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Bioéthique : pour les évêques, « l’heure est grave »


Bioéthique : pour les évêques,

« l’heure est grave »

 

 
Mélinée Le Priol  (avec Anne-Bénédicte Hoffner et Loup Besmond de Senneville

La Croix du du 17 septembre 2019

 

Lors d’une soirée sur la bioéthique, lundi 16 septembre aux Collège des Bernardins à Paris, des représentants de l’Église de France ont dit leurs inquiétudes quant au projet de révision des lois de bioéthique.

Le président de l’épiscopat a attendu la fin des interventions publiques pour déclarer que les citoyens « inquiets » avaient le « devoir » de descendre dans la rue le 6 octobre.

 

Pendant l’heure et demie qu’ont duré les prises de parole, lundi 16 septembre au soir, au Collège des Bernardins, la mobilisation appelée par la Manif pour tous le 6 octobre prochain n’avait pas été au centre d’une soirée placée sous le signe de la gravité.

Aucun des trois évêques présents n’a profité de son allocution devant environ 300 personnes pour appeler à manifester, préférant insister sur la « responsabilité » de chacun et inviter l’auditoire à « aider nos concitoyens à réaliser la gravité des enjeux qui sont devant nous » – à commencer par l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.

« Devoir » de manifester

Mais quelques minutes après la fin des interventions, en marge du cocktail qui suivait, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, a rompu ce silence devant un petit groupe de journalistes, dont l’AFP. Le président de la Conférence des évêques de France, organisatrice de la soirée, a déclaré que les citoyens – catholiques ou non – « inquiets » de ce projet de loi avaient le « devoir » de manifester le 6 octobre. Il a toutefois précisé que « nous, l’Eglise, n’organisons pas la manifestation » et que lui-même ne s’y rendrait pas.

Cette prise de position pourrait bien éclipser le reste de la soirée – comme cela avait été le cas, le 9 avril 2018, dans ce même Collège des Bernardins, pour la célèbre phrase d’Emmanuel Macron sur le lien « abîmé » entre l’Église et l’État. Certes, les évêques n’ont en rien modifié leurs positions sur la bioéthique, mais le ton était particulièrement grave, alors que le projet de loi arrive en séance le mardi 24 septembre et devrait être adopté par les députés début octobre.

« I have a dream »

L’archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit a fustigé une loi qui fait du médecin un « technicien du désir » et réduit l’enfant à l’état de « produit ». « Nous sommes dans l’ère du professeur Nimbus et des savants fous ! » s’est même exclamé l’ancien médecin au sujet de la recherche sur l’embryon, dénonçant des « monstruosités ».

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail sur la bioéthique, a adopté un ton plus apaisé, mais où transparaissait une réelle inquiétude. « Je rêve d’une bioéthique illuminée par un regard réfléchi sur la personne, (…) d’une bioéthique qui respecte les différences », a-t-il longuement énuméré, s’inspirant du « I have a dream » de Martin Luther King.

Le livre qu’il a publié ce même 16 septembre, « Bioéthique, quel monde voulons-nous ? », a été commenté par la théologienne Marie-Dominique Trébuchet. Elle a insisté sur le principe de fraternité, à l’heure où la bioéthique semble plutôt pensée à partir des concepts de liberté et d’égalité. Comme d’autres intervenants, elle a relevé certaines « contradictions » du texte de loi et rappelé la responsabilité – « lourde » – du législateur. L’un des députés qui devront bientôt voter pour ou contre le texte, Xavier Breton (LR), membre de la commission bioéthique de l’Assemblée nationale, était d’ailleurs présent.

« L’heure est grave »

Comme pour anticiper les critiques accusant l’Église de n’être que sur un registre défensif, Mgr de Moulins-Beaufort a conclu la soirée sur une note plus positive, affirmant que « la parole de l’Église est un oui » – à la « beauté de l’engendrement humain », mais aussi la science et à la technique – et que ce sont ces « oui résolus » qui la poussent à « signaler des dangers ». Entre autres, l’incapacité de l’humanité à « faire face collectivement aux douleurs et aux limites de la condition humaine ».

Parmi les participants à la soirée se trouvaient de nombreux prêtres et religieux parisiens, ainsi que des laïcs engagés dans diverses associations (le CLER, Alliance Vita, etc.). Certains étaient venus pour affiner leur réflexion avant la manifestation du 6 octobre, d’autres pour exprimer à leurs « pasteurs » leur proximité. Quelques-uns ont déploré un « esprit de défaite » dans les interventions des évêques, et une « absence de volonté politique d’engager un rapport de force » sur ces questions.

La plupart des participants semblaient en tout cas conscients que « l’heure est grave », à l’instar de Gaëlle et Bertrand Lionel-Marie, un couple d’avocats engagé aux Associations familiales catholiques (AFC), qui pont prononcé ces mots au micro lors de leur allocution. L’un d’eux s’est dit perplexe face à une société qui « promeut l’écologie pour tout, quitte à sacraliser le cosmos », mais ne prend plus « aucune précaution » quand il s’agit de la vie humaine.

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Commentaires

20.11 | 12:27

Bonjour Madame,
Dans quelques jours, elles vont être publiées sur ce site dans la page : « Messes & Prières» lien : http://www.paroisse-plancoet.
Cordialement

...
15.11 | 10:02

bonjour, étant chez nos enfants à Créhen pour Noël, nous aimerions savoir où seront célébrées les messes anticipées et du Jour de Noël dans la région. merci

...
07.09 | 15:43

Bonjour,
Un seul lien suffit... annoncées sur 2 pages différentes suite à la demande de lecteurs désireux de les trouver plus en début d'arborescence du site.

...
04.09 | 08:42

Dommage qu'il faille aller sur plusieurs liens pour trouver les horaires de Messes des dimanches.
Qu'en est-il pour La Paroisse de Plancoët pour dimanche 8 sept

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