Blog paroissial

À quoi ressembleront les messes déconfinées ?

La reprise des messes est imminente. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la date exacte n’était pas encore connue, mais la décision très nette du Conseil d’État, lundi 18 mai, a clôt la polémique sur la date de « déconfinement » des cultes. Saisie par Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien-Démocrate (PCD) et plusieurs associations catholiques traditionalistes, la plus haute juridiction administrative a estimé que le décret du 11 mai, qui interdit tout rassemblement dans les lieux de culte, constitue « une atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de culte. Il ordonne au gouvernement de « lever l’interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte » et d’édicter des mesures « strictement proportionnées aux risques sanitaires. » L’exécutif a huit jours pour le faire. Le soulagement est grand pour de nombreux catholiques. Après deux longs mois privés d’eucharistie, ils pourront célébrer la Pentecôte ensemble, le 31 mai… À bonne distance les uns des autres !

Des consignes drastiques

À la veille de retrouver les bancs des églises, la question agite les responsables ecclésiaux : à quoi ressemblera la messe « déconfinée » ? La Conférence des évêques de France (CEF), en dialogue avec le gouvernement, s’apprête à envoyer des « recommandations » sanitaires aux évêques. Prenant les devants, Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, diocèse très meurtri par l’épidémie, a édicté des consignes drastiques pour la « reprise progressive des offices » dans une ordonnance épiscopale du 9 mai. Désinfection régulière des églises, sens unique de circulation, gel hydroalcoolique, port du masque obligatoire pour les fidèles (au moins à l’entrée et à la sortie), pour les prêtres lors des processions d’entrée, de sortie et pendant la distribution de la communion, distance de deux mètres entre les fidèles, 150 personnes maximum par office… Ces règles chamboulent de fond en comble la liturgie à laquelle sont habitués les paroissiens. La communion sera distribuée par des personnes masquées ou derrière une vitre en Plexiglas, en évitant tout contact physique avec la main du fidèle. Quant aux personnes « appartenant aux groupes à risques », c’est-à-dire âgées ou souffrant d’une pathologie, elles sont invitées à « discerner si leur venue est opportune. »

Des messes privées

Ailleurs en France, en particulier dans les régions moins touchées par le virus, la vie ecclésiale reprend peu à peu. Avec prudence, mais parfois dans un cadre moins strict. Depuis le 11 mai, des prêtres célèbrent des messes privées, les rassemblements de dix personnes étant désormais autorisés. Le Père Florian Racine, curé de Saint-Maximin (Var), où le virus a peu circulé, célèbre ainsi trois ou quatre messes par jour. « Nous démultiplions les messes dans des chapelles privées des environs, indique-t-il. Comme nos communautés paroissiales ne sont pas très grandes, en milieu rural, et que nous avons suffisamment de prêtres, nous pouvons répondre aux demandes des fidèles, qui éprouvaient une vraie soif. » Le prêtre espère que sa communauté sera bientôt réunie dans l’église paroissiale. Pendant tout le confinement, les portes en sont restées ouvertes, et les prêtres y ont accueilli les fidèles. « Le lien avec eux n’a jamais été coupé, mais, reconnaît le P. Racine, la vie communautaire nous manque. »

Retour sur trois semaines de polémique

Ces dernières semaines, si certains fidèles avaient soutenu le gouvernement dans son choix de maintenir l’interdiction des célébrations religieuses, une partie des catholiques avaient plaidé pour une reprise rapide, arguant que les gestes barrières et la distanciation sociale peuvent être mis en œuvre au sein des églises.

À la suite des annonces du Premier ministre, qui avait indiqué le 28 avril, que les célébrations ne pourraient se tenir avant le 2 juin, la Conférence des évêques de France (CEF) avait fait savoir, dans un communiqué, qu’elle prenait acte « avec regret de cette date qui est imposée aux catholiques et à toutes les religions de notre pays ». Néanmoins, la CEF n’avait pas fait de recours contre le maintien de l’interdiction.

De son côté, le pape François avait appelé en Italie à la « prudence » et prôné « l’obéissance » aux mesures gouvernementales. Par ailleurs, en France, les représentants des autres cultes – protestant, juif, musulman – n’avaient pas contredit les décisions sanitaires prises au sommet de l’État.

Alors que la polémique enflait, le 4 mai, le Premier ministre avait finalement précisé qu’il était « prêt à étudier » une reprise des offices religieux le 29 mai, soit deux jours avant la Pentecôte. Ainsi, les juifs auraient pu également se réunir pour Chavouot, la fête juive célébrant le don de la Torah sur le mont Sinaï qui se déroule jusqu’au 30 mai. Mais les musulmans n’auraient pas pu célébrer à la mosquée la fête de l’Aïd-el-Fitr le 24 mai, créant l’incompréhension parmi eux.

Le recteur de la Grande mosquée de Paris avait ainsi dénoncé le changement de pied du gouvernement et menacé de saisir la justice « pour dénoncer un fait grave de discrimination manifeste » envers le culte musulman. Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, avait pour sa part reconnu dans les colonnes du journal Le Monde que « la date du 29 mai peut faire naître chez des citoyens un sentiment d’un traitement différencié entre les fêtes religieuses ». Mais il avait précisé qu’il n’avait pas réclamé l’ouverture des lieux de culte le 24 mai, pour l’Aïd-el-Fitr, évoquant la nécessité d’une reprise « progressive » de l’activité des mosquées.

                                                        Source : Agnès Chareton - le Pèlerin

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Commentaires

25.08 | 11:19

paroissienne futur proche

...
29.06 | 11:02

Bonjour Monsieur Jean-Baptiste LUCAS?
Je vous ai adressé un message internet (courriel) sur votre boîte personnel.
SVP l'avez-vous bien reçu ?
Merci d'avance

...
18.02 | 11:33

Bonjour serais t-il possible d'avoir les date pour cette année pour batise une petite emma qui est née le 23 décembre 2019 on est de bourseul merci

...
18.01 | 10:24

Bonjour,
Je souhaiterais connaître les dates et lieux de baptême pour un enfant de moins de 2 ans en mai/juin 2020. Merci

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