La parole du pape François

Soudan : le pape exprime
sa préoccupation et sa douleur

Paroles au Regina Caeli (Traduction intégrale)

Le pape François a exprimé sa « douleur » et sa « préoccupation » pour le Soudan, lors du Regina Caeli de ce 9 juin 2019.

Au terme de la messe de Pentecôte qu’il venait de célébrer place Saint-Pierre en présence de quelque 25 000 personnes, le pape a évoqué la situation du pays africain, où un mouvement de contestation civile s’élève contre les militaires au pouvoir, dans des affrontements violents.

Le pape a souhaité « que cessent les violences et que l’on recherche le bien commun dans le dialogue ».

Paroles du pape au Regina Caeli 

Hier, à Cracovie, a eu lieu la célébration d’action de grâce pour la confirmation du culte du bienheureux Michel Giedroyc, à laquelle ont participé les évêques de Pologne et de Lituanie. Que cet événement encourage les Polonais et les Lituaniens à renforcer leurs liens dans le signe de la foi et de la vénération au bienheureux Michel, qui a vécu à Cracovie au quinzième siècle, modèle d’humilité et de charité évangélique.

Les nouvelles qui arrivent ces jours-ci du Soudan suscitent douleur et préoccupation. Prions pour ce peuple, afin que cessent les violences et que l’on recherche le bien commun dans le dialogue.

Je vous salue tous, pèlerins provenant de l’Italie et de nombreux endroits du monde, qui avez participé à cette célébration : les groupes, les associations et les fidèles individuels. J’encourage chacun à s’ouvrir avec docilité à l’action de l’Esprit Saint, en offrant au monde, dans la variété des charismes, l’image d’une fraternité en communion.

Que la Sainte Mère de Dieu nous obtienne cette grâce ; confions-nous à son intercession maternelle avec une confiance filiale.

                                                     Traduction de Zenit, Anne Kurian

Le pape François écrit aux jeunes du monde:
« Christus vivit »

Neuf chapitres pour les jeunes et pour tous

« Il est vivant ! » : le pape François adresse aux jeunes du monde entier – et pas seulement les catholiques – une vraie « lettre » pour leur parler du Dieu qui lui a parlé dès sa jeunesse, est toujours « jeune » et l’ « ami » des jeunes. Elle est publiée ce mardi 2 aveil 2019, en l’anniversaire de la mort de saint Jean-Paul II, le pape des JMJ, et auteur de « Ma vocation, don et mystère ».

Cette lettre en guise d’ « exhortation apostolique post-synodale » est une façon inédite pour un pape de nouer la gerbe du synode des évêquess d’octobre 2018 sur « les jeunes, la foi et le discernement des vocations ».

Signée le 25 mars dernier, dans la maison de la Vierge Marie à Lorette, elle s’intitule : « Il vit, le Christ ». Le titre se prolonge : « notre espérance », « il est la plus belle jeunesse de ce monde ».

« Il te veut vivant »

Le pape lance en le tutoyant un appel à la vie pour le jeune qui le lit : « Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie. Les premières paroles que je voudrais adresser à chacun des jeunes chrétiens sont donc : Il vit et il te veut vivant ! »

Deuxième point. Le Vivant est présent, toujours et partout : « Il est en toi, il est avec toi et jamais ne t’abandonne. Tu as beau t’éloigner, le Ressuscité est là, t’appelant et t’attendant pour recommencer. Quand tu te sens vieilli par la tristesse, les rancœurs, les peurs, les doutes ou les échecs, il sera toujours là pour te redonner force et espérance. »

Elle est faite de « certaines convictions de foi », pour encourager « à grandir en sainteté et dans l’engagement de sa propre vocation ». Le synode avait pour titre on s’en souvient : « Les jeunes, la foi et le discernement des vocations ».

Troisième point. Cette lettre profitera aussi à tout le Peuple de Dieu : « Je m’adresse en même temps à tout le peuple de Dieu, à ses pasteurs et à ses fidèles, car la réflexion sur les jeunes et pour les jeunes nous interpelle et nous stimule tous ».

Une lettre à « mille voix »

Le ton est donné : le pape raconte aux jeunes le Christ qui est vivant, en 168 petites pages, en 9 chapitres et 299 paragraphes. Le pape y inclut des « propositions » du synode qui lui ont semblées « significatives », en sorte que cette lettre se révèle être à « mille voix » avec des « croyants du monde entier » et même des  « jeunes non croyants, qui ont voulu y prendre part », « ont soulevé des questions qui ont suscité en moi de nouvelles interrogations ».

Il conclut en leur demandant de « courir ! » : « Chers jeunes, je serai heureux en vous voyant courir plus vite qu’en vous voyant lents et peureux. Courez, « attirés par ce Visage tant aimé, que nous adorons dans la sainte Eucharistie et que nous reconnaissons dans la chair de notre frère qui souffre. Que l’Esprit Saint vous pousse dans cette course en avant. L’Église a besoin de votre élan, de vos intuitions, de votre foi. Nous en avons besoin! Et quand vous arriverez là où nous ne sommes pas encore arrivés, ayez la patience de nous attendre »

La Parole de Dieu parle des jeunes

Le premier chapitre est biblique (nn. 5-21). Elle braque sa caméra sur ces jeunes qui font la Bible et sont encore vivants en quelque sorte( dans la vie de l’Eglise : Joseph, Gédéon, Samuel, David, Salomon, Jérémie,  la jeune et sage servante de Naman le Syrien, la jeune Ruth, aux côtés de Noémie.

Le « jeune » fils prodigue, le « jeune pécheur », Jésus lui-même « l’éternel jeune », Timothée : « Que personne ne méprise ton jeune âge ». Les jeunes filles prudentes… Le fils de la veuve…

« Jésus Christ toujours jeune »

Au chapitre 2 (nn. 22-63), le pape parcourt ensuite les Evangiles à la recherche de la « jeunesse de Jésus » soulignant la relation de Jésus avec « le Père » tout en étant un « jeune homme ordinaire de son peuple ».  « Ces aspects de la vie de Jésus peuvent inspirer tout jeune qui grandit et se prépare pour réaliser sa mission » fait observer le pape.

Il ajoute : « Vous les jeunes, Jésus ne vous éclaire pas de loin ou du dehors, mais dans votre jeunesse même qu’il partage avec vous. » Plus encore « Jésus est ressuscité et il veut nous faire participer à la nouveauté de sa résurrection ».

Quant à l’Eglise, si « ancienne », « elle peut se renouveler et se rajeunir ». Et le pape suggère cette prière : « Demandons au Seigneur de délivrer l’Église des personnes qui veulent la faire vieillir, la scléroser dans le passé, la figer, l’immobiliser. »

L’Eglise, Marie, les jeunes saints

Il donne le secret de la jeunesse de l’Eglise : « Il est nécessaire que l’Église ne soit pas trop attentive à elle-même mais qu’elle reflète surtout Jésus-Christ. »

Le pape, qui a voulu signer cette lettre de jour de la fête de l’Annonciation, qui rappelle le « oui » de Marie au plan de Dieu, indique Marie comme le « grand modèle pour une Église jeune ».

Les saint jeunes « montrent de quoi sont capables les jeunes quand ils s’ouvrent à la rencontre avec le Christ », fait ensuite observer le pape qui cite Sébastien, François d’Assise, Jeanne d’Arc, André Phû Yên (Vietnam), Kateri Tekakwita, Dominique Savio, Thérèse de Lisieux, Ceferino Namancura, (Argentine), Isidore Bakanja (Congo), Pier Giorgio Frassati, Marcel Callo, Chiara Badano, et « beaucoup d’autres jeunes qui ont vécu à fond l’Evangile dans le silence et l’anonymat ».

Les jeunes, « aujourd’hui de Dieu », leur souffrance

Le pape François insiste au chapitre 3 (nn. 64-110) sur le fait que les jeunes ne sont pas « l’avenir » mais « le présent » du monde, et qu’ils représentent une « pluralité » de jeunesses, avec une répartition inégale selon les pays et les continents. Et il met en garde : « la « jeunesse » n’existe pas », mais « des jeunes avec leurs vies concrètes » et qui « grandissent dans un monde en crise ».

Beaucoup « souffrent de marginalisation et d’exclusion sociale », spécialement pour les jeunes femmes, constate le pape, avec le synode et il cite « la situation difficile d’adolescentes et de jeunes filles qui se trouvent enceintes, la plaie de l’avortement, de même que la diffusion du VIH, les diverses formes de dépendance (drogues, jeux de hasard, pornographie, etc.) et la situation des enfants et des jeunes de la rue, qui n’ont ni maison, ni famille, ni ressources économiques ». Cette souffrance est parfois « déchirante et elle « nous gifle ».

Le pape cite encore le synode sur les questions de la sexualité des jeunes, leurs interrogations et leur « perception du corps ». Mais il y a aussi les « blessures » gravées dans l’âme, le désir de Dieu, de fraternité, et de ces « points de départ » en attente « d’encouragement ».

« Trois thèmes d’une grande importance » 

Le pape aborde ensuite, avec le synode, le numérique, les migrants, les abus. Il invite à un diagnostic précis de la réalité pour fonder la pastorale des jeunes : » « J’exhorte les communautés à examiner, avec respect et sérieux, leur réalité la plus proche concernant la jeunesse, afin de pouvoir discerner les voies pastorales les plus adéquates.

Et aux jeunes il ouvre une espérance : « Je te rappelle la bonne nouvelle que le matin de la Résurrection nous a offert : à savoir qu’il y a une issue à toutes les situations difficiles ou douloureuses. »

« N’oublie pas qu’il y a des jeunes qui sont aussi créatifs, et parfois géniaux » insiste le pape qui cite le jeune italien Carlo Acutis.

Il indique la voie du don de soi : « Tu as besoin de savoir une chose fondamentale: la jeunesse, ce n’est pas seulement la recherche de plaisirs passagers et de succès superficiels. Pour que la jeunesse atteigne sa finalité dans le parcours de ta vie, elle doit être un temps de don généreux, d’offrande sincère, de sacrifice qui coûtent mais qui nous rendent féconds. »

« Dieu est amour »

Au chapitre 4 (nn. 111-133), le pape développe « la grande annonce pour tous les jeunes » : ce que Dieu est –  « Un Dieu qui est Amour » -, ce que Dieu fait – « le Christ qui te sauve » -, pour arriver au cœur du message de cette lettre : « Il est vivant » et cette vie ce communique – « l’Esprit donne la vie » -.

Alors, peuvent s’ouvrir de « chemins de jeunesse », au chapitre 5 (nn. 134-178), car « Dieu est l’auteur de la jeunesse et il œuvre en chaque jeune » qui est appelé à vivre ce « temps de rêves et de choix », d’ « envie de vivre et d’expérimenter ». Et il propose « l’amitié avec le Christ », une amitié « indéfectible », pour affronter « la croissance et le mûrissement », « grandir » en empruntant « des sentiers de fraternité », et en s’engageant, en devenant « des missionnaires courageux ».

Avec des racines

Un thème cher au pape François apparaît au chapitre 6 : « des jeunes avec des racines » (nn. 179-201). Il développe la métaphore de l’arbre qui a besoin de racines pour fleurir et porter du fruit. Cela passe par la relation à la « terre », aux « personnes âgées ». Le pape commente le passage du prophète Joël sur les « vissions » des jeunes et les « songes » des anciens.

« Ne nous laissons entraîner ni par les jeunes qui pensent que les adultes sont un passé qui ne compte plus, déjà caduque, ni par les adultes qui croient savoir toujours comment doivent se comporter les jeunes », avertit le pape qui reprend l’image de la « pirogue » proposée par les jeunes de Samoa.

Le chapitre 7 propose des voies pour le renouveau de la « pastorale des jeunes » (nn. 202-248). Il insiste notamment sur la qualité des « formateurs » et sur, par exemple, les lieux offerts aux jeunes, des lieux qui leur soient propres « qu’ils puissent aménager à leur goût, et où ils puissent entrer et sortir librement, des lieux qui les accueillent et où ils puissent se rendre spontanément et avec confiance à la rencontre d’autres jeunes, tant dans les moments de souffrance ou de lassitude, que dans les moments où ils désirent célébrer leurs joies ».

Le pape met notamment en garde contre « la phobie » du changement, dans les institutions éducatives.

Il encourage l’école catholique comme « essentielle » pour « l’évangélisation des jeunes » et recommande comme principe éducatif le développement de « la capacité à intégrer les savoirs de la tête, du cœur et des mains » : on reconnaît ses recommandation à « Scholas Occurrentes ».

Il recommande d’encourager aussi les capacités des jeunes «à aimer le silence et l’intimité avec Dieu », mais aussi le sport, le rapport à la création…

Le pape incite à promouvoir une « pastorale populaire des jeunes », qui soit « plus ample et plus flexible qui stimule, dans les différents lieux où les jeunes se déplacent, ces leaderships naturels et ces charismes que l’Esprit Saint a déjà semés en eux », de former des « leaders populaires », de créer « des espaces inclusifs », et d’aider les jeunes à devenir « missionnaires ».

L’appel à la vie

Le chapitre 8 était au cœur du synode : « la vocation » (nn. 248-277), un « appel de Dieu » qui inclut « l’appel à la  vie, l’appel à l’amitié avec lui, l’appel à la sainteté », à « être pour les autres ».

Le pape aborde les questions de « l’amour et la famille », du travail : « Je demande aux jeunes de ne pas espérer vivre sans travailler, en dépendant de l’aide des autres ». Et puis au sens précis, le pape invite le jeune à « ne pas exclure la possibilité de se consacrer à Dieu dans le sacerdoce, dans la vie religieuse ou dans d’autres formes de consécration ».

« Le discernement »

Une autre dimension du synode consistait à baliser le « discernement » des vocations : le pape y consacre le dernier chapitre, le chapitre 9 (nn.278-298), renvoyant à « Gaudete et Exsultate ».

Le premier point recommandé par le pape c’est « la formation de la conscience qui permet au discernement de grandir en profondeur et dans la fidélité à Dieu », ce qui « implique de se laisser transformer par le Christ » et de se réserver pour cela « des espaces de solitude et de silence, parce qu’il s’agit d’une décision très personnelle que d’autres ne peuvent pas prendre pour quelqu’un ».

Et puis il faut se poser les bonnes questions : « Il ne faut pas commencer par se demander où l’on pourrait gagner le plus d’argent, ou bien où l’on pourrait obtenir le plus de notoriété et de prestige social, ni commencer par se demander quelles tâches donneraient plus de plaisir à quelqu’un. »

« Il faut reconnaître que cette vocation est l’appel d’un ami : Jésus », rappelle le pape, et pour avancer dans le discernement, il est indispensable de se référer à l’accompagnement spirituel, qui soit attentif « à la personne », dans l’écoute, et justement la capacité à discerner entre « la grâce » ou la « tentation », de façon à ce que le jeune découvre en profondeur « vers quoi » il veut aller.

La liberté spirituelle implique « de susciter et d’accompagner des processus, et non pas d’imposer des parcours », recommande le pape.

Le pape conclut (299) en confiant les jeunes du monde à la force l’Esprit Saint:  » Que l’Esprit Saint vous pousse dans cette course en avant. L’Église a besoin de votre élan, de vos intuitions, de votre foi. Nous en avons besoin!  »

                                                Source Zenit Traduction et texte d'Anita Bourdin

Texte intégral ici : https://fr.zenit.org/articles/le-christ-vit-texte-integral-de-lexhortation-apostolique/

On ne plaisante pas avec l'amour.

 Catéchèse sur le 6e commandement :
« On ne plaisante pas avec l’amour »
(traduction complète)

Pas de relation humaine authentique sans fidélité

« C’est toute la vie qui se joue dans l’amour et on ne plaisante pas avec l’amour », a affirmé le pape François. En effet, « l’être humain a besoin d’être aimé sans conditions ». C’est pourquoi, a expliqué le pape, « aucune relation humaine n’est authentique sans fidélité et loyauté » : « la fidélité est la caractéristique de la relation humaine libre, mûre, responsable. Un ami aussi se démontre authentique parce qu’il reste tel dans n’importe quelle situation, sinon ce n’est pas un ami ».

Le pape François a poursuivi sa catéchèse sur les Commandements, au cours de l’audience générale, sur la Place Saint-Pierre très ensoleillée de ce mercredi 24 octobre 2018, en présence des milliers de pèlerins et de fidèles rassemblés, comme chaque semaine. Il a commenté le sixième commandement : « Tu ne commettras pas d’adultère » : « un rappel immédiat à la fidélité », a-t-il indiqué.

Devant le risque « d’appeler “amour” des relations naissantes et immatures », le pape conseille, avant le mariage, « une préparation soignée, je dirais un catéchuménat » parce que les fiancés « ont besoin de se baser sur le terrain solide de l’amour fidèle de Dieu ». « L’appel à la vie conjugale, insiste le pape, requiert par conséquent un discernement soigné sur la qualité de la relation et un temps de fiançailles pour la vérifier ». Et les fiancés doivent aussi  « mûrir la certitude que la main de Dieu est sur leur lien ».

Voici notre traduction intégrale de la catéchèse en italien du pape François.

HG

Catéchèse du pape François 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans notre parcours de catéchèses sur les Commandements, nous arrivons aujourd’hui à la sixième parole, qui concerne la dimension affective et sexuelle et qui affirme : « Tu ne commettras pas d’adultère ».

C’est un rappel immédiat à la fidélité et, en effet, aucune relation humaine n’est authentique sans fidélité et loyauté.

On ne peut aimer seulement tant que « cela convient » ; l’amour se manifeste justement au-delà du seuil du profit personnel, quand on donne tout sans réserve. Comme l’affirme le Catéchisme : « L’amour veut être définitif. Il ne peut être “jusqu’à nouvel ordre” » (n.1646). La fidélité est la caractéristique de la relation humaine libre, mûre, responsable. Un ami aussi se démontre authentique parce qu’il reste tel dans n’importe quelle situation, sinon ce n’est pas un ami. Le Christ révèle l’amour authentique, lui qui vit de l’amour sans limite du Père, et en vertu de ceci il est l’Ami fidèle qui nous accueille même quand nous nous trompons et qui veut toujours notre bien, même lorsque nous ne le méritons pas.

L’être humain a besoin d’être aimé sans conditions et celui qui ne reçoit pas cet accueil porte en lui une certaine incomplétude, souvent sans le savoir. Le cœur humain cherche à remplir ce vide avec des succédanés, acceptant des compromis et une médiocrité qui n’ont qu’un vague goût d’amour. Le risque est d’appeler « amour » des relations naissantes et immatures, avec l’illusion de trouver une lumière de vie dans quelque chose qui, dans le meilleur des cas, n’en est qu’un reflet.

Il arrive ainsi que l’on surévalue, par exemple, l’attraction physique qui est en soi un don de Dieu, mais qui est finalisée à préparer la voie à une relation authentique et fidèle avec la personne. Comme le disait saint Jean-Paul II, l’être humain « est appelé à la spontanéité pleine et mûre des relations » qui « est le fruit graduel du discernement des impulsions de son cœur ». C’est quelque chose qui est à conquérir, à partir du moment où chaque être humain « doit avec persévérance et cohérence apprendre ce qu’est la signification du corps » (cf. Catéchèse, 12 novembre 1980).

L’appel à la vie conjugale requiert par conséquent un discernement soigné sur la qualité de la relation et un temps de fiançailles pour la vérifier. Pour accéder au sacrement du mariage, les fiancés doivent mûrir la certitude que la main de Dieu est sur leur lien, lui qui les précède et les accompagne, et qui leur permettra di dire : « Avec la grâce du Christ, je promets de t’être toujours fidèle ». Ils ne peuvent pas se promettre fidélité « dans la joie et dans la douleur, dans la santé et dans la maladie » et de s’aimer et s’honorer tous les jours de leur vie, uniquement sur la base de leur bonne volonté ou de l’espérance que « cela marche ».

Ils ont besoin de se baser sur le terrain solide de l’amour fidèle de Dieu. Et pour cela, avant de recevoir le sacrement du mariage, il faut une préparation soignée, je dirais un catéchuménat, parce que c’est toute la vie qui se joue dans l’amour et on ne plaisante pas avec l’amour. On ne peut appeler « préparation au mariage » trois ou quatre conférences données en paroisse ; non, ce n’est pas une préparation : c’est une fausse préparation. Et la responsabilité de celui qui fait cela retombe sur lui : sur le curé, sur l’évêque qui permet cela. La préparation doit être mûre et il faut du temps. Ce n’est pas un acte formel : c’est un sacrement. Mais il faut le préparer par un véritable catéchuménat.

En effet, la fidélité est une manière d’être, un style de vie. On travaille avec loyauté, on parle avec sincérité, on reste fidèle à la vérité dans ses pensées, dans ses actions. Une vie tissée de fidélité s’exprime dans toutes les dimensions et conduit à être des hommes et des femmes fidèles et fiables en toute circonstance.

Mais pour arriver à une vie aussi belle, notre nature humaine ne suffit pas, il faut que la fidélité de Dieu entre dans notre existence, soit contagieuse. Cette sixième parole nous appelle à poser notre regard sur le Christ qui, par sa fidélité, peut ôter de nous un cœur adultère et nous donner un cœur fidèle. En lui, et en lui seulement, se trouve l’amour sans réserve et sans rétraction, le don complet sans parenthèses et la ténacité de l’accueil jusqu’au bout.

Notre fidélité découle de sa mort et de sa résurrection, la constance dans les relations découle de son amour inconditionnel. La communion entre nous et la capacité à vivre nos liens dans la fidélité découlent de la communion avec lui, avec le Père et avec le Saint-Esprit.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

Synode 2018 pour les jeunes

Dicours du pape pour l'ouverture des travaux du synode
« Ne nous laissons pas tenter par les “prophéties de malheur”
(Traduction d'Anita Bourdin pour Zenit)

https://bit.ly/2DWL9nh

«L’espérance nous interpelle»
homélie du pape François à l’ouverture du synode des jeunes
Texte complet de l'homélie traduite par Anita Bourdin pour Zénit)

https://bit.ly/2IDWOWC

                 Le Pape demande un effort spirituel aux catholiques en octobre 2018.  (©darval - stock.adobe.com)

En octobre, le Pape souhaite que les catholiques prient pour l'Église

Le Pape François a demandé à tous les catholiques de prier davantage en ce mois d’octobre, particulièrement pour l'Église et contre le diable qui divise.

Un mois de rosaire pour protéger l’Église en ces temps difficiles. Le Pape François a ainsi transmis à son Réseau Mondial de Prière d’aider tous les fidèles à prier davantage pendant ce mois d’octobre. Après les révélations d’abus sexuels et de pouvoir en tout genre, «il convient de donner plus de temps à la prière» car nous faisons «l’expérience de la désolation par ces plaies ecclésiales», explique le père Frédéric Fornos, cheville ouvrière de l’initiative.

Durant ce mois d’octobre, le Saint-Père demande donc à tous les fidèles un plus grand effort dans la prière personnelle et communautaire. «Il nous invite à prier le Rosaire chaque jour, pour que la Vierge Marie aide l’Eglise en ces temps de crise, et à prier l’Archange Saint Michel afin qu’il la défende des attaques du démon», poursuit le prêtre jésuite.

Entretien avec le père Frédéric Fornos

L’intégralité du communiqué:

Le Pape François a demandé à son Réseau Mondial de Prière d’aider tous les fidèles à prier davantage pendant ce mois d’octobre. Ces dernières années et ces derniers mois, l’Église a vécu des situations difficiles, entre autres la révélation des abus sexuels, de pouvoir et de conscience de la part de clercs, de personnes consacrées et de laïcs, provoquant des divisions internes.

Sans nul doute, elles sont favorisées par le «mauvais esprit» qui trouve complicité en nous : «ennemi mortel de la nature humaine» (Exercices Spirituels de Saint Ignace de Loyola, n° 136). Dans la tradition chrétienne, diverses figures représentent la présence et la manifestation du mal dans le monde, par exemple, celle de «Satan», qui en hébreu signifie «adversaire», ou bien celle du diable, «Diabolos» en grec, c'està-dire celui qui divise et sème la discorde. La tradition biblique le nomme aussi le «séducteur du monde», le «père du mensonge», ou «Lucifer», celui qui se présente comme un ange de lumière, mais qui, sous l’apparence du bien, cherche à tromper.

Comme nous l’observons, le mal se manifeste de différentes façons et la mission d’évangélisation de l’Église devient plus difficile, et même discréditée de par nos connivences. Nous portons d’ailleurs une part de responsabilité en nous laissant entraîner par des passions qui n’ouvrent pas à la vraie vie ; parmi elles : la richesse, la vanité et l’orgueil. Ce sont des étapes par lesquelles le mal veut entraîner, et nous séduire. A partir de bonnes pensées et de bonnes intentions il conduit peu à peu les personnes vers ses intentions perverses (discordes, mensonges, etc…)

Le Pape François rappelait dans sa Lettre au Peuple de Dieu, du 20 août 2018 : «"Si un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui"… Lorsque nous faisons l’expérience de la désolation que nous causent ces plaies ecclésiales, avec Marie il nous est bon "de donner plus de temps à la prière" (Saint Ignace de Loyola, Exercices Spirituels, 319), cherchant à grandir davantage dans l’amour et la fidélité à l’Église». Durant ce mois d’octobre, la Saint-Père demande à tous les fidèles un plus grand effort dans la prière personnelle et communautaire. Il nous invite à prier le Rosaire chaque jour, pour que la Vierge Marie aide l’Église en ces temps de crise, et à prier l’Archange Saint Michel afin qu’il la défende des attaques du démon. Selon la tradition spirituelle, Michel est le chef des armées célestes et le protecteur de l’Église (Apocalypse 12, 7-9)

Le Pape François nous invite à conclure le Rosaire avec une des plus anciennes invocations à la Sainte Mère de Dieu, «Sub Tuum Praesidium», et avec la prière traditionnelle à Saint Michel, écrite par Léon XIII : «Sous l’abri de ta miséricorde, Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu. Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers délivre-nous toujours, Vierge glorieuse et bénie. Amen Prière à l’Archange Saint Michel Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat et soyez notre protecteur contre la méchanceté et les embûches du démon. Que Dieu exerce sur lui son empire, nous vous en supplions ; et vous, Prince de la Milice Céleste, par le pouvoir divin qui vous a été confié, précipitez au fond des enfers Satan et les autres esprits mauvais qui parcourent le monde pour la perte des âmes. AMEN.»

Lettre du Pape François au Peuple de Dieu

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26).

Ces paroles de saint Paul résonnent avec force en mon cœur alors que je constate, une fois encore, la souffrance vécue par de nombreux mineurs à cause d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées. Un crime qui génère de profondes blessures faites de douleur et d’impuissance, en premier lieu chez les victimes, mais aussi chez leurs proches et dans toute la communauté, qu’elle soit composée de croyants ou d’incroyants. Considérant le passé, ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparation du dommage causé ne sera jamais suffisant. Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées. La douleur des victimes et de leurs familles est aussi notre douleur ; pour cette raison, il est urgent de réaffirmer une fois encore notre engagement pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables.

1. Si un membre souffre

Ces derniers jours est paru un rapport détaillant le vécu d’au moins mille personnes qui ont été victimes d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience, perpétrés par des prêtres pendant à peu près soixante-dix ans. Bien qu’on puisse dire que la majorité des cas appartient au passé, la douleur de nombre de ces victimes nous est parvenue au cours du temps et nous pouvons constater que les blessures infligées ne disparaissent jamais, ce qui nous oblige à condamner avec force ces atrocités et à redoubler d’efforts pour éradiquer cette culture de mort, les blessures ne connaissent jamais de «prescription». La douleur de ces victimes est une plainte qui monte vers le ciel, qui pénètre jusqu’à l’âme et qui, durant trop longtemps, a été ignorée, silencieuse ou passé sous silence. Mais leur cri a été plus fort que toutes les mesures qui ont entendu le réprimer ou bien qui, en même temps, prétendaient le faire cesser en prenant des décisions qui en augmentaient la gravité jusqu’à tomber dans la complicité. Un cri qui fut entendu par le Seigneur en nous montrant une fois encore de quel côté il veut se tenir. Le Cantique de Marie ne dit pas autre chose et comme un arrière-fond, continue à parcourir l’histoire parce que le Seigneur se souvient de la promesse faite à nos pères: «Il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides» (Lc 1, 51-53); et nous ressentons de la honte lorsque nous constatons que notre style de vie a démenti et dément ce que notre voix proclame.

Avec honte et repentir, en tant que communauté ecclésiale, nous reconnaissons que nous n’avons pas su être là où nous le devions, que nous n’avons pas agi en temps voulu en reconnaissant l’ampleur et la gravité du dommage qui était infligé à tant de vies. Nous avons négligé et abandonné les petits. Je fais miennes les paroles de l’alors cardinal Ratzinger lorsque, durant le Chemin de Croix écrit pour le Vendredi Saint de 2005, il s’unit au cri de douleur de tant de victimes en disant avec force: «Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! Combien d’orgueil et d’autosuffisance ! […] La trahison des disciples, la réception indigne de son Corps et de son Sang sont certainement les plus grandes souffrances du Rédempteur, celles qui lui transpercent le cœur. Il ne nous reste plus qu’à lui adresser, du plus profond de notre âme, ce cri: Kyrie, eleison – Seigneur, sauve-nous (cf. Mt 8, 25)» (Neuvième Station).

2. Tous les membres souffrent avec lui

L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. S’il est important et nécessaire pour tout chemin de conversion de prendre connaissance de ce qui s’est passé, cela n’est pourtant pas suffisant. Aujourd’hui nous avons à relever le défi en tant que peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et dans leur esprit. Si par le passé l’omission a pu être tenue pour une forme de réponse, nous voulons aujourd’hui que la solidarité, entendue dans son acception plus profonde et exigeante, caractérise notre façon de bâtir le présent et l’avenir, en un espace où les conflits, les tensions et surtout les victimes de tout type d’abus puissent trouver une main tendue qui les protège et les sauve de leur douleur (Cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n.228). Cette solidarité à son tour exige de nous que nous dénoncions tout ce qui met en péril l’intégrité de toute personne. Solidarité qui demande de lutter contre tout type de corruption, spécialement la corruption spirituelle, «car il s’agit d’un aveuglement confortable et autosuffisant où tout finit par sembler licite: la tromperie, la calomnie, l’égoïsme et d’autres formes subtiles d’autoréférentialité, puisque « Satan lui-même se déguise en ange de lumière » (2Co11,14) » (Exhort. ap. Gaudete et Exsultate, n.165). L’appel de saint Paul à souffrir avec celui qui souffre est le meilleur remède contre toute volonté de continuer à reproduire entre nous les paroles de Caïn: «Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère?» (Gn 4,9).

Je suis conscient de l’effort et du travail réalisés en différentes parties du monde pour garantir et créer les médiations nécessaires pour apporter sécurité et protéger l’intégrité des mineurs et des adultes vulnérables, ainsi que de la mise en œuvre de la tolérance zéro et des façons de rendre compte de la part de tous ceux qui commettent ou dissimulent ces délits. Nous avons tardé dans l’application de ces mesures et sanctions si nécessaires, mais j’ai la conviction qu’elles aideront à garantir une plus grande culture de la protection pour le présent et l’avenir.

Conjointement à ces efforts, il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin. Une telle transformation nécessite la conversion personnelle et communautaire et nous pousse à regarder dans la même direction que celle indiquée par le Seigneur. Ainsi saint Jean-Paul II se plaisait à dire: «Si nous sommes vraiment repartis de la contemplation du Christ, nous devrons savoir le découvrir surtout dans le visage de ceux auxquels il a voulu lui-même s’identifier» (Lett. ap. Novo Millenio Ineunte, n.49). Apprendre à regarder dans la même direction que le Seigneur, à être là où le Seigneur désire que nous soyons, à convertir notre cœur en sa présence. Pour cela, la prière et la pénitence nous aideront. J’invite tout le saint peuple fidèle de Dieu à l’exercice pénitentiel de la prière et du jeûne, conformément au commandement du Seigneur1, pour réveiller notre conscience, notre solidarité et notre engagement en faveur d’une culture de la protection et du «jamais plus» à tout type et forme d’abus.

Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu. Plus encore, chaque fois que nous avons tenté de supplanter, de faire taire, d’ignorer, de réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés, des projets, des choix théologiques, des spiritualités et des structures sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie2. Cela se manifeste clairement dans une manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Eglise – si commune dans nombre de communautés dans lesquelles se sont vérifiés des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience – comme l’est le cléricalisme, cette attitude qui «annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l'Esprit Saint a placée dans le cœur de notre peuple»3. Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme.

Il est toujours bon de rappeler que le Seigneur, «dans l’histoire du salut, a sauvé un peuple. Il n’y a pas d’identité pleine sans l’appartenance à un peuple. C’est pourquoi personne n’est sauvé seul, en tant qu’individu isolé, mais Dieu nous attire en prenant en compte la trame complexe des relations interpersonnelles qui s’établissent dans la communauté humaine: Dieu a voulu entrer dans une dynamique populaire, dans la dynamique d’un peuple» (Exhort. ap. Gaudete et Exsultate, n.6). Ainsi, le seul chemin que nous ayons pour répondre à ce mal qui a gâché tant de vies est celui d’un devoir qui mobilise chacun et appartient à tous comme peuple de Dieu. Cette conscience de nous sentir membre d’un peuple et d’une histoire commune nous permettra de reconnaitre nos péchés et nos erreurs du passé avec une ouverture pénitentielle susceptible de nous laisser renouveler de l’intérieur.

Tout ce qui se fait pour éradiquer la culture de l’abus dans nos communautés sans la participation active de tous les membres de l’Eglise ne réussira pas à créer les dynamiques nécessaires pour obtenir une saine et effective transformation. La dimension pénitentielle du jeûne et de la prière nous aidera en tant que peuple de Dieu à nous mettre face au Seigneur et face à nos frères blessés, comme des pécheurs implorant le pardon et la grâce de la honte et de la conversion, et ainsi à élaborer des actions qui produisent des dynamismes en syntonie avec l’Évangile. Car «chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Évangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui» (Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n.11).

Il est essentiel que, comme Eglise, nous puissions reconnaitre et condamner avec douleur et honte les atrocités commises par des personnes consacrées, par des membres du clergé, mais aussi par tous ceux qui ont la mission de veiller sur les plus vulnérables et de les protéger. Demandons pardon pour nos propres péchés et pour ceux des autres. La conscience du péché nous aide à reconnaitre les erreurs, les méfaits et les blessures générés dans le passé et nous donne de nous ouvrir et de nous engager davantage pour le présent sur le chemin d’une conversion renouvelée.

En même temps, la pénitence et la prière nous aideront à sensibiliser nos yeux et notre cœur à la souffrance de l’autre et à vaincre l’appétit de domination et de possession, très souvent à l’origine de ces maux. Que le jeûne et la prière ouvrent nos oreilles à la douleur silencieuse des enfants, des jeunes et des personnes handicapées. Que le jeûne nous donne faim et soif de justice et nous pousse à marcher dans la vérité en soutenant toutes les médiations judiciaires qui sont nécessaires. Un jeûne qui nous secoue et nous fasse nous engager dans la vérité et dans la charité envers tous les hommes de bonne volonté et envers la société en général, afin de lutter contre tout type d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience.

De cette façon, nous pourrons rendre transparente la vocation à laquelle nous avons été appelés d’être «le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain» (Conc. OEcum. Vat.II, Lumen Gentium, n.1).

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui », nous disait saint Paul. Au moyen de la prière et de la pénitence, nous pourrons entrer en syntonie personnelle et communautaire avec cette exhortation afin que grandisse parmi nous le don de la compassion, de la justice, de la prévention et de la réparation. Marie a su se tenir au pied de la croix de son fils. Elle ne l’a pas fait de n’importe quelle manière mais bien en se tenant fermement debout et à son coté. Par cette attitude, elle exprime sa façon de se tenir dans la vie. Lorsque nous faisons l’expérience de la désolation que nous causent ces plaies ecclésiales, avec Marie il nous est bon «de donner plus de temps à la prière» (S. Ignace de Loyola, Exercices Spirituels, 319),cherchant à grandir davantage dans l’amour et la fidélité à l’Eglise. Elle, la première disciple, montre à nous tous qui sommes disciples comment nous devons nous comporter face à la souffrance de l’innocent, sans fuir et sans pusillanimité. Contempler Marie c’est apprendre à découvrir où et comment le disciple du Christ doit se tenir.

Que l’Esprit Saint nous donne la grâce de la conversion et l’onction intérieure pour pouvoir exprimer, devant ces crimes d’abus, notre compassion et notre décision de lutter avec courage.

Du Vatican, le 20 août 2018.

FRANÇOIS

Message pascal du pape François

 

« La résurrection du Christ est la véritable espérance du monde »

 Message pascal du pape François (Texte intégral)
© Librairie éditrice du Vatican - Zenit

 

Chers frères et sœurs, bonne fête de Pâques !

Jésus est ressuscité d’entre les morts…

Cette annonce résonne dans l’Église par le monde entier, avec le chant de l’Alleluia : Jésus est le Seigneur, le Père l’a ressuscité et il est vivant pour toujours au milieu de nous. Jésus lui-même avait annoncé à l’avance sa mort et sa résurrection avec l’image du grain de blé. Il disait : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Voilà, justement cela est arrivé : Jésus, le grain de blé semé par Dieu dans les sillons de la terre, est mort tué par le péché du monde, il est resté deux jours dans le tombeau ; mais dans sa mort était contenue toute la puissance de l’amour de Dieu, qui s’est dégagée et qui s’est manifestée le troisième jour, celui que nous célébrons aujourd’hui : la Pâque du Christ Seigneur.

Nous chrétiens, nous croyons et nous savons que la résurrection du Christ est la véritable espérance du monde, celle qui ne déçoit pas. C’est la force du grain de blé, celle de l’amour qui s’abaisse et qui se donne jusqu’au bout, et qui renouvelle vraiment le monde. Cette force porte du fruit aussi aujourd’hui dans les sillons de notre histoire, marquée de tant d’injustices et de violences.

Elle porte des fruits d’espérance et de dignité là où il y a de la misère et de l’exclusion, là où il y a la faim et où manque le travail, au milieu des personnes déplacées et des réfugiés – tant de fois rejetés par la culture actuelle du rebut –, aux victimes du narcotrafic, de la traite des personnes et des esclavages de notre temps.

Et nous aujourd’hui, demandons des fruits de paix pour le monde entier, à commencer par la bien-aimée et tourmentée Syrie, dont la population est épuisée par une guerre qui ne voit pas de fin.

En cette fête de Pâques, que la lumière du Christ Ressuscité éclaire les consciences de tous les responsables politiques et militaires, afin que soit mis un terme immédiatement à l’extermination en cours, que soit respecté le droit humanitaire et qu’il soit pourvu à faciliter l’accès aux aides dont ces frères et sœurs ont un urgent besoin, assurant en même temps des conditions convenables pour le retour de tous ceux qui ont été dispersés.

Invoquons des fruits de réconciliation pour la Terre Sainte, blessée encore ces jours-ci par des conflits ouverts qui n’épargnent pas les personnes sans défense, pour le Yémen et pour tout le Moyen Orient, afin que le dialogue et le respect réciproque prévalent sur les divisions et sur la violence. Puissent nos frères en Christ, qui souvent subissent brimades et persécutions, être des témoins lumineux du Ressuscité et de la victoire du bien sur le mal.

Demandons instamment des fruits d’espérance en ce jour pour tous ceux qui aspirent à une vie plus digne, surtout dans ces parties du continent africain tourmentées par la faim, par des conflits endémiques et par le terrorisme. Que la paix du Ressuscité guérisse les blessures au Sud Soudan et dans la République Démocratique du Congo tourmentée : qu’elle ouvre les cœurs au dialogue et à la compréhension réciproque. N’oublions pas les victimes de ces conflits, surtout les enfants ! Que ne manque pas la solidarité pour les nombreuses personnes contraintes à abandonner leurs terres et privées du minimum nécessaire pour vivre.

Implorons des fruits de dialogue pour la péninsule coréenne, pour que les entretiens en cours promeuvent l’harmonie et la pacification de la région. Que ceux qui ont des responsabilités directes agissent avec sagesse et discernement pour promouvoir le bien du peuple coréen et construire des relations de confiance au sein de la communauté internationale.

Demandons des fruits de paix pour l’Ukraine, afin que se renforcent les pas en faveur de la concorde et soient facilitées les initiatives humanitaires dont la population a besoin.

Appelons des fruits de consolation pour le peuple vénézuélien, qui – comme l’ont écrit ses pasteurs – vit dans une espèce de « terre étrangère » dans son propre pays. Puisse-t-il, par la force de la Résurrection du Seigneur Jésus, trouver le chemin juste, pacifique et humain pour sortir au plus vite de la crise politique et humanitaire qui le tenaille, et que accueil et assistance ne manquent pas à tous ceux de ses enfants qui sont contraints d’abandonner leur patrie.

Que le Christ Ressuscité apporte des fruits de vie nouvelle aux enfants qui, à cause des guerres et de la faim, grandissent sans espérance, privés d’éducation et d’assistance sanitaire ; et aussi pour les aînés mis à l’écart par la culture égoïste, qui met de côté celui qui n’est pas «productif».

Invoquons des fruits de sagesse pour ceux qui dans le monde entier ont des responsabilités politiques, afin qu’ils respectent toujours la dignité humaine, se prodiguent avec dévouement au service du bien commun et assurent développement et sécurité à leurs propres citoyens.

Chers frères et sœurs,
A nous aussi, comme aux femmes accourues au tombeau, sont adressées ces paroles : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité ! » (Lc 24, 5-6). La mort, la solitude et la peur ne sont plus la parole ultime. Il y a une parole qui va au-delà et que Dieu seul peut prononcer : c’est la parole de la Résurrection (cf. Jean-Paul II, Paroles au terme de la Via Crucis, 18 avril 2003). Avec la force de l’amour de Dieu, elle « chasse les crimes et lave les fautes, rend l’innocence aux coupables et l’allégresse aux affligés, dissipe la haine, dispose à l’amitié et soumet toute puissance » (Annonce de la Pâque).

Bonne fête de Pâques à tous !

« Chers jeunes,
c’est à vous qu’appartient la décision de crier »
Homélie du pape François 25 mars 2018 (texte complet)

« S’il vous plaît, s’il vous plaît, décidez-vous avant que les pierres ne crient »

« Chers jeunes, c’est à vous qu’appartient la décision de crier, c’est à vous de vous décider pour l’Hosanna du dimanche, pour ne pas tomber dans le “crucifie-le!” du vendredi… et c’est à vous de ne pas rester silencieux. Si les autres se taisent, si nous, les aînés et les responsables, sommes silencieux, si le monde se tait et perd la joie, je vous le demande: vous, est-ce que vous crierez? S’il vous plaît, s’il vous plaît, décidez-vous avant que les pierres ne crient. »

C’est en ces termes que le pape François a exhorté les jeunes à ne pas se taire, quand la société cherche à les faire taire et à les « anesthésier ».

Il a présidé la messe « des Rameaux », de la Passion du Christ, place Saint-Pierre, à commencer par la procession des palmes de l’obélisque de la place à l’autel de la célébration.

Après la messe, une délégation des 305 jeunes du pré-synode présents à Rome et des 15 000 autres jeunes qui y ont participé sur les réseaux sociaux ont remis au pape François la synthèse de leurs réflexions: un document qui est une radiographie de ce que pensent, vivent, espèrent les jeunes du monde aujourd’hui, catholiques ou pas, chrétiens, croyants ou non.

Un jeune du Panama – où aura lieu la JMJ de 2019 (22 au 27 janvier) a adressé des remerciements au pape, en espagnol, au nom de la délégation: « Cher Pape François nous te remercions de la réunion pré-synodale ».

Chacun a ensuite salué ou embrassé le pape, ou simplement sa main: « Vous avez vu, aujourd’hui il ne peut pas y avoir de jeunes sans selfie », a dit le pape en souriant après s’être prêté aux photos avec eux.

A l’angélus, le pape a notamment remercié la présence de la communauté péruvienne de Rome, mentionnant son récent voyage dans le pays.

Il a aussi évoqué le prochain synode d’octobre pour les jeunes et la JMJ de Panama: il les a confiés à l’intercession de la Vierge Marie: »Apprenons d’elle le silence intérieur » a notamment dit le pape en lui confiant aussi la Semaine Sainte qui a commencé par cette célébration.

Voici l’homélie du pape dans sa traduction officielle du Vatican.

AB

Homélie du pape François

ésus entre à Jérusalem. La liturgie nous a invités à intervenir et à participer à la joie ainsi qu’à la fête du peuple qui est capable de crier et de louer son Seigneur ; une joie qui se ternit et laisse un goût amer et douloureux lorsqu’on a fini d’écouter le récit de la Passion. Dans cette célébration semblent s’entrecroiser des histoires de joie et de souffrance, d’erreurs et de succès qui font partie de notre vie quotidienne de disciples, car elles parviennent à mettre à nu des sentiments et des contradictions que nous aussi nous éprouvons souvent aujourd’hui, hommes et femmes de ce temps : capables de beaucoup aimer… mais aussi de haïr – et beaucoup – ; capables de courageux sacrifices, mais aussi capables de savoir ‘‘se laver les mains’’ au moment opportun ; capables de fidélité mais aussi de grands abandons et de grandes trahisons.

Et on voit clairement dans tout le récit évangélique que la joie suscitée par Jésus est, pour certains, un motif de gêne et d’agacement.

Entouré de ses gens, Jésus entre dans la ville, parmi les chants et les cris bruyants. Nous pouvons imaginer que c’est la voix du fils pardonné, celle du lépreux guéri ou le bêlement de la brebis égarée qui, tous ensemble, résonnent fortement lors de cette entrée. C’est le chant du publicain et de l’homme impur ; c’est le cri de celui qui vivait en marge de la ville. C’est le cri des hommes et des femmes qui l’ont suivi parce qu’ils ont fait l’expérience de sa compassion face à leur douleur et à leur misère… C’est le chant et la joie spontanés de tant de personnes marginalisées qui, touchées par Jésus, peuvent crier : “Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !”. Comment ne pas acclamer celui qui leur avait redonné la dignité et l’espérance ? C’est la joie de tant de pécheurs pardonnés qui ont retrouvé confiance et espérance. Et ils crient. Ils se réjouissent. C’est la joie !

Cette joie de l’hosanna se révèle gênante et devient absurde et scandaleuse pour ceux qui se considèrent justes et ‘‘fidèles’’ à la loi et aux préceptes rituels.[1] Joie insupportable pour ceux qui sont restés insensibles à la douleur, à la souffrance et à la misère. Et beaucoup d’entre ceux-ci pensent : ‘‘Regarde, quel peuple mal éduqué !’’. Joie intolérable pour ceux qui ont perdu la mémoire et oublié les nombreuses faveurs reçues. Pour celui qui cherche à se justifier lui-même et à s’installer, comme il est difficile de comprendre la joie et la fête de la miséricorde de Dieu ! Pour ceux qui ne mettent leur confiance qu’en leurs propres forces et qui se sentent supérieurs aux autres[2], comme il est difficile de pouvoir partager cette joie !

Et c’est ainsi que naît le cri de celui dont la voix ne tremble pas pour hurler : ‘‘Crucifie-le !’’ Il ne s’agit pas d’un cri spontané, mais c’est le cri artificiel, construit, fait du mépris, de la calomnie, de faux témoignages suscités. C’est le cri qui naît dans le passage du fait au compte-rendu, qui naît dans le compte-rendu. C’est la voix de celui qui manipule la réalité, crée une version à son avantage et ne se pose aucun problème pour ‘‘coincer” les autres afin de s’en sortir. C’est un [faux] compte-rendu ! C’est le cri de celui qui n’a pas de scrupules à chercher les moyens de se renforcer et à faire taire les voix dissonantes. C’est le cri qui naît de la réalité ‘‘truquée’’ et présentée de telle sorte qu’elle finit par défigurer le visage de Jésus et le transformer en ‘‘malfaiteur’’. C’est la voix de celui qui veut défendre sa propre position en discréditant spécialement celui qui ne peut pas se défendre. C’est le cri, fabriqué par les ‘‘intrigues’’ de l’autosuffisance, de l’orgueil et de l’arrogance, qui proclame sans problèmes : ‘‘Crucifie-le, crucifie-le !’’.

Et on finit ainsi par faire taire la fête du peuple, on détruit l’espérance, on tue les rêves, on supprime la joie ; on finit ainsi par blinder le cœur, on refroidit la charité. C’est le cri du ‘‘sauve-toi toi-même’’ qui veut endormir la solidarité, éteindre les idéaux, rendre le regard insensible… le cri qui veut effacer la compassion, ce ‘‘pâtir avec’’, la compassion, qui est la faiblesse de Dieu.

Face à toutes ces voix qui hurlent, le meilleur antidote, c’est de regarder la croix du Christ et de nous laisser interpeller par son dernier cri. Le Christ est mort en criant son amour pour chacun d’entre nous : pour les jeunes et pour les personnes âgées, pour les saints et les pécheurs, son amour pour ceux de son temps et pour ceux de notre temps. Nous avons été sauvés sur sa croix pour que personne n’éteigne la joie de l’Evangile ; pour que personne, dans la situation où il se trouve, ne reste éloigné du regard miséricordieux du Père. Regarder la croix signifie se laisser interpeller dans nos priorités, nos choix et nos actions. Cela signifie laisser notre sensibilité être interpelée par celui qui passe ou vit un moment difficile. Chers frères et sœurs, que voit notre cœur ? Jésus continue-t-il d’être un motif de joie et de louange dans notre cœur ou bien avons-nous honte de ses priorités pour les pécheurs, les derniers, ceux qui sont oubliés ?

Et vous, chers jeunes, la joie que Jésus suscite en vous est un motif de gêne et également d’agacement pour certains, parce qu’il est difficile de manipuler jeune joyeux. Il est difficile de manipuler jeune joyeux !

Mais il y a aujourd’hui la possibilité d’un troisième cri : « Quelques pharisiens qui se trouvaient dans la foule dirent à Jésus : “Maître, réprimande tes disciples”. Mais il prit la parole en disant : “Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront” » (Lc 19, 39-40).

Faire taire les jeunes est une tentation qui a toujours existé. Les mêmes pharisiens s’en prennent à Jésus et lui demandent de les calmer et de les faire taire.

Il y a de nombreuses manières de rendre les jeunes silencieux et invisibles. De nombreuses manières de les anesthésier et de les endormir pour qu’ils ne fassent pas de bruit, pour qu’ils ne s’interrogent pas et ne se remettent pas en question. ‘‘Vous, taisez-vous !’’ Il y a de nombreuses manières de les faire tenir tranquilles pour qu’ils ne s’impliquent pas et que leurs rêves perdent de la hauteur et deviennent des rêvasseries au ras du sol, mesquines, tristes.

En ce Dimanche des Rameaux, célébrant la Journée Mondiale de la Jeunesse, il nous est bon d’entendre la réponse de Jésus aux pharisiens d’hier et de tous les temps, également à ceux d’aujourd’hui : « Si eux se taisent, les pierres crieront » (Lc 19, 40).

Chers jeunes, c’est à vous de prendre la décision de crier, c’est à vous de vous décider pour l’Hosanna du dimanche, pour ne pas tomber dans le “crucifie-le !” du vendredi… et cela dépend de vous de ne pas rester silencieux. Si les autres se taisent, si nous, les aînés et les responsables – bien des fois corrompus – restons silencieux, si le monde se tait et perd la joie, je vous le demande : vous, est-ce que vous crierez ?

S’il vous plaît, décidez-vous avant que les pierres ne crient !

JOIE PRIÈRE GRATITUDE
TROIS ATTITUDES POUR PREPARER NOEL

Joie, prière, gratitude

Joie, prière, gratitude, ce sont les trois attitudes que le pape François a recommandées pour se préparer à Noël, lors de l’angélus du troisième Dimanche de l’Avent, ce 17 décembre 2017.

Introduisant la prière mariale depuis une fenêtre du palais apostolique donnant place Saint-Pierre, en présence de quelque 25 000 personnes, le pape a souligné que « la joie du chrétien ne s’achète pas, elle ne peut pas s’acheter : elle vient de la foi et de la rencontre avec Jésus Christ, raison de notre bonheur ».

« Plus nous sommes enracinés en Christ, plus nous retrouvons la sérénité intérieure, même au milieu des contradictions quotidiennes », a-t-il affirmé : le chrétien « ne peut pas être un prophète de malheur, mais un témoin et un héraut de joie. Une joie à partager avec les autres ; une joie contagieuse qui rend le chemin de la vie moins pénible ».

Voici notre traduction des paroles que le pape a prononcées avant l’angélus.

Paroles du pape François avant l’angélus

Chers frères et sœurs, bonjour !

Ces derniers dimanches, la liturgie a souligné ce que signifie se mettre dans une attitude de veille et ce qu’implique concrètement de préparer le chemin du Seigneur. Dans ce troisième dimanche de l’Avent, dit “dimanche de la joie” (Gaudete), la liturgie nous invite à saisir l’esprit avec lequel tout cela arrive, c’est-à-dire, justement, la joie. Saint Paul nous invite à préparer la venue du Seigneur en assumant trois attitudes. Ecoutez-bien : trois attitudes. D’abord, la joie constante ; deuxièmement, la prière persévérante ; troisièmement, l’action de grâce continuelle. Joie constante, prière persévérante, action de grâce continuelle.

La première attitude est la joie constante : « soyez toujours dans la joie » (1 T 5,16), dit saint Paul. Cela signifie rester toujours dans la joie, même quand les choses ne vont pas selon nos désirs ; mais il y a cette joie profonde, qui est la paix  : elle est aussi joie, elle est à l’intérieur. Et la paix est une joie “au niveau du sol”, mais c’est une joie. Les angoisses, les difficultés et les souffrances traversent la vie de chacun, nous les connaissons tous ; et si souvent, la réalité qui nous entoure semble être inhospitalière et aride, semblable au désert dans lequel résonnait la voix de Jean le Baptiste, comme le rappelle l’Evangile d’aujourd’hui (cf. Jn 1,23). Mais justement, les paroles du Baptiste révèlent que notre joie s’appuie sur la certitude que ce désert est habité : « au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas » (v. 26). Il s’agit de Jésus, l’envoyé du Père qui vient, comme le souligne Isaïe, « annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. » (61,1-2). Ces paroles, que Jésus fera siennes dans le discours de la synagogue de Nazareth (cf. Lc 4,16-19), précisent que sa mission dans le monde consiste dans la libération du péché et des esclavages personnels et sociaux qu’il produit. Il est venu sur la terre pour redonner aux hommes la dignité et la liberté des enfants de Dieu, que Lui seul peut communiquer, et pour donner la joie, par cela.

La joie qui caractérise l’attente du Messie se fonde sur la prière persévérante : c’est la deuxième attitude. Saint Paul dit : « Priez sans relâche » (1 Ts 5,17). Par la prière, nous pouvons entrer dans une relation stable avec Dieu, qui est la source de la vraie joie. La joie du chrétien ne s’achète pas, elle ne peut pas s’acheter : elle vient de la foi et de la rencontre avec Jésus Christ, raison de notre bonheur. Plus nous sommes enracinés en Christ, plus nous retrouvons la sérénité intérieure, même au milieu des contradictions quotidiennes. Pour cela le chrétien, en ayant rencontré Jésus, ne peut pas être un prophète de malheur, mais un témoin et un héraut de joie. Une joie à partager avec les autres ; une joie contagieuse qui rend le chemin de la vie moins pénible.

La troisième attitude indiquée par Paul est l’action de grâce continuelle, c’est-à-dire l’amour reconnaissant vis-à-vis de Dieu. Il est en effet très généreux avec nous, et nous sommes invités à toujours reconnaître ses bienfaits, son amour miséricordieux, sa patience et sa bonté, en vivant ainsi dans une action de grâce incessante.

Joie, prière et gratitude sont trois attitudes qui nous préparent à vivre Noël de façon authentique. Joie, prière, gratitude. Disons-le tous ensemble : joie, prière et gratitude [La foule répète]. Encore une fois ! [Ils répètent] Dans cette dernière étape du temps de l’Avent, nous nous confions à l’intercession maternelle de la Vierge Marie. Elle est “cause de notre joie”, non seulement parce qu’elle a fait naître Jésus, mais parce qu’elle nous renvoie constamment à Lui.

Traduction de Zenit, Anne Kurian

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...
Voir tous les commentaires

Commentaires

07.09 | 15:43

Bonjour,
Un seul lien suffit... annoncées sur 2 pages différentes suite à la demande de lecteurs désireux de les trouver plus en début d'arborescence du site.

...
04.09 | 08:42

Dommage qu'il faille aller sur plusieurs liens pour trouver les horaires de Messes des dimanches.
Qu'en est-il pour La Paroisse de Plancoët pour dimanche 8 sept

...
05.08 | 09:41

MERCI DE VOS PHOTOS ET TEXTE
AU 15 AOUT

...
09.06 | 09:49

Bonjour,
Merci pour vos compliments
Je les reçois comme un encouragement à continuer et à améliorer cet outil de communication et de partage.
Cordialement

...
Vous aimez cette page
Bonjour !
Créez votre site web tout comme moi! C'est facile et vous pouvez essayer sans payer
ANNONCE