jésus lui-même. Le Document final met aussi en évidence l’importance du sacrement de la Réconciliation et d’une bonne connaissance de la Doctrine sociale de l’Église, afin d’avoir des repères dans la prise de responsabilité civile, économique, politique dans un contexte de plus en plus multiculturel.

Non au moralisme et à une fausse indulgence, oui à la correction fraternelle

Le Synode promeut un accompagnement intégral centré sur la prière et le travail intérieur, en intégrant à la fois le recours à la transcendance et l’apport de la psychologie et de la psychothérapie. «Le célibat pour le Royaume» doit être compris comme «un don à reconnaître et à vérifier dans la liberté, la joie, la gratuité et l’humilité», avant de poser tout choix définitif.

Les accompagnateurs doivent être conscients de leurs propres fragilité, et, «sans moralisme et sans fausses indulgences», savoir corriger fraternellement et s’abstenir de toute attitude de manipulation. «Ce profond respect sera la meilleure garantie contre le risque d’abus en tout genre», est-il écrit dans ce texte. Le discernement est un lieu de «lutte spirituelle» qui doit aussi prendre en compte la vie fraternelle et le service des pauvres comme des bancs d’épreuve.

La synodalité, un style missionnaire

Dans chaque Église particulière doit se poursuivre ce processus de discernement, cette assemblée synodale n’ayant été qu’une étape. Il faut valoriser les charismes que l’Esprit donne à tous, en évitant à la fois le cléricalisme qui exclut beaucoup de gens des processus décisionnels et la cléricalisation des laïcs qui freine l’élan missionnaire. L’autorité doit être vécue dans une logique de service, en ayant bien conscience du fait que l’expérience concrète de vie est le meilleur témoignage à donner aux jeunes. Sur un plan ecclésial, il faut repenser la pastorale des jeunes et mieux définir les structures de discernement vocationnel, au niveau des conférences épiscopales. Le Document mentionne aussi l’importance des JMJ.

Le défi numérique

Le Document rappelle l’importance du monde numérique dans la vie quotidienne des jeunes. Malgré tous les aspects négatifs et les vrais dangers d’internet (solitude, manipulation, exploitation, violence, chantage, pornographie…), ces outils sont appelés à être des outils d’évangélisation. Le Document mentionne aussi l’idée d’un système de certification des sites catholiques, afin de contrer la diffusion de «fake news» concernant l’Église. La protection des mineurs doit aussi être une priorité sur internet.

Reconnaître et valoriser les femmes dans la société et dans l’Église

Le Document met aussi en évidence le besoin d’une meilleure reconnaissance et d’une valorisation des femmes dans la société et dans l’Église, parce que leur absence appauvrit le débat et le chemin ecclésial : il faut d’urgence un changement d’attitude de la part de tout le monde, à partir d’une réflexion sur la réciprocité entre les sexes. «Une présence féminine dans les organes ecclésiaux à tous les niveaux, aussi dans des fonctions de responsabilité» et «une participation féminine aux processus décisionnels ecclésiaux, dans le respect du rôle du ministre ordonné» sont souhaités dans ce texte, qui rappelle qu’il s’agit ici d’un «devoir de justice qui trouve son inspiration en Jésus et dans la Bible».

Corps, sexualité et affectivité

Le Document s’arrête sur le thème de la sexualité, en évoquant les interrogations éthiques soulevées par certaines évolutions des techniques médicales et en évoquant les dangers de phénomènes comme le tourisme sexuel et la pornographie en ligne, mais surtout en rappelant que les familles et les communautés chrétiennes doivent faire découvrir aux jeunes que la sexualité est un don. L’Église est souvent perçue comme «un espace de jugement et de condamnation», alors que les jeunes recherchent «une parole claire, humaine et empathique», et «expriment un désir explicite de débat sur les questions relatives à la différence entre l’identité masculine et féminine, à la réciprocité entre les hommes et les femmes, ou à l’homosexualité».

«Il faut proposer aux jeunes une anthropologie de l’affectivité et de la sexualité capable de donner la juste valeur de la chasteté» pour la croissance de la personne, «dans tous les états de vie». «Dieu aime chaque personne et l’Église fait de même en renouvelant son engagement contre toute discrimination et violence sur une base sexuelle». De même, le Synode «réaffirme la portée anthropologique déterminante de la différence et de la réciprocité homme-femme, et considère réducteur de définir les personnes uniquement à partir de leur orientation sexuelle».

Dans le même temps, il est recommandé de «favoriser les parcours d’accompagnement dans la foi, déjà existant dans de nombreuses communautés chrétiennes» à l’égard des personnes homosexuelles, afin de discerner les formes les plus adaptées pour leur participation à la vie de la communauté. Chaque jeune, sans aucune exclusion, doit être aidé à intégrer toujours plus la dimension sexuelle dans sa propre personnalité, «en grandissant dans la qualité des relations et en cheminant vers le don de lui-même».

L’accompagnement vocationnel

Le Document évoque le besoin d’un accompagnement plus structuré avant et après le mariage, et encourage la constitution d’équipes éducatives, qui puissent inclure des figures féminines et des couples chrétiens, pour la formation de séminaristes et de consacrées aussi afin de surmonter les tendances au cléricalisme.

Un attention spéciale est demandée dans l’accueil des candidats au sacerdoce, qui advient parfois «sans une connaissance adéquate et une relecture approfondie de leur histoire». «L’instabilité relationnelle et affective, et le manque d’enracinement ecclésial sont des signes dangereux. Négliger les normes ecclésiales dans ce domaine constitue un comportement irresponsable, qui peut avoir des conséquences très graves pour la communauté chrétienne.»

Appelés à la sainteté

«Les diversités vocationnelles se rassemblent dans l’appel unique et universel à la sainteté. Malheureusement le monde est indigné par les abus de certaines personnes de l’Église plutôt que ravivé par la sainteté de ses membres», est-il écrit dans la conclusion du Document final. L’Église est donc appelée à «un changement de perspective». À travers la sainteté de nombreux jeunes disposés à renoncer à la vie au milieu des persécutions en se maintenant fidèles à l’Évangile, elle peut renouveler son ardeur spirituelle et sa vigueur apostolique.

                                        Paolo Ondarza et Isabella Piro – Cité du Vatican

Synode 2018: une jeune Française de l'Emmanuel témoigne
Les travaux du synode s’ouvrent ce mercredi 3 octobre. Le Pape présidera la première séance, qu’il introduira avec d'une prière et d'une allocution. Des propos recueillis par Olivier Bonnel - Cité du Vatican Outre les évêques et experts du monde entier, 36 jeunes seront également présents dans la salle du synode. Ils pourront y faire entendre leur voix, s’exprimer devant le Pape et les pères synodaux. Les autres jeunes suivront l’événement de l’extérieur, avec pas moins d’intérêt, comme le montrent ces jeunes de l’École de mission de l’Emmanuel, l’ESM, située à la Trinité des Monts, au cœur de la Ville éternelle. Ils sont 12 cette année, venant essentiellement de France mais aussi de Belgique ou encore du Cameroun pour donner une année de leur vie, au service du Christ, et de la mission. Gabrielle a 22 ans. Elle est étudiante en école d’ingénieur et nous confie ses attentes sur ce synode.

Le «Synode des Jeunes»: le cardinal Baldisseri présente « l’Instrument de travail »

«Accompagner chaque jeune vers la joie de l’amour» (1/4)

Le synode des évêques d’octobre 2018, que le cardinal secrétaire du Secrétariat du synode des évêques, le cardinal Lorenzo Baldisseri appelle « Synode des jeunes », a pour objectif principal, dit-il, de « faire prendre conscience à toute l’Eglise de sa tâche importante et nullement facultative d’accompagner chaque jeune, sans exclusion, vers la joie de l’amour ».

Il définit « les mots-clés du Synode: jeunesse, vocation, discernement, accompagnement ».

Il souligne que « la référence au ‘choix’ est résolument orientée vers la conversion du cœur et de l’esprit et vers le renouveau des pratiques pastorales ».

Et si l’Eglise est tentée de déplorer que les jeunes se sont éloignés d’elle, le cardinal Baldisseri ose dire, avec les jeunes, que souvent, « c’est l’Église qui s’est éloignée d’eux ». Il n’hésite pas à affirmer que « leur existence est traversée par la présence de Dieu et par l’action de la grâce qui doit être accueillie, accompagnée et portée à son accomplissement ».

Il souhaite que « ce Synode soit une occasion de vie et d’espérance pour les jeunes, pour l’Eglise et pour le monde » : que l’Eglise « retrouve, à travers un chemin de discernement authentique dans l’Esprit, un dynamisme juvénile renouvelé » et que tous les hommes et les femmes puissent « se redécouvrir comme des destinataires privilégiés de la bonne nouvelle de l’Evangile ».

Don Rossano Sala, S.D.B., secrétaire spécial de la XVe Assemblée générale ordinaire du synode des évêques,  Mgr Fabio Fabene, sous-secrétaire, et le p. Giacomo Costa SJ, secrétaire spécial, sont également intervenus.

Voici notre traduction complète, rapide, de travail, de l’allocution du cardinal Baldisseri, prononcée en italien.

Anita Bourdin

Présentation du cardinal Baldisseri

Je vous salue cordialement vous tous qui participez à cette conférence de presse. Je voudrais aider tous et chacun à vous mettre au diapason de l’Instrumentum laboris du prochain Synode des Jeunes sur le thème «Jeunesse, foi et discernement des vocations» qui se déroulera à Rome du 3 au 28 octobre prochain.

Comme vous l’avez certainement remarqué, c’est un texte assez ample et articulé, dont je vais essayer de présenter quelques éléments principaux, en commençant par dire quelque chose de l‘objectif du Synode, de la méthode suivie et de la structure du document.

Le but premier du Synode est de faire prendre conscience à toute l’Eglise de sa tâche importante et nullement facultative d’accompagner chaque jeune, sans exclusion, vers la joie de l’amour; deuxièmement, en prenant cette mission au sérieux, l’Église elle-même pourra retrouver un dynamisme juvénile renouvelé; troisièmement, il est également important que l’Eglise saisisse cette opportunité pour se mettre en discernement de vocation, afin de redécouvrir comment elle peut aujourd’hui correspondre au mieux à son appel à être âme, lumière, sel et levain de notre monde.

En conséquence de ces objectifs, l’Instrumentum laboris est rédigé selon la « méthode du discernement« . Je veux dire par là que le Synode lui-même est essentiellement un exercice de discernement, dont le processus s’accomplit en prenant les mesures qui aident aussi chaque jeune à faire la lumière sur sa propre vocation. Le pape François, dans Evangelii gaudium 51, présente le processus de discernement grâce à trois verbes: reconnaître, interpréter, choisir. Pour cette raison, le texte est divisé en trois parties, chacune se référant à l’un des trois verbes.

Le premier passage du discernement est marqué par le verbe reconnaître. Il vient immédiatement à l’esprit l’histoire de l’épisode d’Emmaüs, où il est dit que « leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent » (Lc 24,31). Il est donc évident que « reconnaître » ce n’est pas un « voir » générale ou un simple « entendre », mais cela dit beaucoup plus: il s’agit de se laisser habiter par la grâce pour une regard de disciple, une compréhension de la réalité qui soit en mesure de voir le cœur, une intelligence qui naît des « entrailles de miséricorde » qui habitent en chacun de nous. « Reconnaître » signifie participer au regard de Dieu sur la réalité, en observant la manière dont Dieu nous parle à travers elle.

Le deuxième passage vise le verbe à interpréter. La réalité est plus importante que l’idée, mais les idées deviennent nécessaires quand on reconnaît les appels qui viennent de la réalité. Il faut un cadre de référence pour interpréter la réalité, sinon nous restons en proie à la superficialité. Il faut aller en profondeur, au niveau biblique et anthropologique, théologique et ecclésiologique, pédagogique et spirituel. Les bonnes idées illuminent, clarifient, délient les nœuds, aident à démêler l’écheveau, à surmonter la confusion et à résoudre les fragmentations, accompagnant vers une vision intégrale et symphonique.

Le troisième moment est axé sur la nécessité de choisir. Après avoir reconnu et interprété, la phase la plus délicate et la plus importante consiste à prendre des décisions courageuses et prévoyantes à la lumière du chemin parcouru. Le discernement risque trop souvent de s’enliser dans des analyses interminables et de nombreuses interprétations différentes, qui n’arrivent pas à bonne fin, c’est-à-dire à des décisions concrètes, prophétiques et pratiques. Alors, il devient important de compléter le chemin grâce à des choix partagés qui nous aident dans notre parcours de conversion pastorale et missionnaire.

Les contenus

Il est impossible de mettre en lumière ici tout le contenu de l‘Instrumentum laboris. J’envisage brièvement certains d’entre eux, en passant le document en revue de façon linéaire. Les choix fondamentaux qui ont guidé sa rédaction vont ainsi également émerger.

1.1 Première partie – « Reconnaître: l’Eglise à l’écoute de la réalité »

Après avoir clarifié dans l’introduction les buts, la méthode et la structure, la première partie est composée de cinq chapitres.

Les deux premiers offrent un regard plutôt ample sur les différents contextes, en montrant qu’il existe effectivement de nombreuses différences et de nombreux points communs chez les jeunes du monde entier: la mondialisation crée beaucoup d’homologation, mais les différences sociales, économiques, culturelles, religieuses et spirituelles restent néanmoins nombreuses. Parmi les différentes préoccupations qui sont indiquées, je souligne le thème des relations entre les générations – qui voient les adultes avec une tendance à la concurrence plutôt qu’en alliance avec les jeunes – et la présence désormais transversale du continent numérique, ce qui est une plateforme de vie inédite pour les jeunes, avec des opportunités importantes et de nouveaux dangers.

Suivent trois chapitres que nous pouvons définir trois accents spécifiques mis sur des questions ponctuelles.

Le premier « focus » s’adresse aux jeunes les plus pauvres et les plus abandonnés, qui sont continuellement rejetés par un monde qui se comprend lui-même à partir du paradigme du rebut, celui de «acheter, utiliser et jeter». Quand cette «culture» est appliquée aux personnes humaines, on perd toute considération de leur dignité: le travail (tant du point de vue de son absence que de l’exploitation), les migrations, les discriminations et de les exclusions sociales en donnent un triste exemple.

Le deuxième « focus » – le quatrième chapitre – offre une lecture plus approfondie de six « défis anthropologiques et culturels » que l’Eglise est appelée à relever aujourd’hui dans son engagement pastoral pour les jeunes: la nouvelle compréhension du corps, et de l’affectivité et de la sexualité; l’avènement de nouveaux paradigmes cognitifs qui véhiculent une approche différente de la vérité; les affects anthropologiques du monde numérique, qui imposent une compréhension différente du temps, de l’espace et des relations humaines; la déception institutionnelle généralisée dans la sphère civile comme ecclésiale; la paralysie de la décision qui emprisonne les jeunes générations dans des voies limitées et limitatives; enfin, la nostalgie et la recherche spirituelle des jeunes, qui paraissent moins «religieux», mais plus ouverts à des expériences authentiques de transcendance.

Le troisième et dernier « focus » de la première partie fait référence à l’écoute de la parole des jeunes. En partant de la prise de conscience du fait que l’Eglise se bat aujourd’hui pour écouter, les demandes et les attentions des jeunes émergent: ils demandent cohérence, authenticité, spiritualité; ils désirent une capacité relationnelle renouvelée et des dynamiques d’accueil prophétiques; ils demandent une liturgie vivante et vécue; ils demandent un engagement désintéressé pour la justice dans le monde. Ils ont soif de fraternité. La voix des séminaristes et des juvéniles religieux et religieuses sur ces questions est particulièrement précieuse.

1.2. Deuxième partie – « Interprétation: la foi et le discernement des vocations »

La deuxième partie se compose de quatre chapitres. À la lumière de la foi, il offre un aperçu de différents points de vue sur les mots-clés du Synode: jeunesse, vocation, discernement, accompagnement.

Le premier chapitre, de nature biblique et anthropologique, a pour tâche d’accompagner le lecteur jusqu’à approfondir l’idée de jeunesse à partir de quelques constantes bibliques qui en éclairent les traits fondamentaux. De différents textes, il ressort que la jeunesse est le temps de l’amour et de la joie, de la force, de la conquête et du risque, de l’incertitude et de la peur, de la chute et de la conversion, de la disponibilité à l’écoute et de la maturation. Avant tout, c’est un temps de contact salvifique avec le Dieu de l’alliance et de l’amour qui offre sa Parole et la relation avec lui en vue d’une vie pleine et abondante.

Le deuxième chapitre est de nature théologique et ecclésiologique. A partir de l’écoute des jeunes et des éducateurs/formateurs, il est clairement nécessaire d’établir un cadre pour la compréhension renouvelée de la question de la vocation au sens large, qui la rende capable d’être significative pour tous les jeunes, sans exception, et pas seulement dans le sens plus spécifique de vocation au ministère ordonné et à la vie consacrée. C’est pourquoi le chapitre part du besoin d’éclairer la vie à partir de l’horizon vocationnel et il se termine en invitant à mettre ne valeur toute sorte de vocations dans l’Église et dans le monde. Parmi elles, la famille a certainement une place de premier plan, ce qui nous relie fortement au Synode précédent. Je fais aussi remarquer l’émergence dans l’Église d’une question moins habituelle sur la situation vocationnelle des personnes qui choisissent de rester «célibataires» sans se référer ni au mariage ni à une consécration particulière; en fait, on constate que dans de nombreux pays, leur nombre augmente.

Le troisième chapitre entre alors dans les dynamismes du discernement vocationnel. Dans un monde perçu comme confus et fragmenté, de nombreux jeunes demandent à être aidés à lire les événements de leur vie à la lumière de la foi. Le chapitre clarifie ensuite la signification et le contenu du discernement, en s’appuyant sur les trois verbes reconnaître-interpréter-choisir. La confrontation avec la conscience personnelle reste décisive sur ce chemin.

Le dernier chapitre est consacré au thème de l’accompagnement. Il offre un regard sur les différents types d’accompagnement: en fait, il y a un accompagnement du milieu et de la communauté, il y a un accompagnement dans la lecture des signes des temps, un d’ordre psychologique et un plus spirituel, de même qu’on est accompagné en famille et par ses pairs. La relation entre le sacrement de la réconciliation et l’accompagnement apparaît également. Les paroles des jeunes sont très intéressantes quand ils soulignent les qualités qu’ils attendent chez ceux qui les accompagnent. Ils constatent avec regret que dans de nombreuses situations et dans de nombreux contextes ecclésiaux, ils ne rencontrent pas des personnes préparées et adéquates.

1.3 Troisième partie – « Choisir: les chemins de la conversion pastorale et missionnaire »

Le titre de la troisième partie reprend une expression d’Evangelii gaudium. C’est une perspective exigeante: après avoir reconnu et interprété, la référence au choix est résolument orientée vers la conversion du cœur et de l’esprit et vers le renouveau des pratiques pastorales. Ici aussi, comme dans la deuxième partie, nous avons quatre chapitres.

Le premier chapitre, d’introduction, sert de ligne directrice: il accompagne la redéfinition du visage d’une Église qui veut être « génératrice » pour les jeunes, en faisant du discernement de sa méthode habituelle de procéder, et son style unique. Une Église appelée à mettre la main sur ses façons d’habiter le monde d’aujourd’hui; appelée à être un signe de fraternité dans un monde déchiré; appelée à travailler pour le Royaume de Dieu d’une manière intégrale, désintéressée et décentralisée.

Le deuxième chapitre est le plus cohérent de tous ceux de l’Instrumentum laboris. Il montre la nécessité pour l’Eglise de se confronter à la vie quotidienne des jeunes et d’être présente et agissante là où ils vivent leur existence concrète. Souvent, il arrive de culpabiliser les jeunes, en leur attribuant la responsabilité d’être si nombreux à s’être éloignés de l’Église. Mais souvent, ils ont vécu des situations telles qu’elles les amènent à affirmer que c’est l’Église qui s’est éloignée d’eux. Et ils le disent ouvertement. Dans de nombreux cas, ils ne l’ont pas sentie et ne la sentent pas proches dans les différentes expériences et dans les différents domaines de leur vie: école, université, monde du travail, engagement politique, environnement numérique, musique, sport et amitié. Sans exclure la proximité nécessaire et le soutien approprié en cas de misère et de marginalisation: handicap et maladie, dépendances et autres fragilités, prison, violence et guerre, migrations et mort. Faire partie de la vie quotidienne des jeunes signifie être capable de reconnaître que leur existence est traversée par la présence de Dieu et par l’action de la grâce qui doit être accueillie, accompagnée et portée à son accomplissement.

Le troisième chapitre met l’accent sur la forme et la force de la communauté ecclésiale aujourd’hui par rapport à son identité et à sa mission pour et avec les jeunes. En dix passages, on a exprimé les points de force, de faiblesse, de prophétie et de discussion qui ont émergé des demandes des jeunes et des réponses des Conférences épiscopales à travers le monde. Il y a ici tant de points à approfondir: de la forme familiale de l’Église jusqu’à sa proposition spirituelle, de l’évaluation de sa passion éducative à l’implication des familles dans la pastorale vocationnelle des jeunes, de la qualité de l’initiation chrétienne à la mise en valeur de la Parole de Dieu et de la liturgie, du service et du volontariat en vue d’un discernement vocationnel à la vocation de l’Eglise ouverte et accueillante pour tous.

Le dernier chapitre de l’Instrumentum laboris est consacré à l’animation et à l’organisation de la pastorale. Ici aussi apparaissent plusieurs options et des choix à faire, parce que les questions qui ont émergé de l’écoute étaient nombreux: comment promouvoir la participation des jeunes dans une réalité ecclésiale qui a toujours tendance être dominée par le cléricalisme? Comment créer une communion entre les différents niveaux d’animation de la pastorale (mondiale, diocésaine, paroissiale)? Comment lancer ou renforcer le travail de communion entre les différents sujets de la pastorale des jeunes professionnels (clergé, religieux et religieuses, mouvements et associations)? Comment renforcer le travail en réseau non seulement dans l’Église, mais aussi entre différentes religions et chez différents sujets civils, sociaux et religieux? Comment structurer des programmes éducatifs et pastoraux qui puissent unifier des événements extraordinaires et la vie quotidienne des jeunes? Comment concevoir des propositions de formation appropriées pour les candidats au sacerdoce et à la vie religieuse, en les accompagnant dans un parcours de maturation dans la liberté et de discernement progressif en vue d’un choix définitif? Enfin, à partir de quelle perspective penser à une pastorale réellement intégrée et orientée vers la centralité des jeunes?

L’Instrumentum laboris se termine par un nouvel «élan» vers la sainteté. En trois courts passages, on clarifie le fait que la sainteté est la vocation unique et unificatrice de toute l’humanité, parce que personne n’est potentiellement exclu de ce but de l’existence. Puis on souligne que la jeunesse aussi, comme toutes les autres étapes de la vie, est un temps propice à la sainteté, c’est-à-dire pour vivre selon la volonté de Dieu. Enfin, on rappelle que nous avons à notre disposition une foule de jeunes saints qui nous ont montré la meilleure façon de vivre cet âge passionnant de la vie qu’est la jeunesse.

L’espérance

Comme vous pouvez le voir, l’Instrumenum laboris offre d’innombrables points de réflexion et s’active à rechercher des réponses concrètes. C’est certainement un document interlocutoire, qui recueille et fait converger de nombreuses indications sur de nombreux sujets. Il veut aider à reconnaître, interpréter et choisir. Il encourage la marche, à faire la lumière sur les problèmes et trouve des façons de les résoudre.

Surtout, dans un monde qui ne nous aide plus à rêver, il peut être lu comme une invitation à recommencer à désirer l’impossible, à rêver et à faire de grandes choses avec les jeunes. Le n. 43 de l’Instrumentum Laboris rapporte ce que les jeunes disent dans le Document de la rencontre pré-synodale: « Parfois, nous finissons par renoncer à nos rêves. Nous avons trop peur, et certains d’entre nous ont cessé de rêver. C’est lié aux multiples pressions socio-économiques qui peuvent dessécher l’espérance des jeunes. Parfois, nous n’avons même pas l’occasion de continuer à rêver ». Et au n. 81, dans la section consacrée à l’anthropologie biblique, en se référant à un passage très cher au pape François, tiré du livre de Joël, on affirme que « les rêves des personnes âgées et les prophéties des jeunes ne se produisent qu’ensemble (cf. Jl 3.1), ce qui confirme la bonté des alliances intergénérationnelles ». Si nous, les adultes et les personnes âgées, nous ne rêvons pas, les jeunes ne pourront pas prophétiser!

Voilà que le Synode dédié aux jeunes nous donne l’occasion de retrouver l’espérance d’une vie bonne, le rêve du renouveau pastoral, le désir de la communion et la passion pour l’éducation. Pour parler ici seulement d’espérance, mais pas d’une espérance immanente et générale, mais chrétienne, je me réfère à un fait très triste qui nous oblige à penser. L’écoute que nous avons mis en place au cours des dernières années pour le Synode nous a révélé un manque assez généralisé d’espérance: au lieu de cultiver une espérance fiable, et d’en vivre, beaucoup de jeunes gens tentent continuellement le sort: les paris, dans tous les domaines, augmentent de façon exponentielle, les jeux de hasard se répandent parmi les jeunes, dans nos villes les salles de jeux où l’on arrête d’espérer, en confiant sa vie à un improbable coup de chance. En effet, lorsque l’on perd l’espoir, on tente sa chance.

Le plus grand souhait que je voudrais exprimer c’est que ce Synode soit une occasion de vie et d’espérance pour les jeunes, pour l’Eglise et pour le monde. Pour tous les jeunes, afin que, dans un monde qui leur vole leurs affections, leurs liens et leurs perspectives de vie, ils redécouvrent la beauté de la vie à partir de l’heureuse relation avec le Dieu de l’alliance et de l’amour. Pour l’Église, afin que dans un moment pas facile elle retrouve, à travers un chemin de discernement authentique dans l’Esprit, un dynamisme juvénile renouvelé. Et enfin pour le monde entier, afin que tous les hommes et les femmes puissent redécouvrir qu’ils sont les destinataires privilégiés de la bonne nouvelle de l’Evangile.

© Traduction de ZENIT, Anita Bourdin - 19 juin 2018

 

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Commentaires

21.06 | 09:11

Pas de date prévue en juin , hélas !

...
02.06 | 21:40

a quelle date est la prochaine rencontre?
c'est super ce que vous faites

...
06.12 | 20:14

Il y a plusieurs modifications à faire sur cette page: la messe en semaine est à St Florian; l'adoration du St Sacrement est le samedi à 10h suivie du Ros ...

...
03.12 | 17:10

Il faut aller dans l'onglet: Notre Paroisse puis Messes et prières

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