Blog paroissial

« Fermer les églises est un acte de courage et de charité »,
témoigne un curé à Rome

À Rome, le cardinal Angelo De Donatis, vicaire du pape François pour le diocèse de Rome, a décrété la fermeture totale des églises jusqu’au 3 avril.

Le père Stefano Cascio, curé de la paroisse romaine de Saint-Bonaventure, nous raconte comment lui et ses paroissiens traversent cette situation inédite.
 

Dans quelles conditions menez-vous votre ministère de curé à Rome aujourd’hui ?

La situation évolue chaque jour ! Au départ, on nous a demandé de prendre des mesures sanitaires simples : communier dans les mains, retirer l’eau des bénitiers, maintenir un mètre de distance avec ses voisins, etc. Puis on nous a demandé de ne plus célébrer de messe publique. Quand les écoles ont été fermées, nous avons arrêté le catéchisme. Aujourd’hui, le diocèse de Rome a demandé à ce que toutes les églises soient fermées. Je pense que c’est une première depuis l’Antiquité ! Nous pensions être bloqués jusqu’au 15 mars, mais il faudra attendre au moins jusqu’au 3 avril. Et le bruit court que la situation se prolongera peut-être jusqu’à Pâques. En réalité, de jour en jours, les nouvelles se dégradent.

 

N’est-il pas étonnant d’avoir fermé les églises ?

 

Évidemment cela nous attriste particulièrement. Mais c’est un acte de courage et de charité que nous sommes en train de poser. Car il faut contenir le virus. Nous savons que plus nous nous rassemblons et plus nous le diffusons. Cela représente un grand risque pour nos aînés. Nous n’aurions jamais fermé nos églises suite à un risque terroriste ou de guerre. Nous fermons nos églises car le virus s’attaque aux endroits où nous sommes réunis. C’est pour le bien de tous que nous le faisons. De même, il vaut mieux ne pas aller distribuer la communion aux personnes malades car nous risquerions de partager le virus ensuite. 

Comment faites-vous concrètement pour les enterrements ?

C’est un grand problème. Pour les funérailles, nous allons bénir les corps directement dans les maisons. Je l’ai fait. Il n’y a pas d’autre solution. Il y a quelques jours, il y a eu les funérailles d’une personne atteinte par le coronavirus. Plusieurs personnes présentes ont été contaminées… Dans les maisons, nous faisons une bénédiction et expliquons aux familles que, lorsque l’épidémie sera passée, nous célébrerons une messe à l’intention du défunt. Ce qu’il faut comprendre aussi c’est que personne ne peut sortir dans les rues s’il n’a pas de raison valable. Pour me rendre dans une maison et bénir un corps, je dois avoir un papier qui justifie ma sortie. A Rome, seules les personnes qui ne peuvent pas être en télétravail, celles qui se rendent en urgence à l’hôpital ou bien qui vont acheter de la nourriture ont le droit de sortir de chez elles.

Comment vos paroissiens vivent-ils cette situation inédite ?

Cette crise réveille une envie de prière. Il y a des chaines de prière, beaucoup de messes diffusées en streaming. Pour ma part, je fais sonner les cloches de mon église tous les soirs à 19h30. Je célèbre alors la messe en confiant mes paroissiens. Mystérieusement, je sais et ils savent que nous sommes réunis à ce moment-là. Certains m’ont envoyé des messages me disant qu’ils étaient émus.

Par ailleurs, nous, prêtres, sommes en train d’inventer des nouvelles façons d’être en lien avec nos communautés. Personnellement, je communique avec mes paroissiens via des messages WhatsApp et avec Facebook.  Il nous faut trouver des outils pour continuer nos activités, catéchiser les enfants, les préparer à la Première communion, etc. Nous allons envoyer des vidéos pour continuer les formations. Chaque catéchiste a un groupe WhatsApp avec les parents. Cela permet de diffuser rapidement l’information à plusieurs centaines de paroissiens.


C’est un Carême très particulier…

En effet. Cette crise inédite est en train de nous permettre de redécouvrir les trois piliers du Carême : la prière, le jeûne et la charité. J’ai envoyé un message pour expliquer cela à mes paroissiens. Concernant la prière, je leur ai parlé de ce passage de l’Évangile où Jésus, après avoir partagé le pain, monte dans une barque avec ses disciples, traverse le lac puis s’en va prier sur la montagne. Nous vivons la même chose. Nous avons partagé l’eucharistie dimanche. Le soir-même, on nous a dit qu’on ne pouvait plus célébrer de messe publique. On a donc renvoyé les gens chez eux. Et maintenant, chacun, enfermé chez soi, peut redécouvrir la prière. Concernant le jeûne, il est clair que tout le monde est privé de l’eucharistie, hormis les prêtres. Cela fait naître une faim, un désir de redécouvrir ce don extraordinaire que le Seigneur nous fait. Enfin, concernant la charité, maintenant que nous sommes tous enfermés dans nos maisons, il faut nous soucier des personnes dans le besoin. Il y a des gens âgés dans nos immeubles qui ont besoin d’aide pour aller faire des courses ou pour des médicaments. Les magasins sont ouverts mais, pour respecter les consignes, peu de personnes peuvent y entrer en même temps. Les files d’attentes sont très longues et les personnes âgées ont de grandes difficultés. Il faut que les chrétiens leur viennent en aide.

                                                       Source : Hugues Lefèvre Famille chrétienne

Révélations sur Jean Vanier : « C’est le moment de regarder la réalité en face »

Pour sœur Véronique Margron, le travail de vérité sur Jean Vanier mené par l’Arche et rendu public samedi 22 février, est salutaire. La présidente de la Conférence des religieux et religieuses en France (Corref) estime qu’il faudra du temps pour comprendre comment cette personnalité si lumineuse « pouvait masquer une face si noire ».

  • Recueilli par Christophe Henning, pour La Croix
Révélations sur Jean Vanier : « C’est le moment
 de regarder la réalité en face »

Présidente de la Conférence des religieux et religieuses en France (Corref), vous avez pris connaissance des résultats de l’enquête qui accable Jean Vanier. Que ressentez-vous ?

Sœur Véronique Margron : Je soulignerai d’abord le courage de ces femmes qui ont osé parler et dénoncer le comportement déviant de celui qui était considéré comme une immense figure évangélique. Ensuite, on ne peut que reconnaître avec tant de tristesse le comportement coupable qu’il a eu. Enfin, véritablement saluer le courage de l’Arche international pour son travail de vérité et son engagement. Ce qui est révélé est très choquant mais incontestable de par le travail fait très sérieusement et rapidement par l’Arche, à partir des sources auxquelles elle a eu accès. Nous aurions pu continuer à ignorer que cette « mystique sexuelle » déviante fut aussi celle de Jean Vanier.

Les révélations mettent-elles en péril l’Arche qu’il a fondée ?

V. M. : Cela lui porte un coup au cœur, qui pourrait le nier ? Mais pourtant, je suis convaincue que l’Arche est une magnifique histoire qui continue de s’écrire jour après jour, en tant de lieux du monde désormais. Ce qui, je crois, sauve l’Arche, c’est que son organisation n’était plus dépendante depuis bien longtemps de Jean Vanier. Ce dernier a laissé le soin à d’autres, qui n’étaient pas ses « fils spirituels » au sens religieux du terme, de porter la responsabilité et l’avenir. Une séparation salutaire et, à ce jour, rien laisse supposer qu’il ait pu diffuser à l’Arche ses théories mystiques déviantes.

Certes, il a gardé une profonde influence affective ou spirituelle – ressentie bien douloureusement aujourd’hui. Mais les personnes recrutées – salariés ou volontaires – par l’Arche, structurée en fédération d’associations, l’ont été selon des procédures professionnelles, et sans interférence, me semble-t-il, avec la figure tutélaire. Plus que jamais, l’Arche a besoin de ses volontaires, ses donateurs, tous ceux qui font l’Arche aujourd’hui. Elle a besoin de la confiance de tous. Confiance les yeux ouverts, sans angélisme, comme pour toute chose humaine.

Comment mettre en cohérence ces comportements déviants et l’intuition de l’Arche ?

V. M. : Les responsables de l’Arche ont commencé ce travail de vérité, ce qui leur permet – en dépit de la sidération et de l’incompréhension – de ne pas tomber dans le déni. C’est le moment de regarder la réalité en face, en se gardant de « spiritualiser ». Comment cette personnalité, pour tous si profondément lumineuse, pouvait-elle masquer une face si noire ? Ne nous précipitons pas pour répondre car il va falloir poursuivre le travail entrepris. Plus il y aura de rigueur et de clarté, plus l’Arche pourra se relever de cet abîme, et plus nous pourrons tous continuer à soutenir ses lieux magnifiques d’humanité, non sans problème sans aucun doute.

Jean Vanier a fondé l’Arche mais aussi accompagné et inspiré de très nombreuses personnes. Que reste-il de cet héritage spirituel ?

V. M. : Il faut distinguer la pensée de Jean Vanier et l’avenir de l’Arche. Ce que nous savons désormais jette plus qu’une ombre et de très nombreuses questions sur ce qu’il a dit et écrit. Il faut laisser le temps à des travaux historiques et psychologiques, relire les textes à la lumière de ce que nous apprenons aujourd’hui. Il faudra du temps, et ce n’est pas encore le moment. Il est clair que le mensonge et cette mystique sexuelle déviante sont inadmissibles et insupportables. Gardons-nous de statufier quiconque.

                                                        Source :  Christophe Henning, pour La Croix

Douloureuses révélations sur Jean Vanier

 

Jean-VANIER 07 septembre 1994  Fondateur de l'Arche - Foyer Trosly-Breuil

Les responsables de l’Arche ont rendu publiques, samedi 22 février, les conclusions d’une enquête menée depuis juin 2019.

Ils y affirment que leur fondateur, Jean Vanier, décédé le 7 mai 2019, a entretenu pendant des années des relations sexuelles sous emprise avec des femmes - majeures et non handicapées -, usant de son ascendant au sein de l’accompagnement spirituel et d’un discours mystique dévoyé pour obtenir leur consentement.

L’enquête montre aussi qu’il était au courant, contrairement à ce qu’il a affirmé jusqu’à sa mort, des abus sexuels commis par son père spirituel, le père Thomas Philippe, dont il a partagé certaines théories et pratiques.

Une longue minute de silence, emplie d’émotion, suit l’annonce. Face aux journalistes, les responsables de l’Arche sont encore bouleversés par ce qu’ils viennent de livrer, au terme de huit mois d’enquête. « Le cœur brisé », Pierre Jacquand, responsable de l’Arche en France, dont il est membre depuis 22 ans, se dit encore partagé entre la « sidération » face à « l’écart vertigineux entre l’homme qu’on connaissait et tout ce qu’on découvre de son existence », une forme de résistance intérieure – « Non, pas lui » -, et « la tristesse d’avoir été trahi ». « Jean Vanier était mon ami, il m’a fait beaucoup de bien comme à des milliers de personnes, je lui dois beaucoup. Il a préféré nous mentir plutôt qu’être infidèle à ce qu’il croyait, aux théories du père Thomas Philippe auxquelles il a adhéré et qu’il a lui-même mises en pratique. »

« Non, pas lui. » Jean Vanier, le fondateur de l’Arche (1928-2019). Cet homme humble qui, de son mètre quatre-vingt-dix, se penchait avec tendresse sur les plus petits, prêchant depuis un demi-siècle l’Évangile de la fragilité et sachant toucher le cœur des croyants d’autres religions comme des incroyants. Et pourtant, il a fallu se rendre à l’évidence. Les conclusions de l’enquête lancée en juin 2019 « sont éprouvantes et vont heurter beaucoup d’entre nous », préviennent les responsables de la Fédération Stephan Posner et Stacy Cates-Carney, dans une lettre publiée ce samedi 22 février sur le site de l’Arche, en présentation du rapport d’enquête.

« Emprise psychologique et spirituelle »

Non seulement il était informé dès les années 1950 - contrairement à ce qu’il a affirmé jusqu’à sa mort - des motifs pour lesquels son père spirituel, le père Thomas Philippe (1905-1993) avait été condamné par l’Église en 1956, mais Jean Vanier aurait partagé, dès les années 1950, « certaines des pratiques sexuelles dont le père Philippe était l’initiateur ». Ce fut d'abord avec « des femmes qui se décrivent comme consentantes », qui participèrent à des titres divers aux débuts de l’Arche.

Par la suite, Jean Vanier, qui ne prononça jamais de vœux ni ne prit d’engagement formel au célibat, aurait reproduit avec d’autres femmes certaines des théories et pratiques déviantes de son maître spirituel, initiant avec elles des relations sexuelles cette fois manipulatrices. Des abus sexuels sous « emprise psychologique et spirituelle », dont certaines femmes ont gardé de profondes blessures.

L’enquête a en effet reçu « les témoignages sincères et concordants », portant sur la période 1970-2005, de six femmes adultes et non handicapées, d’origines et de conditions différentes (célibataire, mariée, consacrée), sans lien entre elles. Celles-ci se sont manifestées non par esprit de vengeance, mais parce que l’écart était trop grand à leurs yeux entre l’image publique de Jean Vanier et ce qu’elles avaient vécu.

Selon leurs témoignages, ces relations sexuelles, vécues par certaines comme « contraintes et non consensuelles », se situaient généralement dans le cadre de l’accompagnement spirituel – par « une personne ayant un pouvoir et une autorité significative » - et ont pu durer, pour certaines, pendant plusieurs années. Toutes ont confié s’être trouvées dans une situation de vulnérabilité au moment des faits, ce dont Jean Vanier était conscient. Si l’Arche s’est gardée d’entrer dans la complexe question de qualifier juridiquement les faits, l’enquête a conclu que « l’activité sexuelle a été exercée sous la contrainte ou a eu lieu dans des conditions coercitives ».

Des justifications mystiques

Lui recourait à des justifications mystiques pour obtenir leur consentement et leur demandait le secret. « Il disait : ‘Ce n’est pas nous, c’est Marie et Jésus. Tu es choisie, tu es spéciale, c’est un secret’», rapporte l’une d’elles. « C’est Jésus qui t’aime à travers moi », expliquait-il à une autre.

Une autre encore rapporte s’être tournée vers le père Thomas Philippe – qui fut l’aumônier de l’Arche, à Trosly-Breuil dans l’Oise de 1964 à 1971, avant de s’installer à côté, à la Ferme, jusqu’en 1991 -, pour lui « demander son avis ». « Je voulais parler de notre secret avec Jean Vanier », écrit-elle, mais celui-ci l’a lui aussi agressée sexuellement, « avec les mêmes mots pour dire que j’étais spéciale et que tout cela parlait de Jésus et de Marie ».

Confiées à l’historien Antoine Mourges (1), des recherches portant sur les archives de la Province de France des dominicains et sur la correspondance de Jean Vanier – dont 184 lettres du père Thomas – auxquelles l’Arche a eu accès en mai-juin 2019, ont permis d’éclairer « le lien de filiation spirituelle » - et d’emprise ? - qui s’est établi très tôt entre les deux hommes et ne s’est jamais rompu.

Fils de l’ambassadeur du Canada à Paris, Jean Vanier s’installe en septembre 1950 à L’Eau vive, un centre spirituel créé quatre ans plus tôt par le dominicain Thomas Philippe à Soisy-sur-Seine pour en faire un centre de formation international et qui jouit alors d’un grand rayonnement auprès des intellectuels catholiques – Jacques Maritain, Charles Journet, Louis Massignon, etc. Jean Vanier a 22 ans, revient de plusieurs années dans la marine britannique puis canadienne et s’interroge sur sa vocation au sacerdoce. Très vite, il devient le disciple privilégié du père Philippe (qui accompagne aussi spirituellement sa mère) : « La théologie du père Thomas m’a donné des principes solides et forts. Je n’en ai jamais vraiment cherché ailleurs », confiera-t-il plus tard à une biographe, se disant « pétri de la pensée et de la méthode du père Thomas » (2).

Très tôt pourtant, en 1951, deux femmes, victimes des abus du père Philippe, alertent les dominicains qui le démettent de ses fonctions à l’Eau vive et lui interdisent d’exercer une influence sur son ancien cercle. Malgré tout, Jean Vanier qui a pris sa succession à la tête de l’Eau vive, continue de correspondre clandestinement avec le père Thomas, usant de codes et de pseudos pour déjouer la surveillance de Rome. « Les dizaines de lettres que Thomas Philippe envoie à Jean Vanier durant cette période montrent qu’il le conseille et l’oriente dans toutes les démarches à accomplir », peut-on lire dans le rapport.

Après la déposition du père Thomas en 1956 – une lourde sanction canonique qui le prive de tout ministère public comme privé -, le Saint-Office (actuelle Congrégation pour la doctrine de la foi) demande que Jean Vanier et « toutes les complices laïques du père Thomas Philippe » soient « éclairés » sur « la condamnation par l’Église de la conduite et de la doctrine ‘mystique’» du dominicain. Condamnation d’autant plus lourde que ce dernier défendra ses théories sur le rôle du corps dans l’incarnation et la transmission de la grâce par le corps au nom de « grâces mystiques ».

« Le renier aurait été me suicider »

Rome précise même que Jean Vanier devra s'éloigner de l'Eau vive pour entrer au séminaires’il poursuit dans la voie sacerdotale. Une vocation à laquelle il renoncera pour suivre envers et contre tout son maître, en dépit des mises en garde du pape Jean XXIII lors d’une audience privée. « J’ai renoncé à une carrière ecclésiastique et je n’avais qu’une seule intention, être avec lui, même si cela m’attirait des difficultés. Il y avait donc un élément de choix, un renoncement quelque part à la base de cette osmose », confiera-t-il encore à une biographe (2). Et à une autre : « Le renier aurait été me suicider ». Il ne semble pas d’ailleurs qu’il ait eu dans sa vie d’autre accompagnateur spirituel.

Interrogé à plusieurs reprises ces dernières années par les responsables de l’Arche, Jean Vanier a pourtant toujours nié avoir été au courant des agissements du père Philippe. « Il a eu bien des occasions de s’exprimer sur le sujet », regrette Stephan Posner, responsable international de l’Arche. Que ce soit dans leurs entretiens privés ou publiquement. Dans une première lettre à sa communauté en mai 2015, il affirme ne pas comprendre « comment tout cela a pu se passer » et être « resté totalement ignorant jusqu’à maintenant de leur gravité ». Dans une seconde, un an plus tard, il condamne plus fermement les agissements du père Philippe mais écrit n’avoir eu « aucune conscience qu’il ait pu faire usage d’une certaine spiritualité mariale d’une manière aussi pervertie ».

Jean Vanier n’a pas davantage semblé prendre conscience du mal commis. Selon les témoignages, quand certaines victimes lui ont partagé leur blessure et les impacts à long terme dans leur vie, « il ne montrait pas qu’il comprenait ou qu’il reconnaissait leur souffrance ». « Il m’a dit : ‘Je pensais que c’était bon’. Il ne m’a rien dit d’autre », témoigne l’une d’elles. Il n’a pas semblé non plus réaliser que par son silence, il a permis que se poursuivent pendant des années les abus sexuels du père Philippe sur des femmes à l’Arche.

« Il nous a caché tout un pan de son existence. Il n’a pas su, pas pu, pas voulu revenir sur cette partie de sa trajectoire. Peut-être, psychiquement, ne pouvait-il pas entendre, sans quoi il se serait effondré, avance encore Stephan Posner, tout en refusant d’en faire un motif d’excuse. Qu’il ait été ou non sous l’emprise de Thomas Philippe, il est passé à un moment de victime à responsable de ces actes. Jusqu’au bout, il a revendiqué sa filiation. » Six mois avant sa mort toutefois, en décembre 2018, Jean Vanier aurait confié à Pierre Jacquand : « Je suis angoissé car je me sens encore le fils spirituel du père Thomas. »

(1) Auteur, en 2009, d’un mémoire de master 1 d’histoire religieuse à l’université Montpellier III sur les origines de l’Arche, Des « sages et des savants » aux « tout petits ».

(2) Jean Vanier et l’aventure de l’Arche, Kathryn Spink, Édition de l’Atelier, 302 p.

                                                                     Source Céline HOYEAU La Croix

Commentaires

18.02 | 11:33

Bonjour serais t-il possible d'avoir les date pour cette année pour batise une petite emma qui est née le 23 décembre 2019 on est de bourseul merci

...
18.01 | 10:24

Bonjour,
Je souhaiterais connaître les dates et lieux de baptême pour un enfant de moins de 2 ans en mai/juin 2020. Merci

...
06.01 | 13:30

Mon mari a changé radicalement vers moi, ne communique plus. Il me manque de respect et m'accuse faussement d'infidélité à cause de potins méchants ... mais je suis simplement stupéfait par les résultats du prêtre manuka qui a fait le charme de la réunion

...
20.11 | 12:27

Bonjour Madame,
Dans quelques jours, elles vont être publiées sur ce site dans la page : « Messes & Prières» lien : http://www.paroisse-plancoet.
Cordialement

...
Bonjour !
Créez votre site web tout comme moi! C'est facile et vous pouvez essayer sans payer
ANNONCE